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Les institutions et les grandes étapes de la francophonie
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Dès la fin du XIXe siècle, l'idée d'un espace linguistique francophone, transcendant les frontières, a pris corps grâce essentiellement à l'essor du mouvement associatif. C'est à partir du début des années 60, sous l'impulsion notamment de plusieurs responsables de pays nouvellement indépendants - Habib Bourguiba (Tunisie), Hamani Diori (Niger), Léopold Sédar Senghor (Sénégal) et Norodom Sihanouk (Cambodge) - que la communauté francophone s'est progressivement dotée d'un ensemble d'institutions intergouvernementales. Aujourd'hui la Francophonie, qui regroupe une cinquantaine d'États et de communautés répartis sur tous les continents, se veut un espace de solidarité active dont les objectifs dépassent la simple défense d'une langue et d'une culture communes. En multipliant ses efforts pour promouvoir, partout ils sont menacés, ses idéaux en matière de démocratie et de droits de l'homme, elle revêt une véritable dimension politique et peut se prévaloir d'une crédibilité désormais pleinement reconnue sur la scène internationale. |
Les institutions
1. Les structures multilatérales
La communauté
francophone s'est dotée de plusieurs instances de décision :
- la Conférence des chefs d'État
et de gouvernement des pays ayant le français en partage Instance suprême de la
francophonie multilatérale, le Sommet francophone se réunit tous les deux ans,
sur un thème choisi par le pays hôte. Une cinquantaine de pays ou d'entités (États
fédérés, communautés, etc.) participent aux Sommets ;
- la Conférence ministérielle
de la francophonie
De périodicité annuelle, cette conférence rassemble les ministres chargés
de la francophonie des membres de la communauté francophone. Elle joue le rôle
de relais entre les Sommets ;
- le Conseil permanent de la francophonie
Le CPF est composé de représentants des chefs d'État et de
gouvernement. Se réunissant trimestriellement, il assure le suivi des décisions
adoptées dans le cadre des sommets.
La coopération multilatérale
francophone est mise en oeuvre par des opérateurs :
- l'Agence de la francophonie
Elle constitue le principal opérateur de la francophonie dans les
domaines suivants : éducation et formation, culture, sciences et techniques,
agriculture, communication, droit, environnement, énergie et développement. Elle
dispose d'une école internationale, située à Bordeaux, et d'un institut de
l'énergie à Québec ;
- les autres opérateurs
sont plus spécialisés, tels TV5, dans le domaine de l'audiovisuel, et l'Agence
universitaire de la francophonie pour la coopération universitaire.
Ces opérateurs sont placés depuis le sommet de Hanoï sous l'autorité du
secrétaire général de la francophonie, M. Boutros-Ghali, qui est le porte-parole
de la communauté francophone. Par ailleurs, l'Assemblée parlementaire de la
francophonie (APF) est l'assemblée consultative de la francophonie.
2. Le dispositif institutionnel français
- le Haut Conseil de la francophonie, présidé par le
Président de la République qui en nomme les membres, en majorité des non
Français, est un organe de proposition et de prospective. Il élabore également
un rapport annuel sur l'état de la francophonie dans le monde.
-
le Conseil supérieur de la
langue française, placé auprès du Premier ministre, a, quant à lui, mission
d'étudier les questions relatives à l'usage, à l'aménagement, à
l'enrichissement, à la promotion et à la diffusion de la langue française et à
la politique à l'égard des langues étrangères. Il entend les rapports du délégué
général à la langue française.
- les ministères avec, notamment, le ministère des affaires
étrangères, celui de la culture et celui de l'éducation nationale.
Les grandes étapes de la francophonie
1960 :
Constitution d'organismes francophones spécialisés, dont l'AUPELF (Association
des Universités partiellement ou entièrement de Langue française).
1967 :
Constitution de l'AIPLF (Association internationale des Parlementaires de Langue
française).
1970 :
Lors de la Conférence de
Niamey, création du premier organisme intergouvernemental de la francophonie: l'ACCT
(Agence de Coopération culturelle et technique, rebaptisée depuis Agence de la
Francophonie). La charte créant l'agence est signée par 21 pays, le 20 mars
1970.
1984 :
Création du Haut
Conseil de la Francophonie Première diffusion de TV5.
1986 :
Premier Sommet francophone à Paris.
41 pays
sont représentés et décident de coopérer dans les secteurs de la culture, de la
communication et des industries de la langue.
1987 : Sommet de Québec, qui établit la cadence bisannuelle des Sommets. A
cette occasion, ouverture de la première université multilatérale à l'échelle de
40 pays, l'Université des Réseaux d'Expression française (UREF). De nouveaux
champs de coopération se développent, notamment en matière d'agriculture et
d'énergie avec la création de l'Institut de l'Énergie des Pays ayant en commun
l'usage du Français (IEPF).
1989 :
Sommet de Dakar, à l'occasion duquel la France annonce sa décision de
renoncer aux créances qu'elle détient au titre de l'aide publique au
développement auprès de la plupart des pays d'Afrique francophone. Création de
l'Université Senghor d'Alexandrie, grâce au mécénat et à la contribution
financière de pays francophones. A l'occasion de sa XVIIème assemblée
générale qui se tient en juillet 1989 à Paris, l'AIPLF se transforme en
Assemblée. Préalablement, une loi du 30 juin 1989 lui avait reconnu, en France,
le statut d'organisation internationale.
1991 :
Sommet de Chaillot à Paris
Avec l'admission du Cambodge, de la Bulgarie et de la
Roumanie comme observateurs, le nombre des pays participants est porté à 47. Le
Sommet décide la "primauté du politique"; le thème des Droits de l'Homme devient
un sujet primordial de la Francophonie. Une importante réforme des instances de
la Francophonie est par ailleurs adoptée. Une Conférence ministérielle se
réunira désormais à mi-chemin entre deux Sommets. D'autre part, un Conseil
Permanent de la Francophonie (CPF), composé de représentants spéciaux des chefs
d'Etat et de gouvernement, et comprenant 15 pays membres, est créé. Il est
notamment chargé de préparer les Sommets et d'en assurer le suivi. L'ACCT, quant
à elle, se voit confier un rôle technique de secrétariat de la Francophonie.
Afin d'appuyer ses actions de coopération, il est mis à sa disposition 9 comités
de programmes composés d'experts gouvernementaux. Le Sommet décide enfin
l'extension à l'Afrique de la diffusion de TV5.
1993 : Sommet de l'Île Maurice
Le Sommet affirme son attachement à l'avènement de la
démocratie dans l'espace francophone. Il adopte notamment une résolution sur
l'exception culturelle au GATT. Les moyens mis à la disposition des opérateurs
de la Francophonie sont accrus de manière significative. Une "Commission
coopération" est instituée sous l'égide du CPF. Le Sommet reconnaît par ailleurs
l'AIPLF comme l'Assemblée consultative de la Francophonie.
1995 :
Sommet de Cotonou
Le Sommet entérine l'adhésion de la Moldavie, ainsi que celle
de Saint-Thomas et Prince, à la Francophonie. Les participants marquent leur
volonté de renforcer la dimension politique de la communauté francophone en
décidant la création d'un poste de Secrétaire général de la francophonie, qui
sera pourvu lors du prochain Sommet. Ils réaffirment solennellement leur
attachement à l'État de droit et à la démocratie. Les pays africains réclament
un plan coordonné visant à aider au développement de leur continent. Enfin, les
membres du Sommet lancent l'"appel de Cotonou" en faveur d'une vaste campagne
internationale pour la promotion du pluralisme linguistique.
1997 :
Sommet de Hanoï
M. Boutros-Ghali est élu au poste de Secrétaire général de la
francophonie, pour un mandat de quatre ans renouvelable. Ainsi est complété le
dispositif institutionnel mis en place par la communauté francophone depuis la
création des Sommets. Les participants consacrent l'essentiel de leurs travaux
aux questions économiques, et appellent de leurs voeux la mise en place d'un
"espace économique francophone".
1998 :
Assemblée générale de l'A.I.P.L.F. (Abidjan)
Le 9 juillet 1998 l'A.I.P.L.F. prend le nom d'Assemblée
parlementaire de la francophonie (A.P.F.).
1999 : Sommet de Moncton
Avec l'admission de cinq nouveaux pays, observateurs ou
associés, la Francophonie compte un total de 57 membres.
Le thème principal du Sommet porte sur la jeunesse. Les participants consacrent
également une partie importante du leurs débats aux droits de l'homme et
décident la création d'un observatoire francophone spécialisé dans ce domaine.
Un consensus se dégage sur la défense de l'exception culturelle dans la
perspective des négociations de Seattle, dans le cadre de l'Organisation
mondiale du Commerce.
2002 :
A Beyrouth, M. Abdou Diouf, ancien Président de la République du Sénégal,
est élu Secrétaire général de la Francophonie.
2004 :
Xe sommet francophone à Ouagadougou
Les chefs d'État et de gouvernement approuvent les nouvelles
missions stratégiques de la Francophonie. Ils prennent la décision de parachever
la réforme institutionnelle afin de mieux fonder la personnalité juridique de
l'Organisation internationale de la Francophonie et de préciser le cadre
d'exercice des attributions du Secrétaire général.
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