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LA CITOYENNETÉ POLITIQUE DES FEMMES
le vote et l'éligibilité des femmes...
... vers la parité

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    LE VOTE ET L'ÉLIGIBILITÉ DES FEMMES...

     

    LE MOUVEMENT FÉMINISTE ET LA REVENDICATION
    DU DROIT DE VOTE DES FEMMES
    - ÉCRITS -

    Hubertine Auclert - Le vote des femmes

      · « L'universalisation du suffrage aux femmes, décuplera la puissance de la nation, accélérera l'évolution sociale, intensifiera la sollicitude de la collectivité à l'égard de l'individu ; et, fera s'ouvrir pour les humains une ère de bonheur » (p. 128).

        Paris, Giard et Brière, 1908.

        « Le nom de Mme Hubertine Auclert rappelle une longue et ardente campagne, soutenue avec une énergie qui toucha parfois à la violence. C'est cette inlassable polémiste qui publia La Citoyenne, journal hebdomadaire de 1881 à 1890, qui organisa à plusieurs reprises pendant les périodes électorales une propagande acharnée en faveur du suffrage des femmes, qui rédigea et fit circuler de nombreuses pétitions à la Chambre, au Sénat, au Congrès de Versailles, au Conseil général de la Seine, des appels à la presse, des demandes d'inscription sur les listes électorales, des déclarations de refus d'impôt, des demandes de dégrèvement, des pourvois devant le Conseil de préfecture, puis devant le Conseil d'État, bref les manifestations les plus ingénieusement variées pour revenir sans cesse à la charge en faveur d'une cause qu'elle résumait spirituellement en cette seule requête :

        Nous vous demandons, Messieurs les Députés, de décider que ces mots « Les Français » soient interprétés dans la loi électorale comme ils le sont dans la loi civile.

        Ces mots « Les Français » qui comprennent les deux sexes comme contribuables doivent comprendre les deux sexes comme électeurs, donc leur conférer, au même titre, le droit au vote municipal et politique, le droit à l'éligibilité.

        Les femmes ont autant d'intérêt que les hommes à la confection des bonnes lois, à la répartition équitable des budgets. Or l'exercice des droits civiques est le seul moyen pour elles de contrôler ce qui se fait, de garantir à la fois leurs intérêts et leur liberté ».

        Rapport n° 2716 de Ferdinand Buisson sur la proposition de loi tendant à accorder le droit de vote aux femmes, p. 18-20, annexé au P. V. de la 1re séance du 16 juillet 1909.

    Maria Vérone - Pourquoi les femmes veulent voter

      · Conférence faite à la Vie féminine, le 24 avril 1914.

        Les femmes veulent voter : pour défendre leurs biens ; défendre leur dignité ; conquérir leurs droits de mères ; défendre leurs enfants ; assurer le complet développement de leurs facultés ; obtenir l'application du principe : « à travail égal, salaire égal » ; réclamer des réformes sociales ; lutter contre l'alcoolisme ; assurer la paix du monde.

        Paris, 1923.

        Maria Vérone (1874-1938), institutrice à la ville de Paris, milite à la Ligue française pour le droit des femmes, dont elle est la secrétaire générale en 1904, puis présidente en 1919.

        Ayant repris ses études, elle obtient sa licence de droit et débute au barreau en 1907. Elle sera la fondatrice de l'Union des avocates de France.

        Louise Weiss en a laissé ce portrait sans complaisance : « Maria Vérone est morte. Le souvenir qu'elle me laisse est celui d'une avocate dont le grand talent n'éclipsait ni la méchanceté ni le manque de grâce. Quels chapeaux et quels souliers ! A elle seule, Maria entretenait la légende de la féministe croquemitaine - ogresse encline à dévorer les pauvres hommes ». (In « Ce que femme veut », cité dans « Louise Weiss et le vote des femmes ».

     

     

     

    Yvonne Netter - Plaidoyer pour la femme française

      · L'auteur dénonce « la misérable condition juridique de la femme française », dont l'exclusion du droit de vote est un aspect. Elle estime que le Sénat « ne peut traiter ni par le mépris, ni par le silence, le vote unanime de la proposition Louis Marin, à la Chambre des députés, le 30 juillet 1936 ». Intéressante citation d'une conclusion d'un commissaire du gouvernement devant le Conseil d'État :

        « Il serait paradoxal de poser en principe l'inaptitude des femmes aux emplois publics au moment même où elles viennent d'avoir accès à des fonctions gouvernementales, c'est-à-dire à la direction même de ces services ...».

        Lire l'intégralité de cette citation.

        Paris, Gallimard, 1936.

        © Bibliothèque de l'Assemblée nationale
         

        Yvonne Netter (1889-1985). Auteur d'une thèse sur le droit au travail de la femme mariée. Avocate en 1920. Membre de la L.F.D.F., et de la Société pour l'amélioration du sort de la femme et la revendication de ses droits (S.A.S.F.R.D.) qu'elle préside de 1932 à 1934. En 1941, la législation antisémite de Vichy l'empêche d'exercer son métier d'avocat. Internée à Drancy, puis à Pithiviers, elle s'évade en février 1943. Reprend ses activités féministes après la Libération.

    Louise Weiss - « Ce que femme veut »

        · Souvenirs d'une action féministe sous la IIIe République. Le titre d'une des parties « A l'assaut du Parlement » donne le ton. Sur la participation des femmes au Gouvernement de Léon Blum en 1936, Louise Weiss est très critique. « Trois hirondelles ne font pas le printemps ».

        Paris, NRF, 1946.

    © Bibliothèque de l'Assemblée nationale

     

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    PROPAGANDE ET ACTIONS

    Marguerite Durand, candidate au Palais Bourbon, fait campagne avec son lionceau

    Dessin de Daniel Thouroude de Losques, paru dans Fantasio (n° 89), 1er avril 1910.


    Bibliothèque Marguerite Durand

    Mme Marguerite Durand, qui brigue les suffrages des électeurs du IXe arrondissement de Paris (2circonscription)

    Dessin de Simont. L'Illustration - 2 avril 1910.


    Bibliothèque Marguerite Durand

     


    Bibliothèque Marguerite Durand

     

    D'abord sociétaire à la Comédie française (1881 - 1888), épouse du député boulangiste Laguerre, fut une figure de proue du féminisme français de 1896 à sa mort. Elle dirigea plusieurs organes de presse : La Fronde (1898-1905), L'Action, fonda l'Office de documentation féministe, multiplia discours et conférences.


    Bibliothèque Marguerite Durand

    Arrêt du Conseil d'État n° 40-876 du 26 janvier 1912, Dame Marguerite Durand - Candidature féminine

      Le préfet de la Seine avait refusé à Marguerite Durand de lui délivrer un récépissé de sa déclaration de candidature aux législatives du 24 avril 1910. Elle porta l'affaire devant le Conseil d'État. Rejet de la requête : « les dispositions législatives qui régissent la composition de la Chambre des députés sont dans leur ensemble sans application au regard du sexe féminin ».


      Lire l'arrêt du Conseil d'État

    Affiche - Congrès international pour le suffrage des femmes

        Le Congrès a eu lieu à Budapest du 15 au 20 juin 1913.

     
    Bibliothèque Marguerite Durand

    Éventail « Je désire voter »

        L'opération de « vote blanc » féminin organisée par le « Journal » lors des deux tours des élections législatives au printemps 1914 recueillit au total 505 972 voix.

              Bibliothèque Marguerite Durand

    Affiche de l'« Union française pour le suffrage des femmes » (1920)

        Dans tous les grands pays d'Europe, les femmes votent ou vont voter. Les Françaises ne votent pas.

        Après la fin de la « Grande Guerre », l'extension du droit de suffrage aux femmes, y compris dans les pays de tradition catholique comme l'Italie, fait de l'« exception française » une anomalie de plus en plus inexplicable et mal tolérée par les femmes.

        L'U.F.S.F. a été fondée en 1909 par Jeanne Schmahl. Elle a été présidée de 1924 à 1940 par Cécile Brunschvicg (1877-1946), sous-secrétaire d'État à l'Éducation nationale dans le premier gouvernement Léon Blum (4 juin 1936 - 21 juin 1937).

      • Jeanne Schmahl lors d'une audience d'Aristide Briand

    Affiche « Contre l'alcool, le taudis, la guerre », les femmes veulent voter (vers 1920)

        Le suffragisme assignait volontiers au vote des femmes une mission privilégiée : lutter contre des fléaux sociaux - en particulier le pire de tous, la guerre - contre lequel le suffrage masculin était impuissant. Justification du suffrage des femmes en raison de leur contribution propre et non pour des motifs universalistes.

    Le Code Napoléon - Affiche

    Image d'Épinal (Pellerin, juillet 1927) éditée pour le compte de la Ligue d'Action féminine pour l'obtention immédiate du suffrage.

        Le « Code Napoléon », symbole et instrument de la mise en tutelle des femmes, a été l'une des cibles favorites de la propagande féministe : « Le Bulletin de vote n'est pas le remède à tous les maux, mais vous pourrez, lorsque vous l'aurez, exiger la révision du Code ».


    Bibliothèque Marguerite Durand

    Images d'Épinal féministes de Claire Villeneuve (1927)

      La Ligue d'Action féminine pour le suffrage a déployé dans les années 20 une action de propagande répliquant par le texte et le dessin, à un certain nombre de « boniments antiféministes ». Il y a de l'esprit et même de la férocité dans ces répliques aux stéréotypes sexistes. Conversation entre deux mâles hideux : « Si au moins les féministes étaient jolies !!! » ou bien : « Les femmes veulent voter ? Non mais, et les chaussettes et le pot au feu ?! ».

    Le jeu des oies du Luxembourg

    Un jeu satirique, sous forme de dépliant, critiquant l'attitude du Sénat à l'égard du vote des femmes avait même été diffusé en 1932 par la Ligue française pour le droit des femmes présidée par Maria Vérone. La verve sénatophobe des mouvements féministes, exaspérés par de perpétuels reports d'échéances, se nourrissait de cette attitude.

    Simone de Beauvoir -  Le deuxième sexe

       Le deuxième sexe, paru en deux tomes en 1949, ouvrage majeur du féminisme, a contribué à transformer les mentalités quant à ce qu'on appelait la condition féminine. « La querelle du féminisme a fait couler beaucoup d'encre, à présent elle est à peu près close : n'en parlons plus. On en parle encore cependant. Et il semble que les volumineuses sottises débitées pendant ce dernier siècle aient beaucoup éclairé le problème », écrit-elle en introduction.

      La première partie est relative aux faits et aux mythes, par le biais de la biologie, de l'histoire et de la psychanalyse. La seconde traite du mariage, de la maternité, de la maturité et de la vieillesse.

      « On ne naît pas femme: on le devient. » L'ouvrage analyse la fabrication par la société de la féminité présentée comme une espèce d'instinct et de donnée et l’infériorisation de la femme : la société, les parents, la religion, tout réaffirme aux femmes qu’elles sont inférieures aux mâles et qu’elles devront avoir un mari.

       Le deuxième sexe contribuera à faire entrer les femmes dans leur histoire selon Benoîte Groult et à leur signifier, comme Simone de Beauvoir le déclarera par la suite (Deux entretiens avec Simone de Beauvoir - Francis Jeanson. - Éditions du Seuil, 1966) combien le « féminisme c'est une manière de vivre individuellement et de lutter collectivement.».

      Brassaï (1899-1984)

      Simone de Beauvoir, café de Flore Paris, 1944

      Photographie, épreuve contact aux sels d'argent (8,5 x 5,9 cm)
      BNF, Estampes et Photographie

     

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