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Accueil > Histoire et Patrimoine > L'abolition de l'esclavage

 

Voltaire

Candide, chapitre 19

Le nègre de Surinam

Candide

C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe

Gravure de Pierre Charles Baquoy d'après un dessin de Jean-Michel Moreau le Jeune

in Voltaire (François Marie Arouet)

Candide ou l'Optimisme, chapitre 19

Œuvres complètes - Imprimerie de la société littéraire typographique, 1785

 © Bibliothèque de l'Assemblée nationale

C'est à plus de cinquante ans que Voltaire se lance dans le conte philosophique, genre en vogue au XVIIIe siècle, qu'il porte à la perfection. Publié anonymement à Genève, condamné en France et en Suisse, Candide est un roman initiatique dans lequel Voltaire dénonce l'arbitraire, le fanatisme et les horreurs de la guerre. Au « meilleur des mondes possibles » proclamé avec un optimisme béat par le précepteur Pangloss, disciple de Leibniz, il oppose la sage conclusion de Candide : « Il faut cultiver notre jardin ».

Dans l'épisode du nègre de Surinam, Voltaire, au-delà de l'ironie, souligne le caractère pathétique de la vie des esclaves dans le ton d'un réquisitoire. La gravure de Baquoy, d'après un dessin de Moreau le Jeune, illustre un tournant de la démonstration de Voltaire, passant du constat objectif des traitements féroces infligés aux esclaves à une accusation des consommateurs européens de sucre devenus ainsi complices de la barbarie de l'esclavage.