|
Présentation générale
La loi de finances est dotée d'une structure bipartite, le passage à la discussion de la seconde partie étant subordonné, selon la jurisprudence du Conseil constitutionnel, à l'adoption de la première partie « en celles de ses dispositions qui constituent sa raison d'être ». Jusqu’à la pleine application de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF), la première partie du budget portait sur les recettes et l’équilibre général, permettant de connaître le niveau du déficit budgétaire, la seconde portait sur les dépenses votées par ministère et par grandes catégories regroupées en titres et détaillées par chapitres. Sans remettre en cause cette structure en deux parties, la LOLF prévoit non plus un vote des dépenses de l’État par catégorie mais en fonction de l’évaluation de la performance des dépenses publiques. La deuxième partie sera désormais votée par missions, ce qui correspond, en application de l’article 7 de la LOLF à un ensemble de programmes concourant à une politique publique définie : culture, défense, santé, sécurité, sécurité civile, transports … Ces missions sont déclinées en programmes, regroupant des crédits concernant une action ou un ensemble cohérent d’actions relevant d’un même ministère. La nouvelle maquette de présentation des missions et programmes retient pour le budget général 34 missions dont 8 sont interministérielles, et, hors budget général, 3 budgets annexes, et 9 comptes spéciaux dotés de crédits. Ce sont désormais les nouvelles unités de vote des dépenses. Une mission regroupe les dotations aux pouvoirs publics. Les parlementaires examinent ainsi la totalité du budget au lieu de ne discuter en pratique que des dépenses nouvelles En outre, un plafond d’emplois publics sera désormais voté, globalement avec l’article d’équilibre, puis, en deuxième partie, par ministère. Enfin, avec l’article d’équilibre seront adoptées des autorisations relatives aux emprunts et à la trésorerie, présentées avec un tableau de financement, ce qui est beaucoup plus précis que ne l’était la présentation antérieure. La répartition des compétences entre les rapporteurs spéciaux a été modifiée pour s’adapter à cette maquette. 42 rapporteurs spéciaux de la commission des finances sont ainsi responsables soit d’une mission, soit parfois d’un seul programme (patrimoines culturels, accueil des étrangers et intégration …). Une des grandes nouveautés de la LOLF consiste à laisser au Gouvernement toute la responsabilité pour fixer les crédits des missions mais à permettre aux parlementaires d’exercer leurs droit d’amendement au sein de celles-ci (article 42). Désormais des amendements de crédits pourront transférer les crédits d’un programme à un autre. L’article 14 de la LOLF améliore également sensiblement l’information du Parlement sur l’ensemble de la régulation budgétaire, qui permet au Gouvernement, dans certaines limites, de modifier l’exécution du budget. Les mises en réserve de crédits seront désormais annoncées dès la loi de finances initiale et notifiées aux commissions des finances. Par ailleurs, ce système doit permettre aux parlementaires, au moyen d’indicateurs chiffrés, de mesurer la performance de la dépense publique. Trois types d’objectifs peuvent être poursuivis : les objectifs mesurant l’efficacité socio-économique, qui s’adressent au citoyen, les objectifs d’efficience de gestion, qui s’intéressent à la comparaison entre le coût d’un service public pour le contribuable et ses résultats, et les objectifs de qualité qui s’adressent à l’usager du service. Ces objectifs, assortis d’indicateurs chiffrés, seront désormais présentés dans le cadre des documents annexes à la loi de finances. C’est à partir de ceux-ci que le Parlement sera amené à autoriser la dépense publique, mais aussi, désormais, à en évaluer les résultats. Ainsi, le programme de sécurité routière permettra de savoir si les objectifs de réduction du nombre de victimes de la route sont ou non atteints. En gestion, les responsables de programme sont libres d’affecter les crédits comme ils l’entendent, sous réserve de ne pas augmenter les dépenses de personnel. C’est aux résultats de cette gestion que le Parlement sera donc amené à s’intéresser. Ce passage d’un budget de moyens à un budget de performance est un vecteur essentiel de la modernisation de l’État, qui doit permettre plus de transparence, une meilleure connaissance de la comptabilité patrimoniale de l’État et des moyens mis en regard des différentes politiques publiques et, surtout, une appréciation des résultats de ces politiques.
"La mise
en oeuvre de la LOLF", rapport de MM.
Didier Migaud, député, et
Alain Lambert,
sénateur, parlementaires en mission (avril - octobre 2006) au Premier ministre,
remis le 2 novembre 2006.
|