Document mis en distribution le 9 juin 1998 N° 963 ASSEMBLÉE NATIONALE CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958 ONZIÈME LÉGISLATURE Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 4 juin 1998. RAPPORT DINFORMATION DÉPOSÉ PAR LA COMMISSION DES FINANCES, DE LÉCONOMIE GÉNÉRALE ET DU PLAN (1), préalable au débat dorientation budgétaire pour 1999, ET PRÉSENTÉ PAR M. DIDIER MIGAUD Rapporteur général, Député. (1) La composition de cette commission figure au verso de la présente page. Finances publiques. SOMMAIRE ____ Pages ___ INTRODUCTION 5 I.- UNE EXÉCUTION BUDGÉTAIRE POUR 1997 MARQUÉE PAR LE RÉTABLISSEMENT DES FINANCES PUBLIQUES 9 A.- DES DÉPENSES RÉELLEMENT MAÎTRISÉES 9 1.- Des dépenses quasiment stabilisées 9 2.- Une structure des dépenses toujours plus déformée 11 3.- Les modifications réglementaires en cours de gestion 19 B.- UNE BONNE TENUE DES RECETTES 24 1.- Le rétablissement des recettes fiscales 26 2.- Un solde des comptes spéciaux du Trésor excédentaire pour la deuxième année consécutive 31 C.- UN BESOIN DE FINANCEMENT DES ADMINISTRATIONS PUBLIQUES PERMETTANT À LA FRANCE DE PARTICIPER À LA MONNAIE UNIQUE 34 II.- LES PREMIERS RÉSULTATS DE LEXÉCUTION DU BUDGET DE 1998 PERMETTENT DE MIEUX APPRÉHENDER LES ENJEUX DU BUDGET DE 1999 39 A.- LEXÉCUTION DU BUDGET DE 1998 SENGAGE DANS DE BONNES CONDITIONS 39 1.- Une conjoncture économique porteuse 39 2.- Des recettes fiscales dynamiques au premier trimestre 45 3.- Un niveau de dépenses peu significatif à ce stade de lannée 47 B.- LES ENJEUX DU BUDGET POUR 1999 53 1.- Affirmer des priorités tout en assurant une maîtrise globale de la dépense 53 2.- Réduire le besoin de financement des administrations publiques 61 3.- Confirmer la diminution du poids des prélèvements obligatoires en amorçant une réforme de la fiscalité 66 TRAVAUX DE LA COMMISSION 71 I.- TABLE RONDE SUR LA SITUATION ÉCONOMIQUE ET LES PERSPECTIVES BUDGÉTAIRES POUR 1999 71 II.- AUDITION DU MINISTRE DE LÉCONOMIE, DES FINANCES ET DU BUDGET ET DU SECRÉTAIRE DETAT AU BUDGET SUR LES ORIENTATIONS BUDGÉTAIRES POUR 1999 83 III.- EXAMEN DU RAPPORT DINFORMATION 95 MESDAMES, MESSIEURS, Il faut se féliciter que lannée 1998 permette de renouer avec la pratique, inaugurée en mai 1996 et que les aléas du calendrier politique nont pas permis de mettre en oeuvre lan passé, consistant à tenir, avant lété, un débat dorientation budgétaire. Un tel débat peut, en effet, dans le respect des prérogatives constitutionnelles et organiques (1) du Gouvernement, être loccasion dun véritable dialogue avec celui-ci. Il sagit dassocier le Parlement à la préparation du budget en lui fournissant un cadre dexpression sur les grandes orientations budgétaires. Ce débat permet également aux membres de lAssemblée dêtre informés de façon précoce sur les principaux choix envisagés par le Gouvernement et de présenter, le cas échéant, ceux qui auraient leur préférence. Pour remplir pleinement ces objectifs, le débat dorientation budgétaire doit être préparé de façon satisfaisante. A cet égard, la Cour des comptes - qui a réalisé au cours des dernières années, sous lautorité de son premier président, M. Pierre Joxe, des progrès considérables dans la présentation de ses travaux en vue de lexamen du projet de loi de règlement - a pu transmettre à la Commission des finances, dès le 26 mai dernier, son rapport préliminaire sur lexécution des lois de finances pour 1997. Irremplaçable instrument danalyse de lexécution budgétaire passée, ce document fournit également des éléments de réflexion très utiles pour lavenir. Le Gouvernement, pour sa part, a fourni également des éléments de réflexion dans un document diffusé le 29 mai, de façon plus précoce par rapport au calendrier du débat et des travaux de la Commission des finances que ce ne fut le cas en 1996. Ce document comporte dabord un rapport du Gouvernement sur « lévolution de léconomie nationale et des finances publiques ». En application de larticle 38 de lordonnance organique du 2 janvier 1959, le Gouvernement doit, en effet, en labsence de loi de finance rectificative de printemps - ce qui est le cas cette année - adresser au Parlement, au plus tard le 1er juin, un tel rapport. Ce rapport est accompagné dun « rapport déposé par le Gouvernement pour le débat dorientation budgétaire », qui nest que le deuxième document du genre, après celui présenté en 1996, ce qui explique sans doute que lon nait pas encore atteint, à cet égard, loptimum souhaitable. Il paraît, en particulier, nécessaire quau-delà dune présentation très générale des objectifs, ce document puisse soumettre à la réflexion des parlementaires diverses hypothèses détaillées et chiffrées sur lévolution des recettes et des dépenses. Par ailleurs, pour répondre pleinement aux attentes des parlementaires, le débat dorientation budgétaire, outre un support documentaire à perfectionner, doit se situer à un moment où il est encore possible au Gouvernement de prendre en compte, le cas échéant, les souhaits formulés par la représentation nationale. Intervenant trop tôt, le débat serait privé de son nécessaire support documentaire ; intervenant trop tard, alors même que les choix du Gouvernement sont déjà largement arrêtés, il risquerait de nêtre quun alibi. La date choisie doit donc concilier à la fois le souci de permettre aux parlementaires de disposer des éléments dinformation sans lesquels le débat se limiterait à léchange de quelques généralités, et une certaine anticipation par rapport aux choix du Gouvernement. Force est de constater que la tenue du présent débat plus dun mois après lannonce, par la presse, de lenvoi par le Premier ministre de ses « lettres de cadrage » aux membres du Gouvernement, et alors même que se déroulent les conférences budgétaires au cours desquelles chaque ministère confronte ses propositions à celles de la direction du budget, est sans doute trop tardive. Une anticipation de lordre de quelques semaines répondrait sans doute mieux aux objectifs dun tel débat. Elle garantirait aussi aux services concernés de bénéficier dune plus grande disponibilité afin de permettre au Gouvernement de répondre, dans des délais permettant une exploitation satisfaisante, aux questions que le Rapporteur général de la Commission des finances lui adresse pour être en mesure de présenter à lensemble des députés des éléments dinformation aussi détaillés que possible. Pour lavenir, la période fin avril-début mai paraîtrait susceptible de mieux répondre aux contraintes précédemment exposées. Pour limmédiat, le présent rapport dinformation a pour objet de préparer le débat dorientation prévu le mardi 9 juin 1998 à lAssemblée nationale. * * * I.- UNE EXÉCUTION BUDGÉTAIRE POUR 1997 MARQUÉE PAR LE RÉTABLISSEMENT DES FINANCES PUBLIQUES A.- DES DÉPENSES RÉELLEMENT MAÎTRISÉES (2) 1.- Des dépenses quasiment stabilisées Les données disponibles relatives à lexécution des lois de finances pour 1997 montrent que la maîtrise des dépenses a atteint, pour cet exercice budgétaire, une efficacité sans précédent. Jusquà maintenant, en effet, cette maîtrise était surtout affichée en loi de finances initiale sans être concrètement réalisée en fin dexercice. La progression totale des dépenses brutes du budget général sest limitée à 18,4 milliards de francs, soit une variation de +1% par rapport à 1996. Les crédits disponibles, pour leur part, avaient été accrus de 48 milliards de francs, soit +2,5%. Il apparaît donc, en termes de dépenses brutes, que les administrations nont pas été à même dutiliser lensemble des crédits supplémentaires qui leur avaient été ouverts par les votes du Parlement et les modifications réglementaires intervenues en cours dannée. Les remboursements et dégrèvements totaux se sont élevés à 265,84 milliards de francs en 1997 (3). Ainsi, le montant total des dépenses nettes du budget général pour lexercice 1997 est de 1.655,4 milliards de francs, soit une augmentation de 0,8% par rapport à 1996. Ceci représente le taux de croissance le plus modeste depuis plus de dix ans. Le fait est dautant plus notable que cette modération se traduit également en valeur absolue, malgré le gonflement progressif des masses auxquelles sappliquent les taux annuels de variation : depuis 1990, laugmentation annuelle navait jamais été inférieure à 44 milliards de francs ; en 1997, laugmentation par rapport à 1996 a été de 13,4 milliards de francs seulement. Certes, la comparaison entre les résultats dexécution sur une longue période, voire entre deux années successives, est rendue difficile par les incessants changements structurels auxquels est soumis le budget de lEtat. A cet égard, votre Rapporteur général peut rappeler deux mouvements importants, parmi dautres : les modifications de la part de la TVA directement affectée au budget annexe des prestations sociales agricoles (BAPSA) : réduite de 0,6% à 0,4% du produit de limpôt par la loi de finances initiale pour 1992, dans le cadre de la réforme des cotisations sociales agricoles, la fraction affectée de la TVA a été relevée à 0,7% par la loi de finances initiale pour 1995 ; ce relèvement a eu pour contrepartie une diminution sensible de la subvention de lEtat au BAPSA en 1995 : 9,1 milliards de francs au lieu de 18,7 milliards de francs en 1994 ; la modification de limputation des charges de pensions de France Télécom en 1997, due au changement de statut de lopérateur public de télécommunications ; les retraites de ses agents fonctionnaires, jusqualors financées en cours dexercice par la procédure des fonds de concours, sont maintenant inscrites dès la loi de finances initiale au budget des Charges communes ; par ailleurs, les charges de compensation et de surcompensation, jusqualors versées directement par lopérateur public sur le compte de gestion ouvert auprès de la Caisse des dépôts et consignations, sont désormais incluses dans les charges dues par lEtat au titre de ces mécanismes de compensation, inscrites sur le chapitre 33-91 du budget des Charges communes ; ces deux ajustements se sont traduits par une augmentation des charges de 9,4 milliards de francs environ en 1997. Une fois retraitées de leffet « France Télécom », les dépenses nettes du budget général en structure 1996 apparaissent marquées par une augmentation infime entre 1996 et 1997 : +0,2%. Elles ont donc diminué en volume de près de 1%, compte tenu du niveau dinflation mesuré. Pour rendre compte de lévolution des charges du budget de lEtat, il convient dajouter au budget général les charges définitives des comptes daffectation spéciale et le solde des opérations temporaires, selon lagrégat traditionnellement employé par la Commission des finances. Lannée 1997 marque alors une accélération par rapport à 1996 : +4,1% après + 1,2%. Cela tient à la réalisation dopérations de privatisation de très grande ampleur (dont en particulier la mise sur le marché de France Télécom, avec maintien dun contrôle majoritaire de lEtat). Ces opérations ont gonflé lan dernier les recettes, donc les dépenses, du compte daffectation spéciale n° 902-24 qui recueille et utilise le produit des cessions de titres publics. Le Gouvernement retient usuellement comme agrégat représentatif des charges du budget de lEtat la somme des charges du budget général, du solde des opérations définitives des comptes daffectation spéciale et du solde des opérations temporaires. Cette démarche permet en particulier de gommer les soubresauts de dépenses dus aux fluctuations annuelles du montant des cessions de titres, au prix dun « effacement » dautres dépenses parfois importantes, les comptes daffectation spéciale étant généralement proches de léquilibre. Dans ces conditions, laugmentation des charges nettes du budget de lEtat revient en 1997 à +0,9%, en sensible diminution par rapport à 1996 (+1,7%), ou même +0,4% seulement après correction de leffet France Télécom. ÉVOLUTION DES CHARGES BUDGÉTAIRES NETTES (a) (en % par rapport à lannée précédente)
(a) Résultats non retraités déventuels effets de structure Après avoir crû de 1990 à 1993, la part des dépenses de lEtat dans le PIB a commencé une lente décroissance, qui la amenée à un taux légèrement supérieur à 21% en 1997. La reprise économique, heureusement stimulée par laction de lactuel Gouvernement, devrait conforter lorientation à la baisse de cet indicateur en 1998 et 1999. 2.- Une structure des dépenses toujours plus déformée Dans son Rapport préliminaire sur lexécution des lois de finances pour 1997, la Cour des comptes note que « le ralentissement des dépenses a été obtenu au prix dune diminution importante des dépenses déquipements collectifs et des moyens de fonctionnement des services ». Le graphique présenté ci-après illustre clairement la divergence, depuis 1990 (base = 100), entre lévolution des dépenses ordinaires et celle des dépenses en capital, mesurées en francs courants. Après un bref sursaut en 1996, les dépenses en capital ont été inférieures, en 1997, au niveau quelles avaient atteint en 1995 ; en francs constants, la diminution serait encore supérieure. Pour leur part, les dépenses ordinaires ne se sont que légèrement infléchies en 1996 et 1997. La structure des dépenses imputées au budget général continue ainsi de se déformer au détriment des dépenses en capital. En 1990, celles-ci représentaient 14,7% des dépenses nettes totales du budget général, alors que les dépenses ordinaires en représentaient 85,3%. En 1997, la part des dépenses en capital a chuté à 10,6%, tandis que celle des dépenses ordinaires atteint désormais 89,4%.
En restreignant le champ de lanalyse aux seules dépenses civiles du budget général, le constat est un peu moins sévère. En effet, lévolution des dépenses totales dinvestissement inscrites sur le budget général est largement influencée, depuis plusieurs années, par la forte compression qui a été imposée aux dépenses déquipement militaires.
Certes, le niveau en francs courants des dépenses civiles en capital est, en 1997, supérieur à celui de 1990. Le graphique présenté ci-avant montre cependant que le décrochement majeur sest produit en 1993, et que, depuis lors, la tendance de ces dépenses sinscrit nettement à la baisse, malgré le rebond sans lendemain de 1996. Dailleurs, les dépenses civiles en capital ne représentent plus, en 1997, que 6,8% des dépenses civiles nettes du budget général, au lieu de 8,5% en 1990. Ainsi apparaît en pleine lumière le caractère quelque peu trompeur du discours de ceux qui, aux commandes de notre pays de 1993 à 1997, dénonçaient sans relâche le niveau excessif de la dépense publique et ses prétendus effets pervers sur léconomie. Ces zélateurs des économies budgétaires se sont en fait révélés incapables de freiner la croissance des dépenses générales de fonctionnement de lEtat, limitant leur effort aux seules dépenses déquipement, dont, pourtant, limpact sur léconomie et lemploi est souvent fort. Le Gouvernement issu des élections de juin 1997 pouvait difficilement sabstraire de ce mouvement largement engagé, durant les quelques mois de lexercice budgétaire où il a conduit les affaires du pays, malgré le redéploiement sensible de la dépense publique auquel il a procédé dès son entrée en fonction avec le décret davance du 10 juillet 1997. Leffort de rééquilibrage na pu être engagé que dans la loi de finances initiale pour 1998, en portant de façon prioritaire sur les dépenses en capital imputées sur les comptes daffectation spéciale. Compte tenu de cette imputation particulière, pour 1998, le rééquilibrage de laction de lEtat en faveur de linvestissement public ne trouve pas sa pleine et entière traduction dans les écritures du budget général lui-même. · Les dépenses ordinaires civiles nettes ont progressé de 1,9%, atteignant en 1997 un montant total de 1.373,6 milliards de francs. Les dépenses du titre Ier ont atteint 515,5 milliards de francs en termes de dépenses brutes, au lieu de 505,2 milliards de francs en 1996, soit une progression limitée à 2%. En effet, la charge brute de la dette sest quasiment stabilisée, avec une augmentation de 900 millions de francs seulement (+0,4%), rapportée à un montant total de dépenses égal à 240,9 milliards de francs en 1997. La baisse des taux et la diminution corrélative du coût moyen de la dette ont compensé laccroissement du stock de dette. Après avoir été divisées par un facteur supérieur à 6 en 1996, les dépenses de garantie (assurance à lexportation gérée par la COFACE notamment) ont été quadruplées en 1997 et se sont élevées à 6,5 milliards de francs. Lexécution des exercices budgétaires précédents montre que des variations de plusieurs milliards de francs peuvent couramment être enregistrées sur ce poste de dépenses dune année sur lautre. Enfin, les dépenses en atténuation de recettes, composées à près de 99% par les remboursements et dégrèvements, se sont accrues de 4,4 milliards de francs (+1,7%). En 1996, lexécution de lexercice budgétaire avait été marquée par une dépense en forte croissance (+17,4%), nettement supérieure à la prévision de la loi de finances initiale. Il est donc vraisemblable que lexercice 1997 nait pas subi les derniers effets résiduels de la hausse du taux normal de TVA intervenue en août 1995 (4). CHARGES BRUTES DU TITRE Ier (en milliards de francs)
(a) Résultat comptable, avant déduction des versements FSC En définitive, les dépenses du titre Ier nettes de remboursements et dégrèvements se sont élevées à 249,6 milliards de francs, en augmentation de 5,2 milliards de francs (+2,1%) par rapport à 1996. Les charges civiles de fonctionnement, imputées sur le titre II (« Pouvoirs publics ») et le titre III (« Moyens des services ») ont fait lobjet de 638,6 milliards de francs de dépenses en 1997 (+ 2,3%). Les postes de dépenses concernés apparaissent dotés dune inertie importante. Par exemple, malgré léchec du dialogue social dans la fonction publique en 1996, les charges de personnel ont continué de croître de 14,5 milliards de francs en 1997, alors que les années précédentes, elles enregistraient une progression annuelle moyenne de 20 milliards de francs environ. A limage des années précédentes (les exercices 1991 et 1993 faisant cependant exception), le poste de dépenses de personnel qui connaît lévolution la plus rapide est celui relatif aux charges sociales (+4,3%), devançant nettement les pensions et allocations (+3,5%) et les rémunérations dactivité (+2%). CHARGES CIVILES DE FONCTIONNEMENT (en milliards de francs)
Lévolution en 1997 des subventions de fonctionnement se calque exactement sur celle des dépenses de personnel de lEtat : +2,8%. Cela nest guère surprenant, puisque ces subventions se rapportent en majorité à des dépenses de personnel, comme le rappelle la Cour des comptes dans son Rapport préliminaire sur lexécution des lois de finances pour 1997. Le graphique présenté ci-après montre dailleurs une évolution sensiblement parallèle de ces deux agrégats (indice base 100 en 1990) depuis 1992, après lapparition dun décalage de plus de 10 points entre 1990 et 1992.
Les « autres dépenses de fonctionnement » comprennent, outre des dépenses diverses dont les évolutions sont souvent erratiques comme les frais de justice les dépenses de matériel et les dépenses pour travaux dentretien des services de lEtat. Ces deux catégories ont subi de plein fouet les conséquences de la rigueur budgétaire quelque peu aveugle qui prévalait ces toutes dernières années. Ainsi, il est regrettable de constater que les dépenses pour travaux dentretien ont diminué de plus de 25% entre 1996 et 1997 (5), alors que létat général du patrimoine fonctionnel de lEtat ne justifie certainement pas un tel recul. De même, on peut se demander si la diminution de 4% enregistrée en 1997 sur les dépenses de matériel et fonctionnement général des services est bien la conséquence dune maîtrise réfléchie, volontaire et raisonnée des dépenses courantes des administrations, ou si elle nest pas, plus simplement, le résultat dabattements pratiqués quelque peu forfaitairement. Les dépenses dintervention, relevant du titre IV de la nomenclature budgétaire, ont connu une modeste progression de 6,2 milliards de francs (+1,3%). Leur ralentissement en 1997 est beaucoup plus net que celui des dépenses du titre III. Cependant, sur moyenne période, cette différence est moins sensible : en francs courants, les dépenses du titre IV ont progressé de 30,2% depuis 1990 alors que, pour leur part, les dépenses du titre III ont augmenté de 33,5%. DÉPENSES DINTERVENTIONS PUBLIQUES (en milliards de francs)
Les interventions publiques en faveur de lemploi peuvent, en première approximation, être évaluées par la somme des dépenses du titre IV du budget du Travail (101,1 milliards de francs) et du chapitre 44-75 « Mesures exceptionnelles en faveur de lemploi et de la formation professionnelle » du budget des Charges communes (48,6 milliards de francs). Leur montant total (149,7 milliards de francs) est en augmentation de près de 6,3% par rapport à 1996. Les dépenses dinterventions sociales accélèrent légèrement (+2,9% en 1997 au lieu de +2% en 1996), ce qui est la résultante de mouvements divers : doublement de lallocation de rentrée scolaire décidée par le nouveau Gouvernement en juillet 1997, augmentation des dépenses du RMI (+6,1%) et de lallocation aux adultes handicapés (+3,9%), stagnation des aides à la personne, en matière de politique du logement, etc · Les dépenses civiles en capital ont atteint, en 1997, un montant total de 99,5 milliards de francs, en diminution de plus de 9 milliards de francs par rapport à 1996, soit une variation de 8,3%. DÉPENSES CIVILES EN CAPITAL DU BUDGET GÉNÉRAL (en milliards de francs)
(a) Le tableau situé à la page 39 du rapport préliminaire de la Cour des comptes indique par erreur un montant de 12,96 milliards de francs. Source : Cour des comptes, Rapport préliminaire sur lexécution des lois de finances pour 1997. Dans le mouvement régulier dérosion des dépenses en capital observable depuis 1993, lannée 1996 doit être considérée comme atypique. Dune part, laugmentation de 2,4 milliards de francs (+24,5%) des subventions à la construction et à lamélioration de lhabitat a été relayée, en 1997, par une intervention, non pas du budget général, mais du nouveau compte daffectation spéciale n° 902-30 « Fonds pour le financement de laccession à la propriété », alimenté par une contribution des organismes collecteurs de la participation des employeurs à leffort de construction de lordre de 7 milliards de francs. Dautre part, lexercice 1996 a vu intervenir, pour un montant de 3,7 milliards de francs, le versement dune avance dactionnaire à GIAT-Industrie, non prévue par la loi de finances initiale et permise par louverture des crédits correspondants, sur le budget général, par le décret davance du 10 avril 1996. · Les dépenses militaires ont atteint 182,3 milliards de francs en 1997, en diminution de 3,2 milliards de francs (1,7%) par rapport à leur niveau de 1996. Elles contribuent une fois encore à la maîtrise des dépenses de lEtat. Les dépenses ordinaires diminuent de 1,2 milliard de francs et totalisent 106,3 milliards de francs, alors que la loi de programmation militaire prévoyait un niveau de dépenses de 102,2 milliards de francs, cette augmentation sexpliquant en particulier par les charges résultant des opérations extérieures et de la restructuration des armées. En revanche, les dépenses en capital sont réduites à 76 milliards de francs (après avoir atteint 78 milliards de francs en 1996), pour un montant prévu de 88,7 milliards de francs dans la loi de programmation militaire. Ces évolutions divergentes ne sexpliquent pas toutes par lintervention dévénements imprévus ou difficilement évaluables a priori, comme le surcoût des opérations extérieures. Cest la notion même de programmation qui est remise en cause, du fait dune régulation budgétaire qui a su trouver dans les dépenses militaires une source dannulations. La France a ainsi commencé à toucher, plus tardivement toutefois que certains de ses partenaires, les « dividendes de la paix » promis par la fin de la guerre froide. 3.- Les modifications réglementaires en cours de gestion La loi de finances initiale pour 1997 avait ouvert 2.346,3 milliards de francs de crédits au budget général, aux budgets annexes et aux comptes spéciaux du Trésor. La loi de finances rectificative du 30 décembre 1997 a majoré ces crédits de 64,4 milliards de francs, portant ainsi le total des crédits votés à 2.410,7 milliards de francs. Pour lensemble du budget de lÉtat, le solde des crédits ouverts et annulés par voie réglementaire est de 128,3 milliards de francs (y compris les rétablissements de crédits) (6), soit 5,3% des crédits votés. Ce taux est très légèrement inférieur à celui constaté pour lexercice 1996 (5,6%).
Le budget général, hors remboursements et dégrèvements et hors rétablissements de crédits, constitue cependant un meilleur indicateur de la politique budgétaire. Les majorations nettes de crédits par voie réglementaire atteignent 105,3 milliards de francs, soit 6,6% des crédits nets votés. Lexercice 1997 est donc marqué par une relative modération par rapport aux années précédentes, en particulier les années de continuité politique. Laugmentation des dépenses nettes (+ 0,8%) sest, en définitive, située au même niveau que laugmentation des crédits votés et supérieure à celle des crédits disponibles (+ 0,1%).
Pour lensemble du budget de l'Etat, comptes spéciaux et budgets annexes inclus, les différents types dactes réglementaires ayant modifié le montant des crédits dans les conditions posées par lordonnance organique du 2 janvier 1959 sont les suivants. Les arrêtés de reports de crédits de lexercice 1996 (régis par larticle 17 de cette ordonnance) ont ouvert 69,8 milliards de francs (dont 57,4 milliards de francs de crédits nets au budget général), montant nettement supérieur à ce qui est constaté en moyenne. Linterprétation de ce montant élevé de reports nécessiterait une analyse détaillée. En effet, les conditions désormais « tendues » de lexécution budgétaire et les efforts effectués pour évaluer au plus juste les crédits nécessaires pourraient laisser supposer, au contraire, que les administrations sont amenées à consommer plus complètement quauparavant les crédits disponibles. En sens inverse, la rigueur croissante de la régulation budgétaire appliquée en cours dannée peut être considérée comme un facteur de sous-consommation des crédits, non rattrapable en fin dexercice, amenant alors à accroître le montant des reports dun exercice sur lautre. Les décrets davance du 9 juillet et du 17 octobre 1997 (régis par lalinéa 2° de larticle 11) ont ouvert 12,8 milliards de francs au budget général. Le premier de ces décrets a, pour partie, traduit en termes budgétaires les orientations du Gouvernement issu des élections de mai-juin 1997, avec, par exemple, le quadruplement de lallocation de rentrée scolaire (6,4 milliards de francs), le lancement du programme en faveur de lemploi des jeunes (2 milliards de francs), la revalorisation du barème des aides personnelles au logement (600 millions de francs) et laugmentation de certaines dotations relatives au logement (216 millions de francs en crédits de paiement et 1.052 millions de francs en autorisations de programme). Le décret davance du 9 juillet 1997 a également ajusté certains crédits qui avaient été incorrectement évalués dans la loi de finances initiale : 395 millions de francs pour le financement des dépenses électorales. Le décret davance du 17 octobre 1997 a ouvert 2,9 milliards de francs de crédits, portant essentiellement sur des rémunérations de personnels, dont 1,6 milliard de francs sur le budget de la Défense et 1,3 milliard de francs sur les budgets de lEducation nationale. Les arrêtés dannulation (régis par larticle 13), ont supprimé 36,8 milliards de francs, dont 33,5 milliards de francs de crédits nets du budget général. Comme en 1996, leffort déconomie a été élevé, bien que les économies de pure constatation (par exemple 10,3 milliards de francs sur la charge de la dette) y aient largement contribué. Les rattachements de fonds de concours et recettes assimilées (régis par larticle 19) ont porté sur 68,5 milliards de francs de crédits au budget général, en augmentation sensible par rapport aux exercices antérieurs. Hors crédits darticle dont les jours sont normalement comptés compte tenu de la décision n° 97-395 DC du Conseil constitutionnel sur la loi de finances pour 1998 les fonds de concours se sont élevés à 64,5 milliards de francs. Les majorations de crédits des comptes spéciaux du Trésor et des budgets annexes gagées par des suppléments de ressources (régies par les articles 25 et 21) ont été modérées : 115 millions de francs ont été enregistrés seulement, selon les résultats provisoires dexécution fournis par le ministère de l'économie, des finances et de l'industrie, au bénéfice des seuls budgets annexes, au lieu de plusieurs milliards de francs dordinaire. Les rétablissements de crédits, régis par larticle 19 de lordonnance organique, ont atteint 13,9 milliards de francs en 1997. Cette diminution de 18,2% par rapport au niveau atteint en 1996 suggère la reprise dun mouvement tendanciel à la baisse qui avait été interrompu en 1992. B.- UNE BONNE TENUE DES RECETTES Linterprétation de lévolution des recettes est toujours étroitement liée au choix de la base de comparaison. A cet égard, lexercice 1997 néchappe pas à la règle. Ainsi, si lon se réfère à lexécution de lexercice précédent, la croissance des recettes nettes du budget général, hors fonds de concours, sétablit à 3,6% en 1997, soit un taux identique à celui enregistré en 1996. Cependant, cette observation ne rend compte que très imparfaitement des fortes différences qui caractérisent les exercices 1996 et 1997 du point de vue des écarts entre prévisions initiales et exécution. En 1996, les ressources nettes, hors fonds de concours, du budget général avaient été légèrement inférieures aux prévisions initiales ( 0,4%). Les moins-values fiscales, tout particulièrement sagissant de la TVA, navaient pu être compensées que par une forte majoration des ressources non fiscales. Tel nest pas le cas de lexercice 1997, puisque les ressources nettes, hors fonds de concours, progressent de 1,9% par rapport à la loi de finances initiale, grâce essentiellement à la croissance des recettes fiscales. Ces résultats dexécution traduisent donc pleinement leffet des mesures de redressement fiscal et financier prises à la suite de laudit des finances publiques, qui ont permis de rétablir une situation une fois encore compromise par la faiblesse des encaissements de TVA.
1.- Le rétablissement des recettes fiscales · Les recettes fiscales brutes se sont élevées à 1.682,2 milliards de francs, soit une croissance de 3,8% par rapport à 1996. Cet agrégat reste cependant peu significatif des encaissements réellement disponibles. De ce point de vue, lévolution des remboursements et dégrèvements est déterminante. Ceux-ci ont atteint 265,6 milliards de francs, soit un niveau légèrement inférieur aux prévisions révisées et sensiblement supérieur aux prévisions initiales (+6,5%). Toutefois, cette évolution ne doit pas faire perdre de vue que, si lon raisonne par comparaison avec les résultats dexécution de lexercice précédent, la croissance de ces remboursements et dégrèvements sest considérablement ralentie. Ainsi, elle est passée de 17% en 1996 à 2% en 1997. Les résultats dexécution sont très proches des prévisions révisées associées à la loi de finances rectificative (0,7%). Ainsi, les analyses ayant présidé à cette révision restent pertinentes. Pour lessentiel, ce sont les remboursements de TVA qui ont joué un rôle déterminant dans la forte progression des remboursements et dégrèvements par rapport à la loi de finances initiale. Ainsi, les dépenses au titre du chapitre 15-02 du budget des Charges communes ont dépassé de 8,2 milliards de francs les prévisions initiales (+6,5%). Au total, les recettes fiscales nettes du budget général se sont donc établies à 1.416,6 milliards de francs, soit 1,5% de plus que les prévisions initiales. Si lon compare par rapport aux résultats de lexécution 1996, leur croissance sélève à 4,2%, soit un niveau un peu inférieur au 4,5% enregistrés en 1996. Surtout, un écart relativement significatif apparaît par rapport aux prévisions rectifiées, avec une plus-value de 12,9 milliards de francs. Cette dernière résulte pour partie seulement de lévolution des remboursements et dégrèvements déjà évoquée (1,8 milliard de francs). Aussi, il convient danalyser plus précisément ces écarts par grande catégorie de recettes. · Seules les recettes nettes au titre de limpôt sur les sociétés sinscrivent en léger retrait par rapport aux prévisions révisées (172,1 milliards de francs contre 173,1 milliards de francs). Par rapport aux prévisions initiales, ces recettes progressent de 18,8% ; la croissance est de 20,2% si lon se réfère au produit constaté en 1996. La légère moins-value de fin dannée ne doit donc pas masquer le dynamisme de cette recette, provenant largement des mesures prévues par la loi du 10 novembre 1997 portant mesures urgentes à caractère fiscal et financier. Si la progression des recettes nettes dimpôt sur les sociétés sélève à 27,4 milliards de francs par rapport à 1996, leffet de la loi précitée sélève à 22,8 milliards de francs, dont : 19,8 milliards de francs au titre de la contribution temporaire de 15% et de la hausse du taux dimposition des plus-values à long terme ; 3 milliards de francs au titre de la modification du traitement comptable des ouvrages de transport délectricité visés par la concession du réseau dalimentation générale dEDF. Ces montants sont très proches de ceux avancés lors des débats sur ce projet de loi, leffet des mesures étant alors évalué à 24 milliards de francs. Concernant le solde, une partie provient dun versement de 4 milliards de francs de France Télécom au titre du solde de lexercice 1996. A structure constante, la progression de limpôt sur les sociétés est évaluée à 5,1% par rapport à 1996 et correspond à une augmentation denviron 4% du bénéfice fiscal théorique réalisé en 1996 par les sociétés. Les autres catégories de recettes fiscales sont caractérisées par des plus-values par rapport aux prévisions rectifiées, parfois mineures, comme pour la TIPP, mais le plus souvent non négligeables. Ainsi, les recettes perçues au titre de limpôt sur le revenu ont été supérieures de 3,5 milliards de francs par rapport aux prévisions révisées, inversant la tendance à la baisse anticipée par celles-ci. Le produit de limpôt sur le revenu en 1997 reste cependant inférieur de 6,6% à celui de 1996, traduisant leffet des mesures dallégement prévues par la loi de finances initiale. Le coût brut budgétaire issu de la réforme du barème est en effet évalué à 27,5 milliards de francs. Lécart par rapport aux prévisions révisées sexplique quant à lui par une émission plus précoce des rôles dans lannée et un meilleur taux de recouvrement. Les recettes fiscales diverses progressent fortement, aussi bien par rapport aux résultats constatés en 1996 (+14,1%) que par rapport aux prévisions révisées (+3,5 milliards de francs). Sagissant des « autres impôts directs perçus par voie de rôle », dont la progression sétablit à près de 30%, la Cour des comptes note dans son rapport préliminaire sur lexécution des lois de finances pour 1997 quelle sexplique « notamment par la montée en charge de la nouvelle répartition des impôts sur rôles entre lEtat et les collectivités locales, les résultats du contrôle fiscal et la difficulté de prévoir les majorations et frais de poursuite importants liés au recouvrement dune partie de ces impôts. » Par ailleurs, les droits denregistrement progressent fortement (+11,9%, soit 8,7 milliards de francs), en raison essentiellement de la hausse des mutations à titre gratuit (+26,3%). Celle-ci avait déjà été anticipée dans les prévisions révisées associées au collectif de fin dannée et sexplique en partie par la revalorisation des patrimoines taxables, mobiliers et immobiliers. Dautre part, dans le cadre dune clarification des méthodes comptables, certaines opérations dapurement ont été effectuées en fin dannée sur le compte dimputation provisoire sur lequel étaient comptabilisés les acomptes sur les droits de succession. A législation et structure constantes, les droits denregistrement restent néanmoins dynamiques, toujours tirés par les donations, pour lesquelles les mesures incitatives semblent efficaces mais devraient, à terme, induire des pertes en matière de droits de successions. Enfin, les recettes nettes de TVA sont en moindre recul par rapport aux prévisions initiales quil nétait escompté dans les prévisions rectifiées. Par rapport à ces dernières, un écart positif de 6,1 milliards de francs a pu être constaté, permettant ainsi une croissance de 4,3% de ces recettes par rapport à 1996. En réponse à ses questions sur lévolution des recettes de TVA brute et nette en 1997, votre Rapporteur général a reçu la réponse reproduite ci-dessous. · Les recettes non fiscales nappellent pas de commentaire particulier, si ce nest que les résultats constatés sont somme toute très proches des prévisions initiales et révisées, tout en étant inférieurs de 1,1% aux encaissements réalisés en 1996. A la différence de cet exercice, le rétablissement des recettes fiscales en cours dannée a permis de ne pas majorer massivement cette catégorie de recettes en fin dexercice. On rappellera en effet quen 1996, les prévisions révisées associées au collectif de fin dannée avaient inclu une augmentation de 21,6 milliards de francs des recettes non fiscales. 2.- Un solde des comptes spéciaux du Trésor excédentaire pour la deuxième année consécutive Comme en 1996, les comptes spéciaux du Trésor ont dégagé un excédent. Celui-ci est toutefois en diminution, puisquil sélève à 1,75 milliard de francs en 1997, contre 3,71 milliards de francs lannée précédente. Il nen reste pas moins que cet excédent est plus important quinitialement prévu (699 millions de francs). Ce résultat sexplique par des évolutions divergentes des opérations à caractère définitif et des opérations à caractère temporaire. · Lexcédent au titre des opérations à caractère définitif atteint 1,99 milliard de francs, soit un montant comparable à celui constaté en 1996 (+1,88 milliard de francs). Ce solde est toutefois nettement moins important quinitialement prévu (+3,47 milliards de francs). De fait, tant en recettes quen dépenses, lexécution sest largement éloignée des prévisions initiales, sous leffet des opérations enregistrées par le compte n° 902-24 « Compte daffectation des produits de cessions de titres, parts et droits de sociétés ». Les recettes totales des comptes daffectation spéciale ont en effet atteint 89,27 milliards de francs (56,76 milliards de francs en loi de finances initiale), tandis que les dépenses se sont élevées à 87,28 milliards de francs (contre 53,29 milliards de francs initialement prévus). Alors que 27 milliards de francs étaient prévus en recettes du compte n° 902-24, celui-ci a vu ses encaissements atteindre 59,3 milliards de francs, contrastant nettement avec les trois exercices précédents, caractérisés à chaque fois par des recettes sensiblement inférieures aux prévisions. Selon les informations fournies par le ministère de léconomie, des finances et de lindustrie, les principales recettes du compte proviennent de : louverture du capital de France Télécom : 42,85 milliards de francs ; la cession de titres Elf : 10,09 milliards de francs ; la cession du reliquat détenu par lEtat dans Usinor : 2,11 milliards de francs ; la vente dune part du capital de Bull : 967 millions de francs. Les dépenses du compte ont concerné uniquement les dotations en capital, pour un montant de 60,96 milliards de francs, supérieur aux recettes, doù une charge nette de 1,65 milliard de francs pour le compte, alors que ce dernier avait été prévu initialement en équilibre. Compte tenu de limportance des dépenses, le compte a dailleurs dû être abondé par un versement de 2,24 milliards de francs à partir du chapitre 54-90 du budget des Charges communes. Les principaux versements ont concerné : lEPFR (établissement de « défaisance » du Crédit lyonnais) : 13,5 milliards de francs ; Thomson : 11 milliards de francs ; le GAN : 9,17 milliards de francs ; Réseau ferré de France : 8 milliards de francs ; GIAT Industries : 8 milliards de francs ; lEPRD (établissement de « défaisance » du Comptoir des entrepreneurs) : 3,44 milliards de francs ; Charbonnages de France : 2,6 milliards de francs ; Groupe BDPME (Banque de développement des petites et moyennes entreprises) : 1,03 milliard de francs. · A linverse, la charge des opérations à caractère temporaire sallège considérablement en cours dannée, passant de 2,77 milliards de francs en loi de finances initiale à 240 millions de francs en exécution. Pour lessentiel, cette évolution recouvre celle des comptes davance, dont le solde est positif en exécution (192 millions de francs), alors même quune charge de 2,12 milliards de francs était escomptée initialement. La situation du compte davance sur le montant des impositions locales (n° 903-54) est à cet égard déterminante, puisque, si la loi de finances initiale avait prévu une charge nette de 2,07 milliards de francs pour 1997, le compte a en fait enregistré un excédent de 152 millions de francs, et ce en contradiction avec les prévisions révisées qui tablaient sur un accroissement de sa charge nette (2,43 milliards de francs).
Ces écarts sexpliquent avant tout par lévolution des dépenses du compte, sensiblement inférieures aux prévisions initiales. A linverse, les recettes ont été très proches de ce qui était escompté en loi de finances initiale, démentant les évaluations révisées associées au collectif de fin dannée. Selon les explications données par le ministère de léconomie et des finances : « Comme pour lannée 1996, une nouvelle accélération du rythme de traitement des émissions dimpôt sur le revenu et des impôts locaux conduit à des encaissements plus rapides en fin dannée 1997 et constitue le principal facteur explicatif de lécart avec la loi de finances rectificative ». C.- UN BESOIN DE FINANCEMENT DES ADMINISTRATIONS PUBLIQUES PERMETTANT À LA FRANCE DE PARTICIPER À LA MONNAIE UNIQUE Le 2 mai dernier, à Bruxelles, les chefs dEtat et de gouvernement de lUnion européenne ont formellement adopté la liste des onze Etats membres participant à la monnaie unique dès son lancement. La « qualification » de la France nest pas une surprise, puisque, dès le collectif de fin dannée 1997, leffet des mesures de redressement budgétaire décidées au cours de lété était perceptible. Cette chronique dune participation annoncée, tenue début 1998, ne doit pas faire oublier que, durant lexercice 1997, un tel résultat était loin dêtre assuré. On ne saurait donc passer sous silence le constat effectué par MM. Bonnet et Nasse dans laudit des finances publiques effectué en juillet dernier, qui a confirmé, dune certaine façon, la dérive reconnue par lancien Premier ministre, M. Alain Juppé, dans une lettre adressée à son successeur, M. Lionel Jospin, à loccasion de la passation des pouvoirs. · Prenant pour hypothèse que la conjoncture économique demeurerait celle décrite dans la note de conjoncture de lINSEE de juin 1997, prévoyant une croissance du PIB en volume de 2,3%, les auteurs de laudit avaient estimé le besoin de financement de lensemble des administrations publiques dans une fourchette de 281 à 298 milliards de francs, soit 3,5% à 3,7% du PIB fin 1997. Le dépassement par rapport aux prévisions initiales se situait ainsi entre 35 et 51 milliards de francs. Sagissant du budget de lEtat, les auditeurs estimaient les pertes de recettes entre 15 et 17 milliards de francs, du fait essentiellement de leffet de base négatif des rentrées de TVA décevantes de 1996. En matière de dépenses, ils évoquaient des « dérapages localisés, bien identifiés, et dont lampleur reste sous contrôle ». Leur incidence conduisait à un supplément prévisible de dépenses sur lannée compris entre 27 et 30 milliards de francs. Forts de lexpérience de la gestion budgétaire et dans un souci dobjectivité, les auteurs du rapport avaient considéré que, comme chaque année, diverses économies ne manqueraient pas dêtre réalisées dici la fin de lexercice. « Par référence aux années précédentes et après discussion avec la Direction du Budget », ils les avaient, en conséquence, évaluées entre 10 et 15 milliards de francs. Le dérapage net des dépenses était ainsi ramené dans une fourchette de 12 à 20 milliards de francs. Leur montant cumulé avec les moins-values fiscales sétablissait donc entre 27 et 37 milliards de francs. Sagissant des régimes de sécurité sociale, les deux magistrats de la Cour des comptes estimaient que « la dépense observée reste à ce jour compatible avec les objectifs de la loi de financement ». Le déficit prévu pour le régime général, soit 30,4 milliards de francs, sétablissait cependant entre 35 et 38 milliards de francs, en raison de risques localisés de dépassement, et surtout de « leffet mécanique de la correction de 3,3% à 2,8% de lhypothèse de hausse de la masse salariale », évalué à 4 milliards de francs. Sy ajoutaient un déficit des autres régimes, évalué entre 4 et 5 milliards de francs, et un déficit de 5 à 6 milliards de francs pour le secteur hospitalier. Le déficit des administrations de sécurité sociale sinscrivait donc globalement entre 44 et 49 milliards de francs. Enfin, les autres administrations publiques (organismes divers dadministration centrale, ODAC, et administrations publiques locales) dégageaient une capacité de financement comprise entre 26,5 et 28,5 milliards de francs. · Le tableau ci-après illustre clairement lampleur des ajustements réalisés à la suite du diagnostic effectué en juillet 1997. Le besoin de financement des administrations publiques a été ramené vers un niveau compatible avec nos engagements européens.
Les données figurant dans la notification à la Commission européenne en février dernier ont fait lobjet de légères modifications par lINSEE, précisées dans le rapport préliminaire de la Cour des comptes, qui naltèrent cependant pas la tendance densemble. Ainsi, le besoin de financement de lensemble des administrations publiques sélève à 243 milliards de francs, cette légère diminution étant sans incidence notable sur le ratio déficits publics / PIB. Lamélioration relève avant tout dune capacité de financement des ODAC plus élevée que prévu. Il apparaît nettement que lessentiel de leffort de redressement des finances publiques a concerné le budget de lEtat. Le solde budgétaire, hors FMI et hors FSC, sest en effet établi à 267,7 milliards de francs, soit un montant très sensiblement inférieur aux prévisions initiales (284,8 milliards de francs) et en diminution aussi par rapport au collectif de fin dannée (270,7 milliards de francs). Après retraitement des données afin de passer du solde budgétaire au besoin de financement au sens de la comptabilité européenne, le besoin de financement de lEtat sétablit, selon les dernières données disponibles, à 265,3 milliards de francs. Par rapport à la moyenne des hypothèses de laudit, cest une amélioration de 42,7 milliards de francs qui a été réalisée. La capacité de financement des administrations publiques locales sétablit à 17,4 milliards de francs, soit un niveau plus élevé que lhypothèse haute de laudit, tandis que la capacité de financement des ODAC reste en ligne avec les prévisions. La situation est moins favorable sagissant des administrations de sécurité sociale, dont le besoin de financement atteint 47,8 milliards de francs. Sil reste dans la fourchette déterminée lors de laudit, il nen est pas moins plus élevé que prévu lors du collectif de fin dannée (+1,3 milliard de francs). Cette détérioration sexplique avant tout par lévolution des régimes particuliers et du secteur hospitalier. En effet, les comptes provisoires du régime général pour 1997 font apparaître un déficit de 35,1 milliards de francs, en amélioration de 2,4 milliards de francs par rapport à la prévision de septembre dernier (37,5 milliards de francs). Cet écart sexplique par un accroissement de 0,6 milliard de francs des recettes et par une minoration de 1,8 milliard de francs des dépenses. · Si le redressement des comptes publics a permis à la France de respecter les critères de convergence et de participer ainsi à la monnaie unique, la comparaison avec les résultats enregistrés par nos partenaires nest pas sans enseignements. Ainsi, le besoin de financement des administrations publiques françaises est le plus élevé parmi les Etats membres de lUnion, à lexception de la Grèce. La réduction des déficits publics a donc été moins rapide que chez nos principaux partenaires. Cela correspond dabord aux difficultés du précédent Gouvernement à contenir la dépense publique et, depuis juin 1997, à un choix politique de maîtriser le rythme et les conséquences de cette réduction sur les ménages et léconomie, ce qui na pas été sans incidence sur lévolution de la dette publique, comme le montrent les deux tableaux ci-après. Cette dette est certes compatible avec nos engagements européens, mais elle continue de progresser. De 45,3% du PIB en 1993, elle est passée à 58% en 1997. Si le critère de 3% de déficits publics défini par le traité de Maastricht devait légitiment sapprécier en tendance, il ne doit donc pas être conçu comme un plancher, mais bien comme une étape dans la voie dun assainissement en profondeur des finances publiques, afin de redonner des marges de manoeuvre budgétaires et de mettre notre pays dans la situation daffronter déventuels retournements de conjoncture économique.
II.- LES PREMIERS RÉSULTATS DE LEXÉCUTION A.- LEXÉCUTION DU BUDGET DE 1998 SENGAGE 1.- Une conjoncture économique porteuse · La confirmation dindicateurs favorables pour 1997 permet daffirmer que léconomie française passe de la reprise à la croissance. Lexamen de lévolution du PIB ces dernières années tend à suggérer que lannée 1996 a connu un point bas de lactivité économique. En effet, en moyenne annuelle, le taux de croissance du PIB en volume sest établi, cette année là, à 1,6%, au lieu de 2,1% en 1995, avant de remonter à 2,3% en 1997 (7). En réalité, lanalyse des comptes nationaux trimestriels montre que le point bas de lactivité économique a été atteint à la fin de lannée 1995, où le glissement annuel du PIB était proche de zéro. Depuis cette date, la reprise sest progressivement manifestée, bien quencore très hésitante en 1996. Le glissement annuel du PIB a ensuite connu une augmentation régulière, passant de 1,25% au premier trimestre 1997 à 2,89% au dernier trimestre 1997 (8). Depuis le printemps 1997, léconomie française croît à un rythme annualisé supérieur à 3%. De plus, la composition de la croissance sest sensiblement modifiée. La contribution des échanges extérieurs a été particulièrement importante en 1997. Les importations se sont affichées en accélération sensible (+7,7% en 1997 au lieu de +3% en 1996), évolution classique lorsque lactivité redémarre. En revanche, les exportations se sont elles aussi inscrites en progrès, au rythme de 12,1%, du fait de laugmentation de la demande mondiale adressée à la France et de lamélioration de sa compétitivité-prix, résultant de la hausse du dollar. Au total, en 1997, le commerce extérieur a apporté 1,4 point à la croissance du PIB, sur un total de 2,3. Mais dautres forces étaient à luvre en 1997, qui commencent aujourdhui à sinscrire plus clairement dans les comptes nationaux. La consommation des ménages, encore convalescente au premier semestre, au sortir des turbulences de lannée 1996, sest inscrite en progrès de 1,1% au troisième trimestre, puis de 0,96% au quatrième trimestre 1997, par rapport à la période précédente. Mesurée en glissement annuel, la consommation finale des ménages sest installée, à la fin de lannée 1997, sur un rythme soutenu de 2,4% environ. ÉVOLUTION DE LA CONSOMMATION FINALE
(a) En milliards de francs, aux prix de 1980 Linvestissement a également pris sa part au rééquilibrage de la croissance et au regain de la demande intérieure. Certes, sur lensemble de lannée, sa contribution à la croissance est quasi nulle et les évolutions trimestrielles de lagrégat de la comptabilité nationale (la formation brute de capital fixe) ne laissent pas discerner de tendance très marquée. En effet, à une sévère diminution de 1,44% au premier trimestre, ont succédé deux bons chiffres (+ 0,95% et + 1,1%) les trimestres suivants. Enfin, le dernier trimestre 1997 sest achevé sur une performance « blanche » : + 0,0%. En moyenne annuelle, un progrès est néanmoins perceptible par rapport à 1996 : + 0,2% au lieu de 0,5%. La France participe ainsi au mouvement général de croissance qui anime désormais lensemble des économies européennes. Dans son récent rapport annuel (9), lInstitut monétaire européen indique que la croissance du PIB réel des pays de lUnion européenne sest inscrite, en moyenne, à 2,7% en 1997, soit un taux sensiblement supérieur à celui de 1,7% enregistré en 1996. Lamélioration de ces performances a essentiellement tenu au redressement de la demande intérieure. Pour autant, les situations française et européenne ne sont pas totalement identiques. Tout dabord, parce que certains pays sont plus avancés que dautres dans le cycle économique, comme le Royaume-Uni et lIrlande, ce qui a dailleurs justifié, dans ces pays, un ajustement des politiques économiques dans un sens un peu plus restrictif. Ensuite, parce quen moyenne, « le redressement de la demande intérieure est à relier à une accélération de la croissance de linvestissement et à un renforcement du mouvement de constitution des stocks, tandis que la progression de la consommation privée demeurait, pour sa part, inchangée et que la consommation publique se révélait plus faible quen 1996 » (10). Cependant, en France comme dans lensemble des pays de lUnion européenne, le retour de la croissance seffectue sans que lon puisse, pour lheure, déceler une résurgence de linflation. En 1997, lindice des prix du PIB sest établi à 1,1% (1,4% en 1996), lindice des prix de la consommation finale des ménages à 1,3% (2% en 1996) et lindice mensuel des prix à la consommation à 1,2% en moyenne annuelle (2% en 1996). · Nourrie par la demande intérieure, la croissance française devrait être, en 1998, plus autonome et mieux immunisée contre les aléas de lenvironnement international. Celui-ci, en 1998, serait un peu moins favorable quen 1997. Les conséquences financières directes de la crise asiatique se sont, in fine, révélées moins redoutables que ce qui avait pu être un moment envisagé : il ny a pas eu de perturbation majeure des taux de change les plus significatifs pour la France, ni de « renationalisation » des capitaux placés à létranger par les investisseurs internationaux. Seul, laffaiblissement des monnaies des pays touchés par la crise peut avoir une influence, avec une diminution de la demande en provenance de lAsie et une augmentation de la compétitivité-prix de leurs exportateurs, pour autant que les systèmes productifs nationaux puissent leur fournir les intrants nécessaires. En filigrane, cependant, léconomie japonaise persiste dans une atonie inquiétante, dont on ne sait pas très bien si elle doit préluder à un regain dactivité en 1999 ou à une rechute plus sévère. Cette dernière éventualité aurait évidemment des répercussions sur les Etats-Unis. Or le ralentissement de léconomie américaine, longtemps annoncé mais toujours repoussé, semble justement devoir se concrétiser. Le taux de croissance de la production industrielle a chuté de 7,2% au dernier trimestre 1997 à 1% au premier trimestre 1998 ; le taux dutilisation des capacités industrielles est revenu à son niveau de 1993 ; le stockage a contribué pour 1,5 point à la croissance du PIB sur les deux derniers trimestres et est trois fois plus élevé que le niveau soutenable normal, selon les analystes de la Chase Manhattan Bank. En revanche, les pays européens devraient rester sur un rythme de croissance denviron 3%, étant, comme la France, soumis aux influences bénéfiques du raffermissement de leur demande intérieure. Malgré cette conjoncture européenne plutôt favorable, le principal facteur dincertitude en 1998 est, de façon claire, lenvironnement international. Pour leur part, les facteurs internes de la croissance devraient rester dynamiques. En premier lieu, le pouvoir dachat des ménages devrait saccroître en 1998, grâce aux créations demploi et à lamélioration du revenu des entrepreneurs individuels. Après être passé, en mars 1998, sous la barre des 3 millions, le nombre de demandeurs demploi a encore diminué en avril, de 13.100 personnes, soit une baisse de 0,4%. Le taux de chômage, au sens du Bureau international du travail, sest établi à 11,9% de la population active, au lieu de 12% en mars et 12,5% en avril 1997, selon lenquête publiée le 29 mai dernier par le ministère de lemploi et de la solidarité. Hormis une légère augmentation en janvier 1998, la diminution du nombre des demandeurs demploi est régulière depuis septembre 1997. 200 000 emplois salariés ont été créés entre mars 1997 et mars 1998. Il est toujours loisible de faire valoir que les emplois créés sont, dans la majorité des cas, à caractère « précaire ». Force est de constater, cependant, que la croissance française est aujourdhui plus riche en emplois. La consommation ne peut que tirer avantage de cette évolution favorable. En deuxième lieu, linvestissement des entreprises, qui bénéficie dune convergence exceptionnelle de facteurs favorables, devrait redémarrer après plusieurs trimestres dincertitude. Les conditions de financement des entreprises sont extrêmement souples, avec des taux longs qui ont atteint au printemps 1998 leurs plus bas niveaux (en termes nominaux) depuis le début des années soixante-dix : le taux de lemprunt dEtat de référence à 10 ans est tombé, en mars 1998, au-dessous de 5%. La situation financière des entreprises est toujours bonne : le taux de marge devrait rester stable aux environs de 40%. Le raffermissement de la demande devrait apparaître comme suffisamment pérenne pour justifier de nouveaux projets dinvestissement. Le taux dutilisation des capacités de production a atteint près de 87% en avril 1998, selon lenquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France ; il est supérieur depuis plus dun an à sa moyenne de longue période (1981-1997). Ces données objectives rencontrent, par ailleurs, le sentiment des chefs dentreprise, qui font montre, dans les plus récentes enquêtes conjoncturelles de lINSEE, dun optimisme de plus en plus affirmé. Certes, les semestres précédents ont révélé que les investissements effectivement réalisés ne suivent pas toujours les intentions manifestées ex ante par les chefs dentreprise. Mais les comptes provisoires du premier trimestre 1998, publiés ce 4 juin 1998 par lINSEE, montrent une vigueur peu commune de la formation brute de capital fixe, qui aurait progressé de près de 1,2% par rapport au trimestre précédent. ÉVOLUTION DE LA FORMATION BRUTE DE CAPITAL FIXE
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