|
Accueil > Relations internationales > Union interparlementaire (agenda et activités) |
|
- Accès aux activités antérieures de l'UIP
Compte rendu de la 119ème Assemblée de l’Union interparlementaire (Genève)
La 119ème Assemblée statutaire de l’UIP s’est tenue à Genève du
13 au 15 octobre 2008, avec la participation des délégations de plus de 130
parlements nationaux. Le Groupe français a été représenté par une délégation
conduite par M. Patrice Martin-Lalande, président exécutif et député (UMP) de
Loir-et-Cher, et comprenant M. Robert del Picchia, sénateur (UMP) représentant
les Français établis hors de France, Mme Alima Boumediene-Thiery, sénatrice
(rattachée au groupe socialiste) de Paris et M. Dino Cinieri, député (UMP) de la
Loire. M. Marc Dolez, député (SPC) de Nord, et Mme Gisèle Gautier, sénatrice
(UMP) de Loire-Atlantique, ont dû renoncer à assister à l’Assemblée pour des
raisons de force majeure.
Conférence parlementaire sur l’OMC La Conférence parlementaire sur l’OMC, organisée conjointement par l’UIP et le Parlement européen, s’est tenue à Genève du 10 au 12 septembre 2008. Le Groupe français de l’UIP y était représenté par Mme Nicole Ameline (UMP), députée du Calvados, et M. Jean Bizet (UMP), sénateur de la Manche. Cette conférence a permis à la centaine de parlementaires des nombreux États représentés de faire le point sur l’avancée du cycle de Doha. Ils ont pu s’entretenir avec M. Pascal Lamy, directeur général de l’OMC, qui, répondant à une question de la délégation française, a précisé le calendrier qu’il souhaitait pouvoir tenir. Après avoir rappelé que les négociations du cycle sont un accord global (agriculture, services, règles, produits industriels) et qu’un accord même partiel est donc exclu, M. Lamy a souhaité qu’un accord sur les principes intervienne avant la fin de l’administration américaine actuelle de façon que la discussion sur les modalités de mise en œuvre, seconde étape indispensable de la négociation, s’engage pour aboutir avant fin 2009. Ce scénario a été confirmé par les ambassadeurs négociateurs de l’OMC pour les questions d’agriculture, M. Crawford Falconer, et de services, M. Fernando de Mateo y Ventuirini, qui ont insisté sur : 1/ les grandes avancées qui étaient intervenues en juillet avant le constat d’échec symbolisé par le désaccord persistant États-Unis – Inde ; 2/ les dommages considérables qu’entraîneraient, pour tous et dans tous les domaines, l’échec du cycle de Doha. Dans de nombreuses interventions, la question climatique est revenue comme une préoccupation constante, souvent associée à la crise alimentaire mondiale. Cette question a donné lieu à un échange sur le thème : Le commerce international peut-il contribuer à atténuer les changements climatiques ?, plusieurs intervenants soulignant les dangers d’un échec des négociations actuelles pour celles, futures, qui s’engageront dans le cadre de la Conférence sur le changement climatique de Copenhague en décembre 2009. Les autres débats ont permis de nombreux échanges sur les thèmes : Voir plus loin que Doha et Désamorcer les menaces de conflits en rapport avec les denrées alimentaires et l’énergie grâce au commerce. La Conférence a adopté un code de conduite des relations entre les gouvernements et les parlements en ce qui concerne les questions commerciales internationales. Dans leur déclaration finale, les parlementaires ont demandé à leurs représentants de reprendre au plus vite les négociations pour aboutir avant fin 2009. Toutefois, plusieurs orateurs ont estimé que ce calendrier volontariste constituait un scénario optimiste. En marge de ces réunions, les parlementaires français ont été reçus par M. Jean-Baptiste Mattei, ambassadeur, représentant permanent de la France auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, et par notre délégué permanent auprès de l’OMC, M. Philippe Gros.
Compte rendu de la 118ème
Assemblée de l’Union interparlementaire (Le Cap, Afrique du Sud) La Première réunion parlementaire mondiale sur le VIH/SIDA,
organisée dans le cadre de l’Union interparlementaire (UIP), s’est tenue à
Manille du 28 au 30 novembre 2007, à l’invitation du Sénat de la République des
Philippines. Ouverture de la réunion Dans son discours d’ouverture, M. Francisco Duque, ministre de la Santé des Philippines, a indiqué qu’en raison du développement tardif de l’épidémie dans son pays, où le taux de prévalence est encore inférieur à 0,1 %, le dispositif mis en place par les autorités pour y faire face n’est véritablement opérationnel que depuis 2004. Le Parlement a adopté récemment un cadre juridique qui englobe l’ensemble des aspects de la pandémie. M. Roberto Ruiz s’est ensuite exprimé au nom des personnes qui vivent avec le VIH. Il s’est félicité que cette catégorie de personnes ait été associée au travail législatif réalisé aux Philippines, mais a observé que, même lorsque des cadres juridiques adéquats existent, ils sont insuffisamment appliqués et, ainsi, ne permettent pas d’assurer une protection efficace des personnes vulnérables. Il s’est particulièrement indigné des entraves apportées à la libre circulation des personnes porteuses du virus dans plusieurs régions du monde. M. Michel Sidibé, directeur exécutif adjoint de l’ONUSIDA, a souligné que l’épidémie de sida ne constitue pas qu’une crise sanitaire, mais également dans les domaines des Droits de l’Homme, du développement et de la sécurité. Il a estimé que dans tous ces domaines, les parlementaires ont un rôle fondamental à jouer à plusieurs titres :
- en adoptant les textes
législatifs adaptés et en contrôlant leur mise en application ;
M. Anders Johnsson, secrétaire général de l’Union interparlementaire, a rappelé que le sida a été souvent abordé lors des assemblées de l’UIP, et en a même constitué le sujet principal à quatre reprises, à l’instigation des parlements africains. Suite à ces débats, l’UIP a constitué en 2006 un groupe consultatif sur le sida, composé de 8 parlementaires qui ont effectué plusieurs missions et ont travaillé avec des experts pour élaborer, en liaison avec l’ONSIDA, le « Guide pratique à l’intention des parlementaires » dont la présentation fait l’objet du premier thème de la présente réunion. M. José de Venecia, Président de la Chambre des Représentants des Philippines, soulignant l’urgence de trouver des solutions concrètes pour financer les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), a proposé qu’un montant de 3 milliards de dollars, prélevé sur le montant total de la dette du Tiers Monde, soit affecté à la lutte contre le sida dans une vingtaine de pays les plus endettés, qui seraient sélectionnés par l’ONU. Il a aussi souhaité que soit créé un comité exécutif au niveau mondial chargé du suivi des OMD. Après avoir rappelé par quelques chiffres l’ampleur de l’épidémie de sida dans le monde et ses conséquences économiques et sociales, M. Manny Villar, président du Sénat des Philippines, a estimé que la lutte doit pouvoir s’appuyer sur un maximum d’acteurs, parmi lesquels il a cité les medias, les universités, les ONG et la société civile. Par ailleurs, il a indiqué que le XIIème Sommet de l’ANASE (Association des Nations de l’Asie du Sud Est), qui portait sur le thème du sida, a décidé la création d’un comité qui réunira les structures de soins de la région. Thème : « Parlements et leadership dans la lutte contre le VIH/SIDA » M. Elioda Tumwesigye, président du Groupe consultatif sur le sida de l’UIP, a présenté le « Guide pratique à l’intention des parlementaires » élaboré par ce Groupe. Les 13 chapitres de ce manuel abordent l’ensemble des aspects de la lutte contre la pandémie sur lesquels peuvent intervenir les parlementaires : dépistage, prévention, financements, accès aux soins et aux médicaments, discriminations, protection des personnes vulnérables, etc. Toutefois dans tous ces domaines il existe de grandes disparités de situations entre les différents pays, et ainsi la mission assignée au manuel est de suggérer des lignes directrices, qui doivent être adaptées à chaque cas particulier. M. Tumwesigye a particulièrement attiré l’attention des parlementaires sur le chapitre 13 du Guide, qui aborde le point très délicat et controversé de la réponse à apporter au délit de transmission et d’exposition au risque de transmission du VIH : une réponse de nature pénale, outre une difficulté évidente de mise en œuvre, peut entraîner des conséquences négatives telles qu’une aggravation de la stigmatisation liée au VIH/SIDA. Le représentant américain a fait état des efforts réalisés par les laboratoires des universités américaines dans la mise au point d’un vaccin efficace. Concernant la prise en charge des traitements, il a estimé que les employeurs devaient être davantage responsabilisés et mis à contribution. Un membre de la délégation indienne a souligné le rôle de l’Inde dans la production et la diffusion de médicaments génériques contre le sida. Au nom de la délégation française, M. Door a préconisé la généralisation des pratiques de dépistage précoce partout où elles sont possibles, et notamment dans les « lieux sensibles ». Il a estimé que la lutte contre les mesures entravant la libre circulation des personnes séropositives devait constituer une priorité. Il a souhaité que les relations entre le Fonds mondial et les parlementaires soient renforcées. M. Door a également souligné l’engagement fort de la France dans la lutte au niveau mondial. La France a en effet décidé de consacrer 900 millions d’euros sur trois ans au Fonds mondial. Elle est aussi à l’initiative de la création d’UNITAID, qui a déjà permis au bout d’une année de fonctionnement de consacrer 160 millions d’euros à la mise à disposition de médicaments dans les pays du Sud, grâce à un mode de financement innovant fondé sur une taxe sur les billets d’avion. M. Door, regrettant qu’à ce jour seuls sept pays se soient à joints la France dans le cadre de cette initiative, a lancé un appel pour que de nouveaux pays s’y engagent à leur tour. Un membre de la délégation vietnamienne s’est félicité que le soutien du Fonds mondial ait permis à son pays d’instaurer la gratuité des soins. L’effort doit désormais porter sur les moyens d’assurer un suivi efficace des traitements. Thème : « Stigmatisation et discrimination : que peuvent faire les parlementaires ? » M. Door a indiqué que la France s’est dotée récemment d’une haute autorité, la HALDE, dont l’objectif est de lutter contre les discriminations de toute nature. Il en a exposé la composition et le mode de fonctionnement, estimant qu’elle pouvait constituer un exemple pour la mise en place de politiques antidiscriminatoires, notamment dans les pays du Sud. Il a également souligné que la préservation du secret médical et de l’anonymat des malades constituait une priorité pour les autorités sanitaires françaises, la question s’étant posée avec une particulière acuité dans le cadre de la généralisation en cours du dossier partagé. Une représentante de la Belgique a évoqué les conséquences des discriminations sur la propagation de la maladie, par leur effet dissuasif sur le dépistage. Un membre de la délégation du Lesotho a indiqué que la crainte d’une stigmatisation dissuade dans son pays les malades de se faire soigner dans les hôpitaux publics. La représentante tanzanienne a témoigné de la force des stigmatisations dans son pays, particulièrement envers les femmes. Le Président tanzanien a lancé une campagne en faveur du dépistage, mais son succès n’est pas assuré, les personnes craignant d’aller chercher les résultats, et redoutant que l’anonymat ne soit pas respecté. Le représentant de l’Ouganda a lancé un appel au volontarisme, estimant que les parlements constituent des lieux privilégiés pour la lutte contre le sida. Les parlements exercent un leadership sur les autres institutions, les parlementaires ainsi que les administrations parlementaires se doivent de donner l’exemple à la nation. Il a aussi évoqué le problème complexe de la prévention de la transmission mère – enfant, en s’interrogeant sur la nécessité d’obliger par la loi les femmes enceintes à se faire dépister, au risque de les exposer à des stigmatisations. Un membre de la délégation indienne s’est félicité que, dans son pays, de plus en plus de femmes enceintes peuvent désormais se faire dépister dans des conditions confidentielles. Le représentant thaïlandais a estimé que le dépistage obligatoire ne pouvait se justifier dans aucune situation. L’effort doit porter sur la sensibilisation et le renforcement des structures. Un membre de la délégation grecque a mis l’accent sur la nécessité absolue de protéger le secret médical en toute circonstance. Le représentant zambien a exposé une initiative originale prise dans son pays : en effet, tous les agents du gouvernement sont invités, chaque vendredi, à délivrer un message au public contre les discriminations. Le représentant du Surinam déplore que les lois existantes ne soient pas appliquées faute de procédures intentées contre les contrevenants. Thème : « L’accessibilité aux médicaments » M. Julian Fleet, chef du Service de liaison VIH/sida au Bureau du PNUD à Genève, a noté une certaine amélioration de la situation au cours des deux dernières années, même si le dispositif des licences obligatoires demeure trop complexe, ce qui dissuade de nombreux pays de les utiliser. Ces pays vulnérables redoutent aussi des sanctions de l’OMC, ou d’entrer en conflit avec les grands laboratoires pharmaceutiques. Ces derniers n’hésitent pas à poursuivre les pays qui adoptent des lois permettant une réduction des prix des médicaments, comme l’Afrique du Sud, ou qui encouragent la production de génériques à grande échelle, comme l’Inde. L’industrie pharmaceutique est en effet l’une ce celles qui génèrent les profits les plus élevés, et certains pays, au premier rang desquels les Etats-Unis d’Amérique, défendent avec vigueur les intérêts de leurs laboratoires. Le représentant de Médecins sans Frontières a souligné le rôle éminent de l’Inde dans la production d’ARV génériques, et a souhaité que ce pays demeure « la pharmacie des pays en voie de développement ». Un membre de la délégation brésilienne a estimé que l’expérience de son pays démontre que l’on peut traiter le sida même dans les zones les plus pauvres. Le Brésil s’est en effet doté d’un arsenal législatif qui a permis d’éviter une catastrophe sanitaire. Il a adopté dès 1996 une loi sur la propriété intellectuelle prévoyant que les brevets déposés par les sociétés étrangères dans le domaine de la santé n’étaient plus protégés au Brésil si ces mêmes sociétés ne produisaient pas sur place. Cette mesure a permis un fort développement de la production locale de médicaments génériques. Une autre loi a consacré la priorité à la vie et consacré l’accès aux médicaments comme un droit prioritaire des citoyens. Les effets de cette mobilisation nationale ont été spectaculaires puisque le taux de mortalité lié au sida a baissé de moitié au Brésil entre 1996 et 2002. Un représentant philippin a regretté que le prix des trithérapies reste très élevé dans son pays (entre 300 et 400 dollars US par mois) alors qu’il n’est que de 44 dollars US par mois en Thaïlande, grâce au régime des licences obligatoires. Thème : « Légiférer pour les groupes vulnérables » Mme Hendrietta Bogopane Zulu, parlementaire sud-africaine chargée de conduire le débat sur ce thème, a estimé que, le parlement étant le lieu privilégié pour la protection des droits humains, il devait devenir véritablement le « parlement du peuple », accessibles à tous, et notamment aux groupes vulnérables tels que les handicapés, les travailleurs du sexe, les utilisateurs de drogues, etc. Sur un sujet qui fait encore débat dans de très nombreux pays, l’Afrique du Sud a franchi un pas très important en 2006, en légalisant l’homosexualité et en autorisant le mariage entre personnes du même sexe. Le représentant du Royaume-Uni a indiqué que dans ce pays les catégories vulnérables au sida sont essentiellement les gays et les immigrés africains, et à un moindre degré, les toxicomanes et les professionnels du sexe. La représentante belge a souligné que les professionnels du sexe en Belgique disposent d’un statut légal, ce qui est un moyen de limiter leur vulnérabilité. Mme Desmarescaux a indiqué qu’en France, comme au Royaume-Uni ou dans d’autres pays européens, les principales catégories de personnes vulnérables par rapport au sida sont les gays et les immigrés africains. Toutefois ces deux groupes ne peuvent lutter sur un pied d’égalité : en effet les gays bénéficient d’un encadrement associatif puissant, qui mène des actions de lobbying, ce qui n’est pas le cas pour les immigrés, a fortiori les clandestins. C’est donc principalement au bénéfice de ces derniers, particulièrement vulnérables, que l’Etat français a réagi en instaurant la CMU (Couverture maladie universelle). Le représentant vietnamien a souligné toute la difficulté que rencontrent les parlementaires à protéger certaines de ces catégories vulnérables, dans la mesure où elles ne bénéficient pas du soutien des opinions publiques. Par ailleurs, l’adoption de certaines mesures doit faire l’objet de larges débats, car elles peuvent aboutir à des paradoxes. Il en est ainsi par exemple de la fourniture de seringues aux toxicomanes, dans le but d’éviter des contaminations. Le représentant du Royaume-Uni a insisté sur la lutte contre les stigmatisations, qui est un préalable pour pouvoir aider les groupes vulnérables. Il a notamment préconisé une décriminalisation de l’homosexualité dans tous les pays. Mme Zulu a rappelé la situation spécifique de l’Afrique, où les femmes, les enfants et les victimes des conflits constituent des groupes très vulnérables face au sida. La représentante du Lesotho a estimé pour sa part que la notion même de catégorie vulnérable n’a pas de sens dans son pays, où un quart de la population est séropositive. En revanche, le sort des orphelins pour cause de sida doit faire l’objet d’une réelle mobilisation. La représentante indienne a suggéré que les medias jouent un rôle plus important dans la lutte contre le sida, et qu’un effort soit porté sur l’éducation des filles et l’égalité entre les hommes et les femmes. Le représentant de l’ONU s’est interrogé sur l’opportunité d’un ciblage des actions sur certaines catégories, qui pourrait s’avérer contre-productif. Le représentant du Pakistan a souligné la haute incidence de la pauvreté et de l’analphabétisme sur la propagation de la maladie. Il a suggéré que le budget militaire soit réduit au profit du secteur social, qui dispose de très peu de ressources dans ce pays. Les représentantes de la Zambie et du Burundi ont préconisé un renforcement des structures sociales et sanitaires au niveau des régions. Le représentant de la Malaisie a également souligné le rôle de l’éducation sexuelle, et suggéré d’accorder davantage de pouvoirs aux ONG. Thème : « Le pouvoir de contrôle du Parlement comme outil d’adaptation des budgets publics aux besoins en matière de VIH/sida » M. Christoph Benn, directeur des relations extérieures du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, après avoir rappelé l’historique du Fonds, a indiqué que, malgré un quadruplement des ressources depuis 2001, il sera difficile de réaliser les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) en matière de lutte contre le sida. Le Fonds mobilise en effet 10 milliards de dollars par an, alors que les besoins sont estimés au triple. Après avoir dans un premier temps concentré son action sur les traitements, le Fonds privilégie désormais la prévention, qu’il considère comme prioritaire. Un effort important est également consenti pour le renforcement des systèmes sanitaires et sociaux de base, ce qui entraîne un effet transversal en favorisant également la lutte contre d’autres maladies. Le Fonds est par ailleurs très soucieux, dans un but d’appropriation des programmes par les pays bénéficiaires, de mobiliser l’ensemble des partenaires concernés. Un « Forum de partenariat » se réunit tous les deux ans avec la participation d’institutions diverses, d’ONG et également de parlementaires. Le prochain se réunira à Dakar en décembre 2008 sur le thème : « Comment traduire les besoins des pays en programmes ? ». Un tel sujet pourrait être l’occasion d’appuyer le leadership des parlements. Les parlementaires ont aussi un rôle éminent à jouer en matière de mobilisation des financements, puisque 30 % des ressources du Fonds proviennent de contributions nationales. Un représentant du Burundi s’est alarmé du risque de remise en cause des efforts accomplis dans son pays depuis deux ans en raison d’une réduction considérable des financements consentis par les bailleurs de fonds dans le cadre du Plan de financement 2007-2011 adopté récemment. Un membre de la délégation argentine a souligné les effets pervers d’une focalisation exclusive sur une seule maladie. Il existe un risque de déstabilisation des systèmes de santé, l’essentiel des ressources humaines étant attirées par ces programmes qui bénéficient de financements importants. La représentant du Lesotho a souhaité que les parlementaires puissent disposer d’une meilleure information sur l’utilisation qui est faite des ressources du Fonds. Le représentant de la Malaisie a proposé que l’UIP se voie conférer le rôle de décideur en matière de répartition des financements octroyés par le Fonds. Discussion du projet de conclusions Les participants ont ensuite discuté sur un projet de déclaration finale élaboré par un groupe de rédaction et intitulé « Projet de conclusions de la Première réunion parlementaire mondiale sur le VIH/sida ». Plusieurs délégations ont proposé des amendements ou des ajouts : La délégation de Haïti a demandé que le texte inclue la nécessité d’assurer une coordination optimale de l’utilisation des fonds, et particulièrement de ceux qui sont confiés à des ONG. La délégation de l’Arabie saoudite, soulignant que le rôle des parlements diffère selon les pays, a jugé inopportun que le texte comporte des préconisations inapplicables par l’ensemble des pays représentés. La délégation française, a suggéré qu’il soit fait référence au dispositif de taxation sur les billets d’avion, et que le texte lance un appel pour que de nouveaux pays adoptent ce moyen de financement innovant pour assurer l’accès aux médicaments dans les pays en développement. La délégation italienne a proposé que soient mentionnées les questions de la transmission de la mère à l’enfant et de l’éducation des filles et des femmes afin de leur permettre d’effectuer des choix en connaissance de cause. La délégation du Soudan a souhaité que le texte fasse une référence aux problèmes spécifiques liés aux migrations, et qu’il souligne la nécessité d’une approche intégrée de la lutte contre la pandémie. La représentante tanzanienne chargée de conduire les débats de la séance a proposé que le texte soumis aux participants soit adopté à ce stade de la discussion, et elle s’est engagée à demander au secrétariat de la réunion d’inclure les amendements proposés. Le texte a ainsi été adopté par acclamation.
© Assemblée nationale |