ASSEMBLÉE NATIONALE
COMMISSION SPÉCIALE
CHARGÉE
D’EXAMINER
COMPTE
RENDU N°
6 Présidence de M. Hervé Novelli SOMMAIRE
La Commission spéciale a poursuivi l’examen, sur le rapport de Mme Catherine Vautrin et M. Gilles Carrez, des articles du projet de loi pour l’initiative économique (n° 507 rectifié). · Article 9 (articles L. 122-32-12 à L. 122-32-15, L. 122-32-16-1 à L. 122-32-16-3 [nouveaux], L. 122‑32‑26, L. 122-32-27 et L. 227-1 du code du travail) : Congé et période de travail à temps partiel pour la création d’entreprise La Commission a rejeté un amendement de M. Jean-Michel Fourgous visant à porter à deux ans la durée maximale, renouvelable une fois pour la même durée maximale, du congé ou du passage à temps partiel pour création d’entreprise. La Commission a adopté un amendement de Mme Catherine Vautrin, rapporteure, précisant que le contrat de travail est suspendu pendant le congé pour la création d’entreprise. La Commission a rejeté un amendement de M. Jean-Michel Fourgous limitant le droit de passer à temps partiel pour la création d’entreprise aux salariés des seules entreprises de plus de deux cents salariés. Elle a ensuite rejeté un amendement de M. François Sauvadet encadrant la possibilité de passer à temps partiel pour le salarié créateur d’une entreprise concurrente. La Commission a adopté cinq amendements de Mme Catherine Vautrin, rapporteure : – le premier visant à éviter qu’un salarié puisse enchaîner les périodes de biactivité ; – le deuxième précisant le contenu de la demande du salarié ; – les deux suivants précisant les formes que doit revêtir la réponse de l’employeur ; – le dernier précisant le contenu de l’avenant relatif à la prolongation de la période de travail à temps partiel. Elle a ensuite adopté un amendement du même auteur de suppression du deuxième alinéa de l’article, Mme Catherine Vautrin, rapporteure, ayant souligné que les dispositions légales existantes assurent une protection suffisante du temps consacré par le salarié à son activité de création. La Commission a également adopté deux amendements du même auteur : – le premier de précision sur les conditions de conclusion de l’avenant relatif au temps partiel ; – le second rédactionnel. La Commission a examiné en discussion commune quatre amendements : – le premier de M. Eric Besson substituant la faculté de différer le passage à temps partiel du salarié créateur à la possibilité de le refuser dans les entreprises de deux cents salariés au plus ; – le deuxième, du même auteur, limitant la faculté de refuser le passage à temps partiel dans les entreprises de cinquante salariés au plus ; – les deux derniers de Mme Chantal Brunel portant le seuil permettant à l’entreprise de refuser le passage à temps partiel à cinq cents salariés au plus et restreignant aux entreprises de plus de 500 salariés la faculté de différer ce passage. Mme Catherine Vautrin, rapporteure, ayant défendu le caractère équilibré du seuil prévu par le texte, la Commission a rejeté les quatre amendements. La Commission a adopté cinq amendements de Mme Catherine Vautrin, rapporteure : – le premier précisant les conditions de forme entourant la réponse de l’employeur ; – le deuxième précisant les conditions d’appréciation du seuil de 2 % des effectifs en temps partiel pour création d’entreprise ; – le troisième précisant le terme du report de la date de passage à temps partiel ; – le quatrième précisant que les salariés à temps partiel pour création d’entreprise ne bénéficient pas du droit de priorité sur les postes à temps plein vacants dans l’entreprise ;– le dernier de conséquence. La Commission a rejeté un amendement de M. Michel Vergnier permettant au salarié à temps partiel pour création d’entreprise de refuser la modification de la répartition de ses horaires de travail incompatible avec son activité de créateur. La Commission a adopté un amendement de Mme Catherine Vautrin, rapporteure, visant à limiter les cas d’inobservation des dispositions du présent article donnant lieu à dommages et intérêts. La Commission a examiné un amendement de Mme Arlette Grosskost restreignant aux salariés des entreprises de plus de cinquante salariés le droit au congé ou au passage à temps partiel pour la création d’entreprise. Mme Catherine Vautrin, rapporteure, ayant objecté que cet amendement s’inscrirait en retrait par rapport au droit actuellement en vigueur et ne tenait pas compte du fait que les entreprises de moins de cinquante salariés pouvaient être un foyer de création comme en témoigne le secteur de l’informatique, l’amendement a été retiré. La Commission a examiné un amendement de M. Michel Vergnier visant à inclure la formation des salariés créateurs d’entreprise dans la négociation de branche obligatoire relative à la formation. Mme Catherine Vautrin, rapporteure, a rappelé que cette négociation comprenait déjà douze thèmes et qu’il vaudrait mieux laisser aux partenaires sociaux le soin de se saisir volontairement du sujet. La Commission a rejeté l’amendement. La Commission a examiné un amendement de M. François Sauvadet visant à étendre aux agents publics le droit ouvert par le présent article de passer à temps partiel pour créer ou reprendre une entreprise. Mme Catherine Vautrin, rapporteure, a souligné que l’amendement n’était pas applicable compte tenu des dispositions figurant dans le statut général de la fonction publique et dans le décret-loi de 1936 sur le cumul de rémunérations. Par ailleurs, il faudrait prévoir un régime d’incompatibilités : un fonctionnaire qui exerce des fonctions de contrôle sur les entreprises d’un secteur peut-il sans risque créer une entreprise dans ce même secteur ? Peut-on par ailleurs renoncer ainsi à l’idée qu’un fonctionnaire doit se consacrer pleinement au service public ? Enfin, ne faudrait-il pas consulter les organisations syndicales concernées ? M. Charles de Courson a objecté que les dispositions du décret-loi ne sont pas appliquées, qu’il suffirait de modifier les textes concernés et que la Commission de déontologie pourrait statuer sur les éventuelles incompatibilités. Par ailleurs, force est de constater que les fonctionnaires, de fait, travaillent de plus en plus souvent à temps partiel. La Commission a adopté l’amendement. Mme Chantal Brunel est intervenue pour déplorer que ses amendements à l’article 7 et au présent article aient été rejetés par la Commission, considérant que, s’il faut aider la création d’entreprises, il faut aussi éviter que celle-ci se fasse au détriment des entreprises existantes. Le président Hervé Novelli a rappelé que ces amendements avaient fait l’objet d’un débat. La Commission a examiné un amendement de M. Jean-Michel Fourgous prévoyant la prolongation de la période transitoire relative au seuil de déclenchement de l’imputation des heures supplémentaires sur le contingent. Mme Catherine Vautrin, rapporteure, a formulé les remarques suivantes : – en matière d’heures supplémentaires, le Gouvernement a avancé sur les deux points essentiels, la majoration des heures supplémentaires et le niveau du contingent ; – l’amendement proposé ne ferait que prolonger la période transitoire ; il faut justement donner aux entreprises la sécurité juridique dont elles ont besoin en sortant des dispositifs transitoires ; – si l’on veut recourir davantage aux heures supplémentaires, il ne faut pas légiférer de nouveau mais laisser au dialogue social le soin d’exploiter les assouplissements existants. La Commission a rejeté l’amendement. Elle a ensuite adopté l’article 9 ainsi modifié. · Article additionnel après l’article 9 (article L. 122-1-1 du code du travail) : Extension des cas de recours au contrat à durée déterminée au remplacement d’un salarié en temps partiel pour création d’entreprise La Commission a adopté un amendement de Mme Catherine Vautrin créant un nouveau cas de recours au contrat à durée déterminée de façon à permettre le remplacement d’un salarié passé à temps partiel pour créer une entreprise. · Article 10 (articles L. 127-1 à L. 127-7 [nouveaux] du code du commerce) : Contrat d’accompagnement à la création d’une activité économique La Commission a adopté un amendement de Mme Catherine Vautrin, rapporteure, supprimant l’encadrement prévu par le projet des possibilités de requalification en contrat de travail de l’activité menée dans le cadre d’un contrat d’accompagnement à la création d’entreprise. Mme Catherine Vautrin, rapporteure, a expliqué que les garanties prévues, déjà insuffisantes, perdaient tout intérêt avec l’amendement prévu après l’article 12 rétablissant la présomption de non salariat en faveur des travailleurs indépendants. La Commission a adopté l’amendement. La Commission a examiné en discussion commune deux amendements : – le premier de M. Eric Besson de suppression de la coresponsabilité systématique de l’accompagnateur pour les engagements souscrits par le bénéficiaire d’un contrat d’accompagnement ; – le second de Mme Catherine Vautrin, rapporteure, tendant à substituer à cette coresponsabilité systématique une faculté pour les parties de définir dans le contrat les modalités d’une éventuelle coresponsabilité. M. Charles de Courson a jugé que l’amendement de la rapporteure constituait un progrès au regard du texte initial. Mme Chantal Brunel s’est opposée au maintien de la notion de coresponsabilité, estimant qu’on ne pouvait demander aux entreprises, particulièrement aux plus petites d’entre elles, d’appliquer une telle disposition. Elle s’et montrée dubitative quant à la valeur des dispositions du contrat d’accompagnement sur ce point, quant à leur capacité à exonérer l’entreprise accompagnante de sa responsabilité. Mme Catherine Vautrin, rapporteure, tout en comprenant la préoccupation exprimée, a rappelé que le but du contrat d’accompagnement était de favoriser l’aide aux salariés créateurs. La faculté ouverte par l’amendement relève de cette volonté. La Commission a adopté l’amendement de Mme Catherine Vautrin, rapporteure, et a donc rejeté l’amendement de M. Eric Besson. Elle a ensuite examiné un amendement de Mme Catherine Vautrin, rapporteure, tendant à substituer à la coresponsabilité systématique de l’accompagnant et du bénéficiaire à l’égard des dommages causés aux tiers, une faculté pour les parties de définir dans le contrat d’accompagnement les modalités d’une éventuelle coresponsabilité. Mme Chantal Brunel s’y est déclarée défavorable estimant que les entreprises accompagnantes devaient être dégagées de toute responsabilité et qu’il fallait protéger les entreprises existantes. M. Charles de Courson a souligné que tel était le sens de l’amendement proposé. La Commission a adopté l’amendement et l’article 10 ainsi modifié. · Article 11 (articles L. 322-8, L. 783-1 et L. 783-2 du code du travail ; articles L. 311-3 et L. 412-8 du code de la sécurité sociale) : Soutien au contrat d’accompagnement à la création d’entreprise et droits sociaux des bénéficiaires de ce contrat La Commission a adopté l’article 11 sans modification. · Article additionnel après l’article 11 : Portage salarial La Commission a adopté un amendement de M. Nicolas Forissier visant à donner une assise juridique au portage salarial, précisant notamment qu’il ne peut couvrir des pratiques de marchandage ou de prêt illicite de main d’œuvre. · Article 12 (article L. 612-4 du code de la sécurité sociale) : Cotisations sociales applicables aux entrepreneurs exerçant une activité occasionnelle La Commission a adopté l’article 12 sans modification. · Article additionnel après l’article 12 (article L. 120-3 et L. 120-3-1 [nouveau] du code du travail) : Présomption de non salariat La Commission a examiné en discussion commune deux amendements de Mme Catherine Vautrin, rapporteure, et M. Alain Madelin, visant à rétablir la présomption de non salariat au profit des travailleurs indépendants. Mme Catherine Vautrin, rapporteure, a rappelé que la suppression par la loi « Aubry II » de cette présomption, créée par la loi « Madelin » de 1994, avait conduit de façon fréquente le juge à requalifier la relation contractuelle entre une entreprise et un travailleur indépendant en contrat de travail. Les conséquences induites par cette jurisprudence militent pour un rétablissement de la présomption de non salariat qui offre aux deux parties la sécurité juridique dont elles ont besoin. La Commission a adopté l’amendement de Mme Catherine Vautrin, rapporteure. En conséquence, l’amendement de M. Alain Madelin est devenu sans objet. · Après l’article 12 La Commission a examiné un amendement de M. Michel Vergnier visant à consolider le statut du conjoint collaborateur. Mme Catherine Vautrin, rapporteure, a rappelé que cette question serait traitée dans le projet de loi déposé au second semestre 2003, délai nécessaire, en particulier pour traiter de la question de la couverture vieillesse des conjoints collaborateurs. La Commission a rejeté l’amendement. TITRE III FINANCEMENT DE L’INITIATIVE ÉCONOMIQUE · Avant l’article 13 La Commission a examiné un amendement présenté par M. Gérard Bapt, tenant à permettre aux titulaires d’un compte épargne logement d’affecter leur épargne au financement de la création ou de la reprise d’une entreprise dont le titulaire du compte, son conjoint, son ascendant ou son descendant assure personnellement l’exploitation ou la direction. M. Gérard Bapt a fait valoir que cet amendement permettrait de conforter les possibilités de financement en faveur de la création ou de la reprise d’une entreprise, en permettant au repreneur ou au créateur de bénéficier de modalités de financement à des conditions privilégiées. M. Gilles Carrez, rapporteur, a émis un avis défavorable, rappelant que la loi de finances pour 2003 comportait des dispositions visant à orienter l’épargne‑logement exclusivement en faveur du logement, à l’exclusion de toute autre destination. L’amendement présenté irait donc à l’encontre des dispositions de la loi de finances pour 2003. La Commission a rejeté cet amendement. La Commission a examiné un amendement présenté par M. Charles de Courson, tendant à étendre aux entreprises soumises à un régime réel d’imposition dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux le mécanisme de la déduction pour investissement (DIP) prévue à l’article 72 du code général des impôts en faveur des agriculteurs. M. Charles de Courson a expliqué qu’il s’agissait d’étendre la DIP à toutes les formes d’entreprises et fait valoir que l’amendement présenté était neutre en matière de rentrées fiscales pour chaque période de cinq ans. Tout en admettant que l’amendement présenté introduisait un simple différé dans le temps, M. Gilles Carrez, rapporteur, a expliqué que cet amendement, déjà rejeté à l’automne dernier, représentait un coût élevé en trésorerie. M. Charles de Courson a retiré cet amendement. Après que M. Jean‑Michel Fourgous eut retiré un amendement visant à introduire un délai de préavis, afin de réduire les incertitudes pesant sur les modalités de dénonciation des crédits bancaires d’exploitation à durée non déterminée, la Commission a examiné un amendement présenté par M. Gérard Bapt, visant à permettre la sortie par anticipation d’un livret d’épargne entreprise (LEE) pour financer la création ou la reprise d’entreprises sans en perdre l’avantage fiscal. M. Gilles Carrez, rapporteur, a observé que le dispositif des livrets d’épargne entreprise ne fonctionnait pas de façon satisfaisante. Le rapport présenté prochainement par MM. Philippe Nasse et Christian Noyer, au titre de leur mission d’expertise sur l’épargne réglementée, devrait marquer l’aboutissement de la réflexion en cours sur les dispositions susceptibles d’améliorer les modalités de fonctionnement de ce livret, notamment s’agissant des dispositifs de sortie. La Commission a rejeté cet amendement. La Commission a examiné un amendement présenté par M. Jean-Michel Fourgous, visant à renforcer l’aide financière de l’Etat en faveur des entreprises artisanales et des petites entreprises. M. Jean‑Michel Fourgous a retiré cet amendement. Article 13 : Fonds d’investissement de proximité La Commission a examiné un amendement présenté par M. François Sauvadet, prévoyant que le montant des prêts et avances en compte courant accordés par un fonds d’investissements de proximité (FIP) ne pourrait excéder le montant de la souscription en numéraire accordé à la même entreprise par le fonds. M. Charles de Courson a fait valoir que les sociétés nouvellement créées avaient autant besoin de prêts que de fonds propres : l’amendement présenté a pour objet de répondre à cette situation. M. Gilles Carrez, rapporteur, a observé que les FIP constituent une nouvelle sous‑catégorie des fonds communs de placement à risque (FCPR). A ce titre, sauf dérogation spécifique prévue à l’article 13, le régime juridique des FIP obéit aux dispositions existantes pour les FCPR s’agissant des règles qu’ils doivent respecter en matière d’avances en compte courant. Il est dans l’intérêt des FIP de conserver un régime juridique le plus proche possible de celui applicable pour les FCPR, notamment en évitant d’introduire de nouvelles contraintes, sauf à introduire un cloisonnement des FCPR qui, en pratique, rendrait ingérables les FIP. Il convient donc, dans cet esprit, d’éviter de multiplier les contraintes sur les modalités de sortie des FIP, afin que l’épargne publique se porte spontanément sur ces fonds. M. Charles de Courson a souligné que les dispositions de l’article 13 présentées par le Gouvernement autorise des avances d’associés mais sans les plafonner. L’amendement proposé vise au contraire à plafonner le montant des prêts accordés par un FIP à une entreprise et ce, non globalement comme le prévoit la législation relative aux FCPR, mais entreprise par entreprise. En autorisant les FIP à accorder des prêts, l’amendement présente également l’avantage de contribuer au développement des FIP, puisque les entreprises ont autant besoin de prêts que de fonds propres. M. Gilles Carrez, rapporteur, a rappelé que le régime des avances d’associés des FIP reposait sur les dispositions en vigueur pour les FCPR : les avances d’associés ne peuvent représenter plus de 15% de leur quota d’investissement et les FIP ne peuvent en accorder que s’ils ont souscrit au moins 5% du capital de la société concernée. M. Charles de Courson a souligné les risques de faillite des entreprises nouvellement créées : en raison de ce risque, il importe de plafonner les montants des prêts d’associés. Après que M. Gilles Carrez, rapporteur, eut émis un avis défavorable, la Commission a rejeté cet amendement. La Commission a examiné un amendement présenté par M. Luc Chatel, tendant à introduire l’obligation, pour les FIP, de réserver 10% de leurs actifs, au sein du quota d’investissement de 60% qu’ils doivent remplir, à des investissements dans des nouvelles entreprises de moins de trois ans. M. Luc Chatel a précisé que cet amendement poursuivait deux objectifs : d’une part, renforcer l’assise financière des jeunes entreprises et, d’autre part, inciter les FIP à la prise de risque. M. Gilles Carrez, rapporteur, a fait valoir que l’amendement présenté, très séduisant au premier examen, risquait de rigidifier les modalités de fonctionnement des FIP. Ne serait‑il pas plus opportun de fixer le pourcentage des actifs des FIP affectés par exemple à de jeunes entreprises par le biais de la convention qui pourra être conclue entre la région et la société de gestion du fonds ? Cette convention est en effet destinée à définir la stratégie économique du FIP et donc ses objectifs. Elle pourrait fort bien contenir une obligation de participation dans des nouvelles entreprises de moins de trois ans. La voie conventionnelle permettrait de garantir la souplesse des FIP, les besoins en matière d’investissements dans de jeunes entreprises pouvant varier d’une région à une autre. M. Luc Chatel a souligné que le réseau bancaire ne permettait pas de répondre aux besoins de financement des entreprises présentant le plus de risques. L’amendement vise à répondre à ce problème, en autorisant les FIP à répondre aux besoins de financement que les banques ne parviennent pas à satisfaire. Le dispositif présenté demeure largement encadré, puisque seul 10% du capital des FIP serait destiné à des investissements en faveur des nouvelles entreprises de moins de trois ans, ce qui limitera la prise de risques. M. Gilles Carrez, rapporteur, a souligné que l’introduction de toutes nouvelles contraintes sur la gestion des actifs des FIP risquait de nuire au caractère attractif de ces fonds. Seul demeurera l’intérêt fiscal à l’entrée du FIP pour le contribuable concerné : ne risque‑t‑on pas ainsi de condamner le développement et le succès des FIP ? Le Président Hervé Novelli a fait valoir que la voie conventionnelle évoquée par le rapporteur risquait de se révéler insuffisante dès lors qu’aucune assurance n’était fournie quant à la participation des régions aux FIP. Mme Chantal Brunel a souligné la nécessité d’éviter de multiplier les contraintes à la sortie des FIP. La Commission a adopté cet amendement. La Commission a examiné un amendement présenté par MM. François Sauvadet et Charles de Courson, visant à étendre l’intervention des FIP aux prêts accordés pour la création d’entreprises individuelles. M. Charles de Courson a indiqué qu’un problème majeur se pose pour l’accès au crédit des entreprises individuelles. En conséquence, pourquoi ne pas autoriser les FIP à consentir des prêts pour la création d’entreprises individuelles ? M. Gilles Carrez, rapporteur, a répondu que le prêt est un métier totalement différent de celui du capital‑risque qui consiste à apporter des fonds propres aux entreprises. En conséquence, l’intervention des FIP ne doit en aucun cas être étendu aux prêts. M. Charles de Courson a estimé indispensable de trouver une disposition en faveur des entreprises individuelles, car 60% des créations d’entreprises aujourd’hui sont des créations d’entreprises individuelles. M. Gilles Carrez, rapporteur, a indiqué qu’il réfléchissait à cette question mise en évidence à l’occasion des auditions de la Commission. M. Charles de Courson a retiré cet amendement. La Commission a ensuite adopté un amendement présenté par M. Gilles Carrez, rapporteur, visant à porter de 2 à 3 régions limitrophes le nombre de régions dans lesquelles le FIP peut investir. La Commission a examiné un amendement présenté par M. Jean-Louis Christ, visant à relever de 10% à 20% le plafond des participations des FIP dans les fonds communs de placement à risques (FCPR) et dans les sociétés de capital‑risque (SCR). M. Gilles Carrez, rapporteur, a indiqué qu’il ne disposait pas d’éléments pour apprécier la règle supplémentaire qui serait introduite par cet amendement. Il faut veiller à ne pas rigidifier le système des FIP dont l’intérêt serait alors diminué. M. Charles de Courson s’est interrogé sur la manière de vérifier « l’étanchéité » géographique des FIP si ceux‑ci peuvent investir dans des FCPR ou des SCR. Les FCPR et SCR devraient en effet être soumis au même critère géographique d’investissement. Mme Chantal Brunel a suggéré de poser une condition de siège social qui offrirait l’avantage d’être adaptée à la vie économique actuelle. M. Gilles Carrez, rapporteur, a répondu que le texte prévoit que sont prises en compte, dans le calcul du quota d’investissement de 60% des FIP, les parts de FCPR et de SCP, à concurrence du pourcentage d’investissement direct de l’actif de la structure concernée dans les sociétés qui répondent aux conditions d’investissement des FIP, notamment celle relative à la zone géographique d’investissement du fonds. Mme Chantal Brunel s’est ensuite interrogée sur la condition tenant à ce que, pour être éligibles aux investissements des FIP, les sociétés doivent exercer la « majeure partie » de leurs activités au niveau régional choisi par le FIP, M. Gilles Carrez, rapporteur, ayant répondu qu’il convient de renvoyer de telles précisions à un décret. M. Eric Besson a souligné qu’en étendant le dispositif à trois régions, on recréait les sociétés de développement régional et s’est interrogé sur la pertinence d’une telle disposition. M. Jean‑Louis Christ a retiré cet amendement. La Commission a ensuite rejeté, suivant l’avis défavorable de M. Gilles Carrez, rapporteur, un amendement présenté par M. Serge Poignant, visant à donner la possibilité aux FIP de consentir des prêts aux entreprises individuelles nouvellement créées. La Commission a examiné un amendement présenté par MM. Gilles Carrez, rapporteur, le Président Hervé Novelli et Mme Catherine Vautrin, rapporteure, visant à permettre aux FIP de contribuer au mécanisme de garantie des concours financiers accordé aux entreprises en prenant en compte, dans le quota d’investissement des fonds, les participations versées par le fonds à des sociétés de caution mutuelle ou des organismes de caution. M. Gilles Carrez, rapporteur, a souligné que cet amendement répond à l’interrogation de M. Charles de Courson relative à la nécessité de l’aide au financement des entreprises individuelles. Après que M. Charles de Courson eut estimé que cette mesure n’était pas uniquement destinée aux entreprises individuelles et qu’il faudrait restreindre le champ d’intervention des organismes de cautions à ces seules entreprises, M. Gilles Carrez, rapporteur, a considéré qu’il n’était pas souhaitable de créer des sociétés de caution qui n’existent pas actuellement. Il convient donc d’ouvrir le dispositif aux sociétés de caution dans leur ensemble. M. Charles de Courson a estimé que cet amendement apparaissait contradictoire avec le zonage géographique, bien que l’idée de départ du présent amendement soit bonne. M. Gilles Carrez, rapporteur, a estimé qu’il fallait faire confiance aux régions, puisque les FIP feront l’objet d’une convention entre les régions et les sociétés de gestion des fonds. La Commission a adopté l’amendement, compte tenu d’un sous-amendement précisant que les organismes de caution dans le financement desquels pourraient intervenir les FIP, au titre de leur quota de 60%, devront avoir la même zone d’activité que celle retenue par les fonds eux-mêmes. La Commission a adopté un amendement rédactionnel présenté par M. Gilles Carrez, rapporteur, visant à ce que la participation maximale dans un FIP soit relevée de 10% à 20% pour une personne morale de droit privé, le rapporteur ayant souligné le rôle de sponsor utile que peut jouer une entreprise dans un FIP. La Commission a ensuite adopté un amendement présenté par M. Gilles Carrez, rapporteur, visant à ce que la notion de « majeure partie » de l’activité d’une entreprise dans la zone d’action du FIP, qui lui permet d’être éligible à ces fonds, soit clarifiée par voie de décret en Conseil d’Etat. M. Charles de Courson a rappelé le cas des zones de redynamisation urbaine pour lesquelles la définition de la notion de « majeure partie » du chiffre d’affaires réalisé avait soulevé des difficultés, l’administration fiscale ayant retenu une interprétation contestable. Il faudra donc garantir une interprétation intelligente de cette notion en ce qui concerne les FIP. M. Gilles Carrez, rapporteur, a reconnu la justesse de cette observation et indiqué qu’il donnerait, à l’aide d’exemples, une interprétation suffisamment précise de cette notion à l’occasion de l’examen du présent projet de loi en séance publique. La Commission a examiné un amendement présenté par M. Jean‑Michel Fourgous, visant à ce que les organisations interprofessionnelles participent à la mise en place et à la gestion des fonds, car elles disposent d’une expertise utile pour développer les FIP. M. Jean‑Michel Fourgous a retiré son amendement, après que le M. Gilles Carrez, rapporteur, eut observé que les gestionnaires du fonds devaient présenter toutes les garanties d’indépendance et que les organisations interprofessionnelles risquaient de se retrouver dans une position de juge et partie en gérant un fonds susceptible d’investir dans le capital de leurs adhérents. La Commission a examiné un amendement présenté par M. Jean‑Michel Fourgous, visant à instaurer un plafond de chiffre d’affaires de 7 millions d’euros pour les sociétés éligibles au FIP. M. Gilles Carrez, rapporteur, a estimé qu’exclure les entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 7 millions d’euros conduirait à ne pas créer de FIP dont la rentabilité financière, dans ces conditions, ne serait pas assurée. Le Président Hervé Novelli a rappelé qu’un quota de 10% d’entreprises nouvelles avait été introduit par la Commission au sein du quota d’investissement obligatoire des FIP. Compte tenu de ces observations, M. Jean‑Michel Fourgous a retiré son amendement. La Commission a examiné un amendement présenté par M. Gilles Carrez, rapporteur, ayant pour objet de garantir l’autonomie des sociétés gestionnaires des fonds d’investissement de proximité. M. Gilles Carrez, rapporteur, a indiqué que la convention passée avec la société de gestion du fonds devait déterminer les objectifs économiques du fonds qui doivent figurer dans son règlement intérieur afin d’être connus de tous les souscripteurs. M. Charles de Courson a considéré que les conventions faisaient l’objet d’une meilleure publicité que les règlements intérieurs des fonds en leur qualité d’actes administratifs. La Commission a adopté cet amendement. La Commission a ensuite examiné un amendement présenté par Mme Arlette Grosskost, tendant à éviter d’interdire aux sociétés de capital risque (SCR) régionales la détention de titres d’une société de gestion d’un fonds d’investissement de proximité. Mme Arlette Grosskost a considéré que les SCR régionales ne devaient pas être écartées de l’accès aux FIP. M. Gilles Carrez, rapporteur, a considéré que la proposition permettrait à une collectivité régionale de détenir même indirectement les parts d’une société de gestion d’un FIP, ce qui serait contraire à l’indépendance des fonds. Mme Arlette Grosskost a retiré cet amendement. La Commission a examiné un amendement présenté par M. Alain Madelin ayant pour objet de permettre aux régions de constituer des associations à but non lucratif de soutien et de financement des entreprises locales et de leur verser des dotations. M. Gilles Carrez, rapporteur, a considéré que l’amendement était déjà satisfait par l’article L. 1511-7 du code général des collectivités territoriales, un décret d’application étant en cours de finalisation. La Commission a rejeté cet amendement et considéré comme satisfait un amendement présenté par Mme Arlette Grosskost, tendant à obliger les FIP à réserver 10% de leurs actifs à des investissements dans des nouvelles entreprises de moins de trois ans. La Commission a adopté l’article 13 ainsi modifié. · Après l’article 13 : La Commission a examiné un amendement présenté par M. Luc Chatel tendant à prévoir que les FIP sont créés à l’initiative du conseil régional, Mme Arlette Grosskost ayant retiré un amendement ayant le même objet. M. Luc Chatel a considéré que cet amendement reposait sur la volonté d’assurer une bonne harmonisation de l’action des SCR régionales avec celle des FIP. M. Gilles Carrez, rapporteur, a admis le principe guidant l’auteur de l’amendement mais s’est déclaré défavorable au dispositif proposé au nom du principe d’indépendance des fonds. M. Luc Chatel a retiré cet amendement. · Article 14 : Réduction d’impôt accordée au titre des souscriptions en numéraire de parts de fonds d’investissement de proximité La Commission a examiné un amendement présenté par M. Gilles Carrez, rapporteur, tendant à exclure du bénéfice de la réduction d’impôt pour souscription de parts de fonds commun de placement dans l’innovation (FCPI) les parts qui donnent lieu à une rémunération particulière et sont réservées aux gestionnaires des fonds. M. Gilles Carrez, rapporteur, après avoir indiqué qu’il s’agissait de combler un oubli législatif en prévoyant pour les FCPI la même exclusion que pour les FIP, a retiré l’amendement, préférant ne pas revenir, dans le cadre du présent projet de loi, sur le régime fiscal des FCPI. M. Charles de Courson a demandé des précisions sur la définition des parts de FCPI donnant lieu à une rémunération particulière. M. Gilles Carrez, rapporteur, a indiqué qu’il s’agissait de parts de « carried interest », ouvrant droit à une rémunération spécifique et réservées aux gestionnaires des fonds et qui n’ont pas à être décomptées comme les parts normales. M. Charles de Courson s’est étonné de l’existence de ce type d’actionnariat dans le cas de fonds collectifs d’investissement. L’amendement a été retiré. M. Eric Besson a demandé des précisions sur la ventilation du coût global, de l’ordre de 350 millions d’euros, correspondant au projet de loi. M. Gilles Carrez, rapporteur, a expliqué qu’aucune évaluation n’était possible pour l’article 14, que le coût de l’article 15 était estimé à 36 millions d’euros, celui de l’article 16 à 2 millions d’euros, celui de l’article 22 à 245 millions d’euros et celui de l’article 26 à 60 millions d’euros. La Commission a examiné deux amendements présentés respectivement par M. Gilles Carrez, rapporteur, et M. Jean-Michel Fourgous, ayant pour effet d’aligner les plafonds des souscriptions prises en compte au titre de la réduction d’impôt pour souscription de parts de FIP sur ceux de la réduction d’impôt pour souscription de parts de FCPI. M. Gilles Carrez, rapporteur, a expliqué que l’alignement des plafonds était notamment justifié par la faible différence entre le régime des FCPI et celui des FIP proposé par l’article 13. La Commission a adopté ces amendements. La Commission a ensuite adopté l’article 14 ainsi modifié. · Après l’article 14 : Mme Arlette Grosskost a retiré un amendement permettant l’attribution d’un label de la collectivité régionale pour les fonds pouvant bénéficier d’éventuelles contributions à leur capital. · Article 15 : Réduction d’impôt accordée au titre de la souscription en numéraire au capital des sociétés non cotées M. Eric Besson a souhaité que des précisions soient apportées sur le bilan de l’incitation fiscale à l’investissement dans les petites entreprises. M. Gilles Carrez, rapporteur, a expliqué que des précisions figureraient dans son rapport écrit. M. Eric Besson a souhaité connaître l’appréciation du rapporteur sur les données transmises par le Gouvernement. M. Gilles Carrez, rapporteur, a considéré que l’extension du dispositif prévu par l’article 15 était totalement justifiée. M. Charles de Courson a estimé que les coûts de la dépense fiscale étaient très approximatifs, l’administration raisonnant en termes de coût brut sans prendre en compte les modifications des comportements liées aux effets incitatifs des mesures fiscales. La Commission a examiné un amendement présenté par M. François Sauvadet, visant à étendre la réduction d’impôt pour souscription au capital de sociétés non cotées aux prêts en faveur d’entreprises individuelles en création. M. François Sauvadet, soulignant la dissymétrie qui existe actuellement entre les entreprises individuelles et les sociétés s’agissant des incitations fiscales, a estimé indispensable d’adopter une mesure en faveur des entreprises individuelles afin de satisfaire leurs besoins de financement. M. Gilles Carrez, rapporteur, s’est déclaré défavorable au dispositif proposé en considérant qu’il n’appartient pas à l’Etat de soutenir un prêt entre deux particuliers. Une telle mesure pourrait en outre être facilement détournée. M. Charles de Courson a rappelé que ce sont les particuliers qui, dans ce cadre, acceptent d’assurer le risque du prêt accordé. M. François Sauvadet a souligné l’avantage consistant à soutenir de tels prêts qui permettraient de mobiliser une épargne de proximité là où le système bancaire est déficient. Le diagnostic que l’on peut faire de la création et de la reprise d’entreprises dans notre pays démontre bien l’insuffisance des financements disponibles. A la question de Mme Catherine Brunel qui s’interrogeait sur la nécessité de formaliser l’existence de ces prêts, Mme Arlette Grosskost a considéré qu’il serait possible de prévoir leur enregistrement sous forme de contrat. M. Jean-Michel Fourgous a jugé la proposition intéressante dans la mesure où elle sert l’objectif de création d’entreprises et où elle résout une situation d’inégalité de traitement. M. François Sauvadet a retiré cet amendement. La Commission a examiné un amendement présenté par M. Jean-Michel Fourgous, visant à porter à 50% le taux de la réduction d’impôt au titre des souscriptions au capital de sociétés non cotées. M. Gilles Carrez, rapporteur, s’étant déclaré défavorable à cette proposition, en raison du triplement du plafond, prévu par le présent projet de loi, M. Jean‑Michel Fourgous a retiré cet amendement. Après avoir adopté un amendement rédactionnel présenté par M. Gilles Carrez, rapporteur, la Commission a adopté l’article 15 ainsi modifié. · Article 16 : Relèvement du seuil de déductibilité des pertes subies à la suite d’une souscription au capital d’une société nouvelle La Commission a examiné un amendement de suppression de l’article présenté par M. Michel Vergnier. M. Michel Vergnier a estimé que le doublement du plafond prévu par le présent article pour l’imputation de pertes en capital sur le revenu imposable des particuliers aurait pour conséquence de privatiser les profits et de mutualiser les pertes. Dans ce contexte, il est préférable de maintenir le plafond actuel. M. Gilles Carrez, rapporteur, a indiqué que la présente mesure constitue, aux Etats‑Unis et en Grande-Bretagne, le dispositif privilégié d’aide à l’investissement en fonds propres. Il apparaît en effet qu’un tel dispositif, qui vise la sortie de l’investissement, est très efficace. A la question de M. Charles de Courson qui s’interrogeait sur le moment à partir duquel la déduction des pertes serait possible, M. Gilles Carrez, rapporteur, a répondu que l’amendement adopté à l’occasion de l’examen du projet de loi de finances rectificative pour 2002, à l’initiative de M. Charles de Courson, permettant de déduire les pertes en capital avant l’annulation des titres après le dépôt de bilan, s’appliquera au présent dispositif. La Commission a rejeté cet amendement. Un amendement présenté par M. François Sauvadet proposant d’étendre le dispositif de déduction des pertes en capital aux prêts consentis pour la création d’entreprises individuelles est devenu sans objet. Après avoir adopté un amendement rédactionnel présenté par M. Gilles Carrez, rapporteur, la Commission a examiné un amendement présenté par M. François Sauvadet, tendant à relever le plafond des pertes en capital prises en compte dans les zones d’aménagement du territoire, les territoires ruraux de développement prioritaire et les zones de redynamisation urbaine. M. Charles de Courson a estimé souhaitable de territorialiser le présent dispositif afin de lutter contre les inégalités entre les zones géographiques. M. Gilles Carrez, rapporteur, s’est déclaré défavorable à l’amendement qui aboutirait à un « zonage » excessif, alors que le présent projet de loi vise à développer l’activité économique dans tout le pays, quel que soit le lieu d’implantation des entreprises. M. François Sauvadet a souhaité que la diversité de situations des territoires ne soit pas niée. La création d’entreprise dans des zones rurales est plus difficile qu’ailleurs, cette observation valant également pour la transmission d’entreprise. M. Michel Vergnier a déclaré partager totalement cette analyse. Sous prétexte de simplification et d’une mauvaise perception de l’aménagement du territoire, on aboutit à augmenter les inégalités régionales. La Commission a rejeté cet amendement. La Commission a adopté l’article 16. · Article additionnel après l’article 16 : Provision pour crédit garanti par une société de caution La Commission a examiné un amendement présenté par MM. François Sauvadet et Charles de Courson, visant à autoriser le provisionnement fiscal des sommes versées aux fonds de garantie par les artisans, afin d’alléger les charges de l’entreprise à un moment opportun. M. Charles de Courson a indiqué que le régime fiscal applicable aux sommes apportées dans un mécanisme de cautionnement, gelées et placées, devrait être amélioré en reconnaissant le caractère déductible du revenu imposable de ces sommes et en leur appliquant ensuite une imposition identique à celle des revenus exceptionnels. La Commission a adopté cet amendement suivant l’avis favorable de M. Gilles Carrez, rapporteur. La Commission a ensuite examiné en discussion commune trois amendements présentés par Mme Catherine Vautrin, rapporteure, M. Gérard Bapt et M. Serge Poignant, ayant pour objet de permettre une sortie anticipée d’un plan d’épargne en actions (PEA) avant cinq ans en cas de création ou de reprise d’une entreprise par le titulaire, son conjoint, un ascendant ou un descendant sans perdre le bénéfice de l’avantage fiscal accordé aux titulaires de ces plans. M. Gilles Carrez, rapporteur, a émis un avis favorable sur l’esprit de ces amendements qui permettent d’utiliser les fonds ou une partie de ceux à investir dans un PEA, dans un but, qui respecte la logique de ces plans, de soutien à l’activité économique. Ils posent cependant quelques problèmes techniques : le délai d’utilisation de 6 mois entre le retrait et l’investissement dans l’entreprise paraît trop long, le type d’investissement devrait être plus précisément défini et il faudrait prévoir les conditions précises de l’assujettissement aux cotisations sociales des sommes prélevées. Il a en conséquence proposé qu’un amendement soit rédigé collectivement et déposé lors de la prochaine réunion de Commission au titre de l’article 88 du Règlement. Certains produits d’épargne, tels que les comptes épargne-logement, ont été exclus pour des raisons de cohérence. Le même raisonnement devrait être tenu pour exclure les plans épargne logement. Il faudrait, à l’inverse, intégrer les plans épargne entreprise et tout ce qui est relatif à l’épargne entreprise. Il convient à cet égard de rappeler la possibilité d’utiliser une épargne d’intéressement à la participation pour créer ou acheter une entreprise. Pour autant, il ne faudrait pas totalement réorienter l’épargne à la veille de la remise du rapport de MM. Philippe Nasse et Christian Noyer. Se pose en effet la question de l’épargne retraite et du risque de déstabilisation que des réformes ponctuelles, adoptées isolément, feraient peser sur le système actuel d’épargne réglementée. Après que les amendements présentés par Mme Catherine Vautrin, rapporteure, et par M. Serge Poignant eurent été retirés, la Commission a rejeté l’amendement présenté par M. Gérard Bapt. Mme Catherine Vautrin, rapporteure, a retiré un amendement, visant à porter le montant maximum des dépôts sur un CODEVI de 4.600 euros à 6.000 euros, de même que M. Gérard Bapt. · Article additionnel après l’article 16 : Exonération d’impôt des petites sociétés nouvelles à raison des bénéfices incorporés au capital La Commission a adopté un amendement présenté par M. Gilles Carrez, rapporteur, et Mme Catherine Vautrin, rapporteure, visant à inciter les petites entreprises ayant réalisé un chiffre d’affaires de moins de 7.630.000 euros à renforcer leurs fonds propres en exonérant d’impôt sur les sociétés les bénéfices incorporés au capital, pendant les cinq premières années de leur existence. · Avant l’article 17 : La Commission a examiné un amendement présenté par MM. François Sauvadet et Charles de Courson relatif au cautionnement des PME. M. Charles de Courson a indiqué que le code des collectivités territoriales prévoit que les commissions dues par les bénéficiaires des garanties d’emprunts accordées par des établissements de crédit peuvent être prises en charge totalement ou partiellement et que les dispositions réglementaires limitent cette prise en charge à 50%. L’amendement présenté vise à supprimer cette limitation. M. Gilles Carrez, rapporteur, ayant répondu qu’il n’était pas en mesure d’évaluer l’incidence de cet amendement sur le dispositif des cautionnements, l’amendement a été retiré afin d’être réexaminé lors de la prochaine réunion de Commission au titre de l’article 88 du Règlement. Mme Catherine Vautrin, rapporteure, a retiré un amendement visant à maintenir les exonérations fiscale et sociale, applicables en cas de retrait anticipé de tout ou partie de l’épargne placée sur un livret d’épargne entreprise (LEE), lorsque celle‑ci est utilisée pour la création ou la reprise d’une entreprise. · Article 17 (art. L. 313-3 du code de la consommation, art. L. 313-4 du code monétaire et financier, art. L. 313-5-1 et L. 313-5-2 [nouveaux] du code monétaire et financier) : Relèvement du taux de l’usure applicable aux entreprises La Commission spéciale a examiné trois amendements tendant à supprimer l’article 17, déposés par Mme Catherine Vautrin, rapporteure, par MM. Michel Vergnier et François Sauvadet. Mme Catherine Vautrin, rapporteure, a indiqué que le problème de l’accès des entreprises au crédit ne serait pas résolu par l’augmentation du taux de l’usure qui risquerait en revanche d’induire des effets dommageables difficiles à évaluer. MM. Michel Vergnier et François Sauvadet ont exprimé leur accord avec le point de vue exprimé par Mme Catherine Vautrin. M. Charles de Courson s’est interrogé sur le point de savoir s’il ne serait pas préférable de supprimer le taux de l’usure pour les entreprises. La Commission spéciale a adopté l’amendement de suppression de l’article 17 de la rapporteure, les amendements présentés par MM. Michel Vergnier et François Sauvadet, devenant sans objet. · Après l’article 17 : M. Jean-Michel Fourgous a retiré un amendement proposant de supprimer la condition d’après laquelle les commissions dues par les bénéficiaires de garanties d’emprunts accordées par des établissements de crédit peuvent être prises en charge « totalement ou partiellement ». · Article additionnel après l’article 17 : Assouplissement du régime d’exonération d’impôt sur les bénéfices des entreprises nouvelles La Commission a examiné un amendement présenté par M. Nicolas Forissier, tendant à supprimer la condition d’implantation dans une zone éligible de l’ensemble des activités de l’entreprise nouvelle pour bénéficier de l’exonération de l’impôt sur les bénéfices dans les zones d’aménagement du territoire. M. Nicolas Forissier a rappelé que le dispositif actuel est extrêmement restrictif puisqu’il exige que le siège social, l’ensemble des moyens et l’activité de l’entreprise soient situés dans la zone. Il en résulte que si 1% du chiffre d’affaires est réalisé en dehors de celle‑ci, l’entreprise perd le bénéfice de l’exonération fiscale. Il conviendrait donc de supprimer la condition relative à l’exercice de l’ensemble de l’activité dans la zone et d’exiger que 60% au moins de cette activité soit réalisé dans le territoire concerné. M. Gilles Carrez, rapporteur, a rappelé que cette question avait été débattue lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2003. Devant le caractère étendu des zones d’aménagement du territoire, qui couvrent plus de 40% de la France, il convient, pour modérer la dépense fiscale, de déterminer des conditions strictes quant à l’exercice de l’activité des sociétés susceptibles de bénéficier de l’exonération. M. Nicolas Forissier a considéré que la réglementation actuelle est totalement inadaptée à la réalité du terrain, donnant l’exemple d’une industrie du bâtiment qui perd le bénéfice de l’exonération fiscale parce qu’elle réalise un chantier en dehors de la zone d’éligibilité. Mme Chantal Brunel s’est inquiétée des distorsions de concurrence que le dispositif d’exonération précité conduit à créer alors que la vraie demande des chefs d’entreprise concerne la baisse des charges sociales et des impôts. Dans ce contexte, la « territorialisation » des dispositifs fiscaux n’est pas une bonne méthode. La Commission a adopté cet amendement. En conséquence, un amendement présenté par M. François Sauvadet, visant à exiger qu’une entreprise exerce au moins 90% de son activité pour pouvoir bénéficier de la réduction d’impôt prévue dans les zones précitées, a été considéré comme satisfait. A cette occasion, M. François Sauvadet a rappelé, que lors du dernier débat sur le projet de loi de finances, le Gouvernement, s’agissant de cette condition d’exercice de la totalité de l’activité sur la zone d’éligibilité, avait déclaré confier à l’administration fiscale le soin d’apprécier les situations au cas par cas. Devant le risque élevé de contentieux, il convient de donner un caractère normatif à la possibilité de bénéficier de l’exonération en cas d’exercice d’une partie seulement de l’activité de l’entreprise sur une zone d’aménagement du territoire éligible. Une telle mesure assurerait une équité dans le traitement entre les zones urbaines et les zones rurales, les plus fragiles, qui sont confrontées aux fermetures des commerces et à l’isolement des personnes. Mme Catherine Brunel a considéré qu’il était impossible de calculer le véritable chiffre d’affaires réalisé par une entreprise dans une zone donnée. M. Gilles Carrez, rapporteur, a souligné à nouveau le phénomène de concurrence déloyale qui résulte des dispositifs de « zonage », qui peuvent conduire des entreprises à se délocaliser vers certaines zones dans un seul but d’optimisation fiscale. La Commission a examiné un amendement présenté par M. Nicolas Forissier, ayant pour objet de rapprocher le régime d’exonération des bénéfices pour reprise d’entreprise en difficulté du régime d’exonération prévu en cas de création d’entreprises avec notamment l’exonération dégressive dans les trois années suivant les 24 mois d’exonération initiale. M. Nicolas Forissier a précisé que son amendement avait aussi pour objet d’appliquer le mécanisme d’exonération au cas de reprise d’entreprise individuelle ayant une activité commerciale ou artisanale. Il permettrait de rétablir l’équité du traitement de la reprise d’entreprises avec celui de la création. M. Gilles Carrez, rapporteur, a rappelé que le coût annuel de l’exonération d’impôt sur les sociétés en cas de reprise d’entreprise industrielle en difficulté représente d’ores et déjà 40 millions d’euros. L’amendement proposé, dans sa rédaction actuelle, aurait pour conséquence d’aggraver ce coût avec une portée qui ne serait pas limitée à des zones d’aménagement du territoire. M. Nicolas Forissier a évoqué le contentieux fiscal qui existe sur ce problème et qui peut s’avérer néfaste à des entreprises lorsque l’on retire l’exonération partielle ou totale de l’impôt. Mme Chantal Brunel s’est élevée contre la pratique de créations, de reprises et de dépôts de bilan successifs, source d’évasion fiscale. Il est indispensable de moraliser les PME, commerciales et industrielles. La Commission a rejeté cet amendement. La Commission a examiné un amendement présenté par M. François Sauvadet, visant à permettre la création d’une réserve spéciale d’autofinancement pour les entreprises agricoles dans le cadre du régime de la déduction pour investissement. M. Gilles Carrez, rapporteur, ayant souligné l’absence de lien entre cet amendement et le présent projet de loi, M. François Sauvadet a retiré cet amendement. Article additionnel après l’article 17 : Reprise des engagements au titre d’une déduction pour investissement en cas de transmission à titre gratuit La Commission a adopté un amendement présenté par M. Philippe Martin, prévoyant qu’en cas de transmission d’une entreprise à titre gratuit, ou de reprise de l’exploitation par le conjoint ou tout ou partie des héritiers, ceux‑ci puissent reprendre à leur compte les engagements pris par le cédant ou le de cujus au titre d’une déduction pour investissement dans le cadre du dispositif de l’article 72 D du code général des impôts. La Commission a examiné un amendement de M. François Sauvadet, visant à favoriser la pratique des crédits de vendeur en créant une réduction d’impôt au bénéfice du vendeur qui l’accorde. M. Gilles Carrez, rapporteur, s’est déclaré défavorable à l’amendement en rappelant, d’une part, que le présent projet de loi permettra de réduire fortement la taxation des plus‑values professionnelles ; d’autre part, que le ministre s’est récemment engagé à ce qu’une instruction fiscale permette d’étaler le paiement de ces plus‑values en cas de transmission, ce qui devrait favoriser le développement des crédits de vendeur. La Commission a rejeté cet amendement. La Commission a examiné un amendement présenté par M. François Sauvadet, proposant que les nouvelles SARL puissent opter pour l’impôt sur les sociétés et que les actionnaires de ces jeunes entreprises puissent déduire les pertes des sociétés de leur revenu imposable. M. Gilles Carrez, rapporteur, ayant émis un avis défavorable, M. François Sauvadet a retiré cet amendement. · Article additionnel avant l’article 18 La Commission a examiné un amendement de M. Michel Vergnier visant à instituer un comité des activités sociales et culturelles dans les entreprises de moins de 50 salariés, afin de leur permettre de bénéficier d’avantages équivalents à ceux fournis par les comités d’entreprises dans les entreprises de plus de 50 salariés. Mme Catherine Vautrin, rapporteure, a affirmé être défavorable à cet amendement dans la mesure où il s’éloigne de l’objet du texte, et tend à rendre complexe le fonctionnement des petites entreprises. La Commission spéciale a rejeté cet amendement · Article 18 (article L.131-6-1 du code de la sécurité sociale) : Report et étalement des charges sociales de la première année d’activité La Commission spéciale a adopté un amendement présenté par Mme Catherine Vautrin, rapporteure, visant à préciser les modalités de paiement des cotisations dues au titre de la première année d’activité. Mme Catherine Vautrin, rapporteure, a présenté un amendement visant à instituer une forfaitisation du paiement des cotisations sociales. Cet amendement permet d’asseoir le paiement des cotisations sociales sur une assiette plus proche du revenu réel des cotisants et de limiter le décalage dans le temps des dispositifs actuels. Il ouvre par ailleurs un droit d’option évitant d’imposer cette forfaitisation aux entreprises dont le revenu est irrégulier. M. Charles de Courson s’est dit très favorable à cet amendement qui répond à une demande forte des entrepreneurs. La Commission a alors adopté cet amendement. La Commission a par ailleurs adopté un amendement de précision ainsi qu’un amendement rédactionnel, tous deux présentés par Mme Catherine Vautrin, rapporteure. M. François Sauvadet a présenté un amendement visant à avancer la date d’application des dispositions de l’article 18 à compter du 1er septembre 2003. Mme Catherine Vautrin, rapporteure, a indiqué que cette modification risquait de poser des problèmes budgétaires, et qu’elle avait elle‑même retiré un amendement allant dans ce sens. M. François Sauvadet ayant retiré son amendement, la Commission a ensuite adopté l’article 18 ainsi modifié. · Article additionnel après l’article 18 (article L. 131-6-3 [nouveau] du code de la sécurité sociale, article L. 136-5 du même code, articles L. 200-2, L. 213-1, L. 611-3 et L. 623-2 du même code) : Guichet unique pour les travailleurs non salariés non agricoles La Commission spéciale a adopté un amendement présenté par Mme Catherine Vautrin, rapporteure, visant à instituer un interlocuteur unique auquel pourront s’adresser les travailleurs non salariés des professions non agricoles. Cet amendement permet d’étendre à ce type de travailleurs la mesure prévue après l’article 6 du présent projet de loi rendant sans objet un amendement similaire présenté par M. Alain Madelin. · Article 19 (article L. 351-24 du code du travail, article 351-24-1 [nouveau] du code du travail) : Modification du dispositif d’aide à la création d’entreprise par les populations fragilisées La Commission a adopté un amendement rédactionnel de Mme Catherine Vautrin, rapporteure. M. Michel Vergnier a présenté un amendement visant étendre le dispositif EDEN aux demandeurs d’emploi depuis plus d’un an. Mme Catherine Vautrin, rapporteure, ayant indiqué que cet amendement était intéressant mais néanmoins irrecevable, M. Michel Vergnier l’a retiré. M. François Sauvadet a présenté un amendement visant à étendre le dispositif EDEN aux demandeurs d’emploi indemnisés ainsi qu’aux demandeurs d’emploi non indemnisés. Mme Catherine Vautrin, rappporteure, ayant indiqué que cet amendement était également irrecevable, il a été retiré par son auteur. MM. Michel Vergnier et Eric Besson ont ensuite présenté un amendement visant à supprimer la transformation de l’aide accordée dans le cadre du dispositif EDEN en avance remboursable. Mme Catherine Vautrin, rapporteure, a indiqué que cette transformation visait à responsabiliser les créateurs d’entreprises et à éviter tout effet d’aubaine. M. Eric Besson s’est interrogé sur l’opportunité de parler d’effet d’aubaine à propos de personnes titulaires de minima sociaux. M. Gérard Bapt, s’appuyant sur son expérience, a souligné que les allocataires sociaux ont souvent un comportement très responsable lorsqu’ils créent leur entreprise. Il a jugé choquante la transformation du dispositif EDEN en avance remboursable au regard du montant des exonérations fiscales qui sont accordées par ce texte. M. Eric Besson a souligné que l’adoption de cet amendement en commission permettrait qu’il fasse l’objet d’un débat en séance publique. M. Charles de Courson s’est interrogé sur le point de savoir s’il n’était pas possible d’instituer une avance remboursable transformable en subvention. Mme Chantal Brunel s’est dite favorable aux amendements visant à étendre le bénéfice du dispositif EDEN aux chômeurs indemnisés et non indemnisés, dans le cas où cette aide devait être transformée en avance remboursable. La commission a alors rejeté cet amendement. Elle a ensuite adopté l’article 19 ainsi modifié. TITRE IV ACCOMPAGNEMENT SOCIAL DES PROJETS |