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Document mis en distribution le 31 mars 1999 N° 1481 ______ ASSEMBLÉE NATIONALE CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958 ONZIÈME LÉGISLATURE Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 24 mars 1999 RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION DE LA PRODUCTION ET DES ÉCHANGES (1) EN NOUVELLE LECTURE, SUR LE PROJET DE LOI, MODIFIÉ PAR LE SÉNAT, APRÈS DÉCLARATION DURGENCE, dorientation agricole, PAR M. FRANÇOIS PATRIAT, PREMIÈRE PARTIE (1) La composition de cette commission figure au verso de la présente page. Assemblée nationale : 1re lecture : 977, 1058 et T.A. 191. Commission mixte paritaire : 1433. Nouvelle lecture : 1360 Sénat : 1re lecture : 18, 129, 132, 151 et T.A 62 (1998-1999). Commission mixte paritaire : 252. Agriculture. La commission de la production et des échanges est composée de : M. André Lajoinie, président ; MM. Jean-Paul Charié, Jean-Pierre Defontaine, Pierre Ducout, Jean Proriol, vice-présidents ; MM. Léonce Deprez, Christian Jacob, Daniel Paul, Patrick Rimbert, secrétaires ; MM. Jean-Pierre Abelin, Jean-Claude Abrioux, Stéphane Alaize, Damien Alary, André Angot, François Asensi, Jean-Marie Aubron, Pierre Aubry, Jean Auclair, Jean-Pierre Balduyck, Jacques Bascou, Mme Sylvia Bassot, MM. Christian Bataille, Jean Besson, Gilbert Biessy, Claude Billard, Claude Birraux, Jean-Pierre Blazy, Serge Blisko, Jean-Claude Bois, Daniel Boisserie, Franck Borotra, Christian Bourquin, Mme Danièle Bousquet, MM. François Brottes, Marcel Cabiddu, Alain Cacheux, Dominique Caillaud, André Capet, Laurent Cathala, Jean-Paul Chanteguet, Jean Charroppin, Philippe Chaulet, Jean-Claude Chazal, Daniel Chevallier, Pierre Cohen, Alain Cousin, Yves Coussain, Jean-Michel Couve, Jean-Claude Daniel, Marc-Philippe Daubresse, Philippe Decaudin, Mme Monique Denise, MM. Jacques Desallangre, Eric Doligé, François Dosé, Jean-Pierre Dufau, Dominique Dupilet, Philippe Duron, Jean-Claude Etienne, Alain Fabre-Pujol, Albert Facon, Alain Ferry, Jean-Jacques Filleul, Jacques Fleury, Nicolas Forissier, Roland Francisci, Claude Gaillard, Robert Galley, Claude Gatignol, André Godin, Alain Gouriou, Joël Goyheneix, Michel Grégoire, Gérard Grignon, Hubert Grimault, Lucien Guichon, Gérard Hamel, Patrick Herr, Claude Hoarau, Robert Honde, Claude Jacquot, Mme Janine Jambu, MM. Aimé Kergueris, Jean Launay, Thierry Lazaro, Jean-Yves Le Déaut, Patrick Lemasle, Jean-Claude Lemoine, Jacques Le Nay, Jean-Claude Lenoir, Arnaud Lepercq, René Leroux, Roger Lestas, Alain Le Vern, Félix Leyzour, Michel Liebgott, Lionnel Luca, Jean-Michel Marchand, Daniel Marcovitch, Alfred Marie-Jeanne, Alain Marleix, Daniel Marsin, Philippe Martin, Jacques Masdeu-Arus, Marius Masse, Roger Meï, Roland Metzinger, Pierre Micaux, Yvon Montané, Gabriel Montcharmont, Jean-Marie Morisset, Bernard Nayral, Jean-Marc Nudant, Jean-Paul Nunzi, Patrick Ollier, Joseph Parrenin, Paul Patriarche, François Patriat, Germinal Peiro, Jacques Pélissard, Mmes Marie-Françoise Pérol-Dumont, Annette Peulvast-Bergeal, MM. Serge Poignant, Bernard Pons, Jacques Rebillard, Jean-Luc Reitzer, Gérard Revol, Mme Marie-Line Reynaud, M. Jean Rigaud, Mme Michèle Rivasi, MM. Jean Roatta, André Santini, Joël Sarlot, Mme Odile Saugues, MM. François Sauvadet, Jean-Claude Thomas, Léon Vachet, Daniel Vachez, François Vannson, Michel Vaxès, Michel Vergnier, Gérard Voisin, Roland Vuillaume. PREMIÈRE PARTIE SOMMAIRE Pages INTRODUCTION 11 EXAMEN EN COMMISSION 13 I. DISCUSSION GÉNÉRALE 13 II. EXAMEN DES ARTICLES 17 Article 1er : Objectifs de la politique agricole 17 Article 1er bis : Conditions de représentativité des organisations syndicales agricoles 19 Article 1er ter : Rapport sur la revalorisation des retraites agricoles 20 TITRE I LES CONTRATS TERRITORIAUX DEXPLOITATION 22 Article 2 (article L. 311-3 du code rural) : Création des contrats territoriaux dexploitation 22 Article 3 (article L. 311-4 du code rural) : Création du fonds de financement des contrats territoriaux dexploitation 24 Article 4 (article L. 341-1 du code rural) : Articulation des aides publiques avec les contrats territoriaux dexploitation 25 Article 5 (article L. 313-1 du code rural) : Reconnaissance dun pouvoir davis aux commissions départementales dorientation de lagriculture (CDOA). Composition des CDOA 27 TITRE II ENTREPRISES AGRICOLES, FISCALITÉ ET PERSONNES 29 CHAPITRE IER LENTREPRISE AGRICOLE 29 Article 6 A (nouveau) : Charges déductibles du bénéfice imposable en cas de transmission à un jeune agriculteur 30 Article 6 B (nouveau) : Exonération des plus-values en cas de transmission à titre gratuit dexploitations agricoles 31 Article 6 C (nouveau) : Régime fiscal des stocks et de la déduction pour investissement des exploitations soumises à limpôt sur les sociétés 31 Article 6 D (nouveau) : Exonération des plus-values réalisées en cas de transmission dexploitation à un jeune agriculteur 32 Article 6 (article L. 311-1 du code rural) : Définition des activités agricoles 32 Article 7 (article L. 311-2 du code rural) : Registre de lagriculture 33 Article 7 bis (article L. 311-5 du code rural) : Définition de lexploitant agricole 34 Article 7 ter (nouveau) (article L. 311-6 du code rural) : Définition de lexploitation agricole 35 Article 7 quater (nouveau) : Travaux de déneigement 35 Après larticle 9 37 Article 10 ter (article L. 411-57 du code rural) : Reprise dune parcelle par le bailleur pour construire une maison dhabitation 37 Article 10 quater (nouveau) (article L. 411-64 du code rural) : Renouvellement du bail pour le preneur ayant des enfants à charge 37 Article 12 : Assurance-récolte 38 Article 12 bis : Insaisissabilité partielle des revenus provenant de lactivité agricole 39 Article 12 ter : Insaisissabilité du logement dun agriculteur 40 CHAPITRE II LORIENTATION DES STRUCTURES DES EXPLOITATIONS AGRICOLES 41 Section 1 : Les éléments de référence et la politique dinstallation 41 Article 14 (article L. 330-1 du code rural) : Dispositions relatives à la politique dinstallation 41 Article 15 (article L. 330-2 du code rural) : Notification préalable des départs à la retraite 42 Article 15 bis (nouveau) : Préretraite des agriculteurs 43 Section 2 : Le contrôle des structures des exploitations agricoles 44 Article 16 : Réforme du contrôle des structures 44 Article L. 331-1 du code rural : Portée et objectifs du contrôle 45 Article L. 331-2 du code rural : Opérations soumises à autorisation préalable 45 Article L. 331-3 du code rural : Critères dexamen des demandes 49 Article L. 331-4 du code rural : Péremption de lautorisation dexploiter 50 Article L. 331-5 du code rural : Communication des informations nécessaires au contrôle des structures 50 Article L. 331-6 du code rural : Nullité du bail en cas dexploitation irrégulière 50 Article L. 331-7 du code rural : Sanction administrative en cas de non-respect de la réglementation du contrôle des structures 50 Article L. 331-8 du code rural : Contestation de la sanction 51 Article L. 331-9 du code rural : Suppression des aides publiques à caractère économique 51 Article L. 331-10 du code rural : Poursuite de la mise en valeur du fonds 51 Article L. 331-11 du code rural : Décret en Conseil dEtat 51 Après larticle 17 52 CHAPITRE III STATUT DES CONJOINTS TRAVAILLANT DANS LES EXPLOITATIONS OU LES ENTREPRISES ET DES RETRAITÉS AGRICOLES NON SALARIÉS 52 Article 18 (article L. 321-5 du code rural) : Création du statut de conjoint collaborateur 52 Article 22 (article 1121-5 du code rural) : Revalorisation des retraites 53 Article 22 bis (nouveau) (article 1122-9 du code rural) : Montant minimum de retraite de réversion pour les ressortissants du régime agricole 53 Article 22 ter (nouveau) (article L. 815-2 du code de la sécurité sociale) : Evaluation des successions et bénéfice du Fonds de solidarité vieillesse 54 Article 24 (article 1003-12 du code rural) : Cotisations sociales pour les nouveaux installés 54 Article 24 bis (nouveau) : Exonération de cotisations sociales pour les jeunes agriculteurs 55 Article 26 bis (nouveau) (article 1143-7 du code rural) : Limitation de la cessibilité et de la saisissabilité des pensions et rentes des non salariés agricoles 56 CHAPITRE IV LEMPLOI SALARIÉ 56 Article 27 (article 1000-6 du code rural) : Création du titre emploi simplifié agricole 56 Article 27 bis (article L. 127-10 du code du travail) : Limitation des déplacements des salariés agricoles dans le cadre de travaux effectués pour des groupements demployeurs 57 Article 27 ter (nouveau) : Rapport sur le développement de lemploi en commun entre collectivités locales et employeurs du secteur privé 58 Article 28 (article 1000-7 du code rural) : Création au niveau des départements de comités dactivités sociales et culturelles 59 Article 29 (article L. 231-2-1 du code du travail) : Création de comités dhygiène et de sécurité en agriculture 59 Article 29 ter : Création de lobservatoire de lemploi salarié en agriculture 60 Article 29 quater A (nouveau) (article 1031-4 du code rural) : Application des dispositions de larticle L. 241-10 du code de la sécurité sociale aux aides ménagères du milieu rural 61 Article 29 quater B (nouveau) (article L. 511-4-1 du code rural) : Personnels des chambres dagriculture 61 TITRE II BIS FONCTIONNEMENT DES ORGANISMES DE MUTUALITÉ SOCIALE AGRICOLE 63 Article 29 quater : Renforcement du contrôle de lEtat sur les organismes de la mutualité sociale agricole 63 Article 29 quinquies A (nouveau) : Mise en place dun conseil de surveillance auprès de la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole 64 Article 29 quinquies (article 1002-3-1 du code rural) : Circonscription territoriale des organismes de la mutualité sociale agricole 64 Article 29 sexies (articles 1002-4 et 1011 du code rural) : Convention dobjectifs et de gestion. Institution dun commissaire du gouvernement auprès de la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole 65 Article 29 nonies (nouveau) (article 1060 du code rural) : Affiliation à la mutualité sociale agricole des mandataires des assurances mutuelles agricoles 66 Article 29 decies (nouveau) (article L. 171-3 du code de la sécurité sociale) : Affiliation des pluriactifs 66 Article 29 undecies (nouveau) (article 1002-2 du code rural) : Alignement du régime fiscal des caisses de mutualité sociale agricole sur celles du régime général. Taxe de publicité foncière 67 Article 29 duodecies (nouveau) (article 1010 du code rural) : Composition du conseil dadministration des caisses de mutualité sociale agricole sétendant sur plusieurs départements 67 Article 29 terdecies (nouveau) (article 1149 du code rural) : Simplification de la procédure de gestion pour les caisses de mutualité sociale agricole 67 Article 29 quaterdecies (nouveau) (article 1240-1 du code rural) : Présidence du comité dentreprise dun organisme de mutualité sociale agricole 68 TITRE III ORGANISATION ÉCONOMIQUE 69 CHAPITRE IER COOPÉRATION AGRICOLE ET ORGANISATION DE LA PRODUCTION 69 Article 30 A (articles L. 551-1, L.551-2 et L. 552-1 du code rural) : Organisations de producteurs reconnues et comités économiques agricoles 69 Article 30 bis (article 72 D du code général des impôts) : Déduction fiscale pour acquisition ou production de stocks à rotation lente ou pour souscription de parts sociales de sociétés coopératives agricoles 69 Article 31 bis (nouveau) (article L. 525-1 du code rural) : Retrait dagrément des sociétés coopératives agricoles 70 Article 32 (article L. 528-1 du code rural) : Conseil supérieur dorientation de la coopération agricole 70 CHAPITRE IER BIS OFFICES DINTERVENTION 71 Article 32 bis (articles L. 621-1 et L. 621-3 du code rural) : Offices dintervention 71 Article additionnel après larticle 32 bis : Extension des compétences de lOFIMER à la pêche professionnelle en eau douce 71 CHAPITRE II ORGANISATION INTERPROFESSIONNELLE 72 Article 33 A (nouveau) : Comité des fruits à cidre et des productions cidricoles 72 Article 33 (articles L. 632-1 et L. 632-2 du code rural) : Statut et prérogatives des organisations interprofessionnelles 73 article L. 632-1 du code rural : Statut des organisations interprofessionnelles 73 article L. 632-2 du code rural : Prérogatives des organisations interprofessionnelles 75 Article 34 (articles L. 632-3 et L. 632-4 du code rural) : Extension des accords interprofessionnels 75 CHAPITRE III COMPOSITION DU CONSEIL SUPÉRIEUR DORIENTATION 76 Article 38 (article L. 611-1 du code rural) : Modification de la composition du Conseil supérieur dorientation 76 CHAPITRE IV CRÉATION DUN CONSEIL SUPÉRIEUR DES EXPORTATIONS AGRICOLES ET ALIMENTAIRES 76 Article 38 bis : Création du Conseil supérieur des exportations agricoles et alimentaires 76 Article 38 ter : Missions assignées au Conseil supérieur des exportations agricoles et alimentaires 77 Article 38 quater (nouveau) : Rapport sur lintégration du commerce et de la production 77 TITRE IV QUALITÉ, IDENTIFICATION ET SÉCURITÉ DES PRODUITS 79 Article 39 (article L. 640-2 du code rural) : Signes didentification et emploi des termes « fermier », « montagne » et « produit pays » 82 Article 40 B (nouveau) (article L. 641-2 du code rural) : Reconnaissance des AOC 83 Article 40 C (nouveau) (articles L. 641-3 et L. 641-4 du code rural) : Définition des AOC et dispositions transitoires 85 Article L. 641-3 du code rural : Définition des AOC 85 Article L. 641-4 du code rural : Dispositions transitoires 86 Article 40 (articles L. 641-5 à L. 641-7, L. 641-14 à L. 641-17, L. 641-21, L. 641-22 et L. 641-24 du code rural) : Organisation de lINAO et réaménagement du régime des AOC 86 Article L. 641-5 du code rural : Organisation de lINAO 87 Article L. 641-6 du code rural : Attributions de lINAO en matière dappellation dorigine et dIGP 87 Article L. 641-7 du code rural : Moyens financiers de lINAO 89 Article L. 641-14 du code rural : Accès des vins de table à la catégorie des AOC et des VDQS 90 Article L. 641-15 du code rural : Conditions de production des AOC 90 Article L. 641-16 du code rural : Contingents de plantation nouvelle et droits de replantation de VQPRD 91 Article L. 641-21 du code rural : Coordination et protection commerciale 91 Article L. 642-1 du code rural : Limitation de laccès aux IGP aux produits sous label agricole ou certification de conformité 92 Article L. 642-2 du code rural : Contrôle des organismes certificateurs agréés 92 Article 40 bis A (nouveau) : Ventes directes sur le marché local 92 Article 40 bis (article L. 112-1 (nouveau) du code de la consommation) : Etiquetage des produits bénéficiant dune AOC 93 Article 40 ter (article L. 112-2 (nouveau) du code de la consommation) : Création du logo « appellation dorigine contrôlée » 94 Article 40 quater (section 6 (nouvelle) du chapitre Ier du titre IV du livre VI (nouveau) du code rural) : Statut des syndicats de producteurs de produits dAOC 95 Articles 41 bis : Utilisation de lindication dorigine ou de provenance et des mentions géographiques 95 Article 42 (articles L. 644-2, L. 644-3 et L. 644-4 du code rural) : Appellation montagne 96 Article 42 bis : Création dun fonds de valorisation et de communication 98 Article 43 bis : Mise en bouteille des vins dAOC 99 Article 43 ter (chapitre VI (nouveau) du titre X du livre II du code rural) : Mise en place dune surveillance biologique du territoire 100 Article 364 bis (nouveau) du code rural : Surveillance des végétaux Création dun comité de biovigilance Renforcement des pouvoirs dinspection et de contrôle des agents habilités 100 Article 364 ter (nouveau) du code rural : Obligations des différents acteurs Traçabilité des produits Registre des modifications Collecte des données Rapport dactivité 101 Article 364 quater (nouveau) : Sanctions pénales 102 Article 43 quater (nouveau) : Protection des végétaux 102 Article 43 quinquies (nouveau): Produits phytosanitaires 102 Article 43 sexies (nouveau): Contrôle des fertilisants et des supports de cultures 103 Article 44 (articles 276-4 et 340-1 du code rural) : Identification des équidés 103 Article 44 bis (articles 215, 235, 253-1, 253-2 et L. 653-15 du code rural) : Contrôle des élevages - Suivi sanitaire des abattoirs - Pouvoirs des agents de ladministration 104 Article 44 ter (articles 254, 255-1, 256 et 338 du code rural) : Mesures relatives aux anabolisants 105 Article 44 quater A (nouveau) (articles L. 607, L. 617-3-1 et L. 617-18 du code de la santé publique) : Mesures relatives aux médicaments homéopathiques vétérinaires 106 Article 44 quater B (nouveau) (article 214-1-1 du code de la consommation) : Procédure de traçabilité 106 Article 44 quater : Mesures relatives au renforcement de la qualité sanitaire des denrées 106 Article 44 quinquies (nouveau) (article 285 du code rural) : Rhino-trachéite infectieuse 108 Article 44 sexies (nouveau) : Réactifs vétérinaires 108 TITRE V GESTION DE LESPACE AGRICOLE ET FORESTIER 109 Article 45 (articles L. 111-1 et L. 111-2 du code rural) : Prise en compte des fonctions économique, environnementale et sociale de lespace agricole et forestier 109 Article 45 bis A (nouveau) (article L. 111-3 (nouveau) du code rural) : Règle déloignement des habitations par rapport aux bâtiments agricoles 109 Article 45 bis B (nouveau) (article 7 de la loi n° 76-663 du 19 juillet 1976) : Règles applicables aux installations classées soumises à autorisation 111 Article 45 bis (article 16-1 de la loi n° 76-663 du 19 juillet 1976) : Petites carrières de marne 111 Article 46 (article L. 112-1 du code rural) : Document départemental de gestion de lespace agricole et forestier 112 Article 47 (article L. 112-2 du code rural) : Zones agricoles protégées 113 Article 47 bis A (nouveau) (article L. 146-4 du code de lurbanisme) : Dérogation en faveur des constructions et installations agricoles ou forestières implantées à lécart des zones habitées du littoral 113 Article 47 bis (article L. 142-3 du code de lurbanisme) : Délimitation des zones de préemption 114 Article 48 (article L. 112-3 du code rural) : Réduction des espaces agricoles et forestiers 114 Article 49 bis A (nouveau) (article L. 142-5 du code rural) : Suspension et prolongation du délai de détention des biens acquis par les SAFER 115 Article 49 bis (article L. 141-1 du code rural) : Missions des SAFER 116 Article 50 bis A (nouveau) (article L. 253-1-1 (nouveau) du code rural) : Action des personnes publiques et des organisations professionnelles représentatives en matière de protection de la nature 117 Article 50 bis (articles L. 135-3-1 et L. 136-7-1 (nouveaux), L. 135-4 et L. 136-8 du code rural) : Associations foncières pastorales et agricoles 117 Article 50 quater (nouveau) (articles L. 121-25 et L. 121-26 (nouveau) du code rural) : Constatation de notoriété en cas dusucapion pour des petites parcelles 118 Article 50 quinquies (nouveau) (article L. 123-17 du code rural) : Saisine de la commission départementale daménagement foncier en cas de changement daffectation dune parcelle agricole comprise dans un périmètre daménagement foncier 119 Article 50 sexies (nouveau) : Rapport sur lorganisation en ordre professionnel de la profession dexpert agricole et foncier et dexpert forestier 120 TITRE VI FORMATION DES PERSONNES, DÉVELOPPEMENT AGRICOLE, RECHERCHE AGRONOMIQUE ET VÉTÉRINAIRE 121 Article 51 (article L. 811-1 du code rural) : Principes et missions de lenseignement et de la formation professionnelle agricoles publics 121 Article 52 (article L. 811-2 du code rural) : Architecture générale de lenseignement et de la formation professionnelle agricoles publics 122 Article 52 bis (nouveau) (article 8 de la loi n° 71-577 du 16 juillet 1971) : Diplômes de lenseignement technologique 122 Article 53 (article L. 811-8 du code rural) : Création des établissements publics locaux denseignement et de formation professionnelle agricoles 123 Article 54 (article L. 811-10 du code rural) : Identification du directeur régional de lagriculture et de la forêt comme autorité académique 124 Article 54 bis (nouveau) (article L. 811-11 du code rural) : Ecoles spécialisées sous la responsabilité de lEtat 125 Article 55 (article L. 812-1 du code rural) : Principes, missions et architecture générale de lenseignement supérieur agricole public 125 Article 56 (article L. 812-3 du code rural) : Administration des établissements denseignement supérieur agricole public 126 Article 57 (article L. 812-5 du code rural) : Création de groupements dintérêt public par les établissements publics denseignement supérieur agricole 126 Article 58 (article L. 813-1 du code rural) : Principes et missions de lenseignement et de la formation professionnelle agricoles privés 127 Article 59 (article L. 813-1 du code rural) : Architecture générale de lenseignement et de la formation professionnelle agricoles privés 127 Article 59 bis (nouveau) (article L. 814-1 du code rural) : Composition du Conseil national de lenseignement agricole 129 Article 60 (article L. 814-2 du code rural) : Schéma prévisionnel national des formations de lenseignement agricole 129 Article 61 (article L. 814-4 du code rural) : Coordination 129 Article 62 bis (article L. 811-4-1 du code rural) : Création de linspection de lenseignement agricole 130 Article 63 (articles L. 820-1 à L. 820-5 du code rural) : Développement agricole 130 Article 64 (article L. 830-1 du code rural) : Recherche agronomique et vétérinaire 131 Article 64 bis (nouveau) (article 309 du code rural) : Accès à la profession de vétérinaire 131 Article 64 ter (nouveau) (article 1er de la loi n° 82-899 du 20 octobre 1982) : Reconnaissance mutuelle des diplômes de vétérinaire 131 TITRE VII DISPOSITIONS DIVERSES 133 Article 65 : Présentation dun rapport sur ladaptation de la fiscalité agricole et sur les charges comparées des différentes catégories dactifs ruraux 133 Article 66 (nouveau) (article L. 221-3-1 du code forestier) : Centres régionaux de la propriété forestière 134 Article 67 (nouveau) : Dévolution des biens de la Société interprofessionnelle des oléagineux, protéagineux et cultures textiles 135 Après larticle 67 135 DEUXIÈME PARTIE TABLEAU COMPARATIF 137 AMENDEMENTS NON ADOPTÉS PAR LA COMMISSION 339 LAssemblée nationale est saisie en nouvelle lecture du projet de loi dorientation agricole après léchec de la commission mixte paritaire réunie le 4 mars 1999. Alors que la discussion initiale de ce projet de loi semblait devoir permettre des innovations utiles au monde agricole, des désaccords sensibles se sont exprimés entre les deux assemblées, sagissant de la représentativité des organisations agricoles, de la transmission des exploitations ou encore de lenseignement agricole privé. Trente deux articles du projet de loi ont été adoptés sans modification par la seconde chambre, la discussion au Sénat ayant permis par ailleurs quelques avancées significatives. Pour cette nouvelle lecture, la commission de la production et des échanges propose quil soit procédé, sur plusieurs articles essentiels, au retour au texte adopté par lAssemblée nationale en première lecture. Ceci concerne plus particulièrement la définition des contrats territoriaux dexploitation et la nécessité de conjuguer modulation et plafonnement des aides allouées aux exploitants, afin de mieux les redistribuer, et le contrôle des structures. La commission vous propose également dadopter de nouvelles modalités de reconnaissance des indications géographiques protégées, dont la réforme est attendue ; la solution proposée concilie les intérêts en présence. De même, plusieurs amendements ont été adoptés pour corriger des dispositions contestées en matière dappellation dorigine vinicole. Des progrès sociaux réels sont prévus enfin, tant en matière de protection sociale des exploitants que pour le statut des salariés agricoles. Le projet de loi dorientation agricole, qui était largement attendu, rencontre dores et déjà un écho favorable auprès du monde agricole, notamment des jeunes. Votre rapporteur souhaite que les décisions qui doivent intervenir parallèlement sur la réforme de la politique agricole commune contribuent elles aussi profondément à favoriser le développement rural. Il souhaite également que la meilleure prise en compte de la dimension territoriale de la politique agricole, au cur du projet de loi, ne fasse pas oublier les exigences lourdes du dynamisme économique et de la compétitivité. Ces différentes mesures devraient permettre daller vers un objectif auquel nous tenons tous, le renforcement de notre agriculture et lamélioration du sort de tous ceux qui en vivent. EXAMEN EN COMMISSION La commission a examiné, en nouvelle lecture, sur le rapport de M. François Patriat, le projet de loi, modifié par le Sénat, après déclaration durgence, dorientation agricole (n° 1360). M. François Patriat, rapporteur, a rappelé tout dabord que le texte du projet de loi dorientation agricole comportait initialement 64 articles et quil en comptait désormais 150 après son examen par lAssemblée nationale et le Sénat en première lecture, 32 articles ayant été adoptés conformes par le Sénat. Il a rappelé que la commission mixte paritaire navait pu aboutir, en dépit de débats fructueux ; en létat, le projet de loi comporte de réelles avancées par exemple sur le rôle des Sociétés daménagement foncier et détablissement rural (SAFER) et de lInstitut national des appellations dorigine (INAO), en matière de biovigilance ou encore de contrôle de la qualité. Lors de la réunion de la commission mixte paritaire, des désaccords très nets se sont exprimés aussi bien sur la représentativité des organisations syndicales que sur les indemnités compensatrices de handicap pour les zones de montagne et défavorisées ou lenseignement supérieur agricole privé. Le projet de loi semble bien accueilli par le monde agricole, notamment par les jeunes et plus largement par lensemble de la population, essentiellement parce quil prend en compte la dimension humaine et territoriale de lagriculture. Le Sénat a procédé à un examen approfondi du projet de loi, lui apportant des améliorations significatives. Le rapporteur a suggéré néanmoins quil soit procédé sur plusieurs articles au rétablissement du texte adopté par lAssemblée nationale en première lecture. Après lintervention de M. Paul Patriarche et du rapporteur, la commission a rejeté lexception dirrecevabilité et la question préalable, présentées par M. José Rossi et les membres du groupe Démocratie Libérale et Indépendants. M. Christian Jacob, sexprimant au nom de son groupe et déclarant ne pas partager lanalyse du rapporteur, a indiqué quil souhaitait adopter une attitude constructive pour lexamen par la commission, en nouvelle lecture, du projet de loi. Considérant que les modifications apportées par le Sénat à ce texte avaient permis daboutir à un compromis entre les deux assemblées, il sest opposé au retour à la rédaction adoptée par lAssemblée nationale en première lecture. M. François Sauvadet a relevé que le nouvel examen du projet de loi par lAssemblée nationale intervenait au moment où les négociations entre membres de la Communauté européenne sur le projet de réforme de la politique agricole commune suscitaient de vives inquiétudes parmi les agriculteurs. Il a contesté les méthodes de travail de la commission, empreintes de précipitation, alors que le Conseil européen des chefs dEtat et de gouvernement se réunissait le lendemain, notamment pour examiner les problèmes de réforme de la politique agricole commune. Il a par ailleurs regretté le caractère procédurier avec lequel a été conduite la réunion de la commission mixte paritaire ; son échec est le reflet de la volonté de la majorité de ne pas aboutir à un compromis, alors que les propositions du Sénat répondaient aux attentes des professionnels. Il a souhaité que les ajouts du Sénat relatifs au volet fiscal, à la transmission et à la notion dexploitant agricole, soient repris par lAssemblée nationale en nouvelle lecture. Il a enfin rappelé que les agriculteurs sinquiétaient des conditions de financement des contrats territoriaux dexploitation. M. Joseph Parrenin a considéré que cette étape dune nouvelle lecture du projet de loi aurait pu être évitée, si la majorité de lAssemblée nationale navait pas été confrontée à la stratégie dune opposition qui a voulu marquer sa différence. Il a rappelé que le projet de la loi dorientation agricole était particulièrement bien perçu par les agriculteurs. Il a estimé que létat davancement des négociations sur la réforme de la PAC renforçait encore limportance du texte, qui vise à fixer lagriculture sur le territoire et à défendre lexistence des petites exploitations. M. Jean-Michel Marchand a constaté que la vision du devenir de lagriculture dégagée par lAssemblée en première lecture du projet de loi a été soutenue par le Gouvernement au cours des négociations sur la réforme de la PAC. Sagissant de la référence à la « traçabilité » des produits alimentaires, à laquelle sont attachés les députés membres de son groupe, il sest réjoui que plusieurs grandes surfaces appliquent déjà par elles-mêmes ce principe de « précaution ». Il a enfin insisté sur le problème de la mise sur le marché de semences stérilisées de la deuxième génération. M. Félix Leyzour, relevant que le texte avait été sérieusement modifié lors de son examen par le Sénat, a considéré quil incombait désormais à lAssemblée nationale den rétablir lesprit. Il a également souligné que le projet de loi ne réglerait pas lensemble des problèmes auxquels était confronté le monde agricole, beaucoup dépendant des résultats des négociations en cours sur la réforme de la PAC. Article 1er Objectifs de la politique agricole Traditionnel dans les lois dorientation agricole, larticle 1er a pour objet de définir les objectifs de la politique agricole, en fonction dun certain état de léconomie, des marchés, ainsi que des attentes de la société. Tout en en conservant lesprit, le Sénat a modifié sur plusieurs points le texte adopté par lAssemblée nationale en première lecture. Outre quelques améliorations rédactionnelles, il a complété ainsi la liste des objectifs de la politique agricole : le renforcement de la capacité exportatrice agricole et alimentaire de la France doit sappuyer sur des entreprises dynamiques ; la mise en valeur des productions de matières premières dans le but de diversifier les débouchés de la production agricole doit viser également les productions non alimentaires et non les seules productions à vocation énergétique ; la politique agricole doit sassigner comme objectif le maintien de conditions favorables à lexercice de lactivité agricole dans les zones de montagne conformément aux dispositions de larticle L. 113-1 du code rural ; la préservation des ressources naturelles et de la biodiversité ainsi que lentretien des paysages prennent place parmi les objectifs de la politique agricole ; toutefois, a suggéré le Sénat, léquilibre économique des exploitations ne doit pas être mis en péril par les obligations qui en découlent, notamment en matière de préservation de la faune sauvage ; le renforcement de la recherche agronomique et vétérinaire doit sopérer dans le respect des animaux et de leur santé ; la coexistence dans le monde rural, entre les agriculteurs et les autres actifs doit se faire dans le respect dune concurrence loyale entre les différents secteurs économiques ; la forêt enfin fait partie intégrante de la politique agricole. Le Gouvernement a émis un avis favorable à ladoption de ces diverses dispositions, se montrant toutefois réservé sur la formule retenue pour la politique forestière, un projet de loi spécifique devant être prochainement examiné par le Parlement. Lors de son examen en nouvelle lecture de larticle 1er du projet de loi, la commission a rejeté un amendement de M. Félix Leyzour proposant de rétablir la rédaction retenue par lAssemblée nationale en première lecture sagissant de la préférence communautaire, le rapporteur ayant indiqué que, dans le libellé du Sénat dont il suggérait le maintien, la référence à la préférence communautaire était bien conservée. La commission a ensuite adopté un amendement du rapporteur à caractère rédactionnel (amendement n° 4). Elle a rejeté un amendement de M. Félix Leyzour proposant de ne pas mentionner la nécessité dune concurrence loyale entre les différentes catégories dactifs ruraux introduite par le Sénat, le rapporteur ayant estimé que cette référence devait être conservée. La commission a procédé ensuite à lexamen en discussion commune de deux amendements relatifs aux questions forestières. Alors que le texte transmis par le Sénat indiquait que « la forêt fait partie intégrante de la politique agricole », M. François Sauvadet a proposé dajouter les mots : « mais fait lobjet de dispositions forestières spécifiques », le rapporteur a suggéré quil soit indiqué que « la politique forestière participe de la politique agricole ». M. François Brottes a souligné lintérêt de prévoir à larticle 1er une disposition sur la forêt, étant donné limportance de lensemble de cette filière pour de nombreuses régions françaises et a fait part de son soutien à lamendement présenté par M. François Patriat. M. François Sauvadet a indiqué que la forêt était une composante essentielle de lespace rural et agricole et que lintervention dun texte spécifique sur les questions forestières répondrait à une demande forte de la profession. M. Christian Jacob sest prononcé en faveur de lamendement de M. François Sauvadet estimant que la rédaction proposée par le rapporteur risquait de poser à lavenir le problème de la tutelle des questions forestières, alors quil convient de laisser celle-ci au ministère de lagriculture. La commission a ensuite adopté lamendement de M. François Patriat (amendement n° 5), lamendement présenté par M. François Sauvadet devenant sans objet. La commission a adopté larticle 1er ainsi modifié. Article 1er bis Conditions de représentativité des organisations syndicales agricoles Cet article a été adopté en première lecture par lAssemblée nationale qui avait prévu que lensemble des organisations syndicales dexploitants agricoles remplissant les conditions fixées par décret en Conseil dEtat sont représentées au sein des commissions où siègent des représentants des exploitants agricoles ainsi que dans les organes délibérants des comités professionnels, interprofessionnels ou organismes investis dune mission de service public. Le Sénat a prévu à linverse de fixer les critères de représentativité des organisations syndicales agricoles dans le texte même de la loi, retenant sur ce point la rédaction du décret de février 1990 sur la composition des offices dintervention agricoles. La commission a procédé sur cet article à lexamen en discussion commune de deux amendements, lun de M. Félix Leyzour, lautre du rapporteur portant sur le I de larticle. M. Félix Leyzour a proposé de rétablir le texte adopté par lAssemblée nationale en première lecture, précisant que, dans les organismes où siègent des représentants des exploitants agricoles, les organisations syndicales « qui remplissent des conditions fixées par décret en Conseil dEtat sont représentées ». Le rapporteur a fait valoir que son amendement poursuivait le même objectif, prévoyant simplement, pour donner une souplesse utile à cette disposition, den exclure les organisations interprofessionnelles et indiquant que les organisations syndicales considérées comme représentatives « ont vocation à être représentées ». La commission a adopté lamendement du rapporteur (amendement n° 6), après que M. Félix Leyzour eut retiré le sien. Elle a ensuite adopté larticle 1er bis ainsi modifié. Article 1er ter Rapport sur la revalorisation des retraites agricoles Cet article prévoit le dépôt par le Gouvernement dun rapport au Parlement sur la revalorisation des retraites agricoles. En première lecture, lAssemblée nationale avait ainsi prévu que ce rapport, qui devait être déposé avant le 31 mars 1999, devait décrire, catégorie par catégorie, lévolution à imprimer aux retraites agricoles au cours de la période allant du 30 juin 1997 au 30 juin 2002. Un développement particulier devait être consacré aux mesures envisagées pour revaloriser les plus faibles pensions, leffort étant plus important au début de la période. A linitiative de sa commission des affaires sociales, le Sénat a modifié sensiblement, essentiellement sur un plan rédactionnel, le dispositif prévu par lAssemblée nationale. Le Sénat a ainsi retenu pour le dépôt du rapport une date plus tardive (le 30 juin 1999) et estimé que la revalorisation des plus faibles pensions ne pouvait être lunique objectif de ce rapport, lequel devait viser également une simplification du mécanisme de calcul des différentes pensions de retraite, afin tout particulièrement den améliorer la lisibilité pour les assurés. Le Sénat a demandé également que le rapport présente concrètement les modalités de financement des mesures de revalorisation proposées. Il a demandé enfin que les auteurs du rapport procèdent à une expertise technique concernant la création dun régime de retraite complémentaire obligatoire pour les non salariés agricoles, ce qui permettrait aux intéressés de se constituer une retraite complète. Lors des débats au Sénat en première lecture, le Gouvernement a rappelé quil sétait engagé à mettre en oeuvre un plan de revalorisation pluriannuel des retraites, en particulier des plus basses dentre elles, deux étapes ayant été déjà accomplies dans les lois de finances pour 1998 et 1999. Lors de lexamen par la commission du projet de loi en nouvelle lecture, le rapporteur a présenté un amendement rétablissant le texte adopté par lAssemblée nationale en première lecture, sous réserve dune modification portant sur le délai du dépôt du rapport du Gouvernement sur la revalorisation des retraites agricoles, porté à « trois mois à compter de la publication de la présente loi ». M. Félix Leyzour a présenté un amendement indiquant que la revalorisation pluriannuelle des retraites prévue dans le rapport gouvernemental devrait comporter « un effort plus important » au début de la période correspondante. M. Félix Leyzour ayant eu lassurance quune telle disposition était retenue dans lamendement du rapporteur, a retiré son amendement. La commission a ensuite adopté lamendement du rapporteur (amendement n° 7) puis larticle 1er ter ainsi modifié. LES CONTRATS TERRITORIAUX DEXPLOITATION Article 2 (article L. 311-3 du code rural) Création des contrats territoriaux dexploitation Le Sénat a apporté plusieurs modifications sensibles à cet article au coeur du projet de loi : outre une modification de la structuration de larticle 2, le Sénat a ainsi prévu que le contrat territorial dexploitation : a pour objectif dinciter les exploitations agricoles à développer ou à poursuivre un projet économique global ; concerne lensemble de lactivité de lexploitation, à lexception des points régis par les dispositions découlant des organisations communes de marchés ainsi que des mesures de compensation de handicap naturel permanents, notamment celles relatives aux surcoûts des exploitations situées en zones de montagne ; porte sur les orientations de production de lexploitation, y compris les petites espaces boisés présents et à venir des propriétés agricoles, dans le but datteindre un niveau élevé de sécurité sanitaire, de qualité et de diversité... doit participer au développement de projets collectifs de production agricole ou de gestion locale du territoire ; fait lobjet dune information au préalable du propriétaire des fonds. Lors des débats au Sénat, le Gouvernement a exprimé un avis clairement défavorable aux dispositions introduites par le Sénat sur les indemnités compensatrices de handicap naturel, sur lobligation prévue pour les CTE de participer à des projets collectifs de production agricole ou de gestion locale du territoire ainsi que sur linformation préalable des propriétaires. Il a en revanche suggéré, cette proposition ayant été retenue par le Sénat, que le préfet « arrête » et non plus « élabore » un ou plusieurs contrats types dexploitation, cette nouvelle rédaction donnant la possibilité dune concertation entre les parties prenantes. Lors de ses débats sur larticle 2, la commission a procédé à lexamen en discussion commune de deux amendements présentés lun par le rapporteur, lautre par M. Félix Leyzour proposant une rédaction globale de larticle 2. Le rapporteur a indiqué que son amendement avait pour objet de rétablir pour lessentiel le texte adopté par lAssemblée nationale en première lecture tout en maintenant la modification apportée par le Sénat concernant le rôle du préfet, chargé désormais non plus délaborer, mais darrêter un ou plusieurs contrats types dexploitation. MM. François Sauvadet et Christian Jacob ont estimé que cette dernière proposition traduisait un « durcissement » du dispositif mis en place par larticle 2 du projet de loi, ce quont contesté le rapporteur et M. Joseph Parrenin qui ont estimé à linverse que cette nouvelle rédaction permettrait une meilleure concertation. M. Jean-Claude Chazal a déploré que lamendement du rapporteur ne fasse pas référence aux indemnités compensatrices de handicap naturel (ICHN) essentielles à la survie de nos zones de montagne et défavorisées. M. Christian Jacob et M. François Sauvadet ont insisté sur les risques de labsence de dispositions sur les ICHN, soulignant que cela fragilisait considérablement la politique de la montagne. M. Félix Leyzour a présenté un autre amendement proposant à linverse de supprimer la disposition introduite par le Sénat sur les mesures de compensation de handicap naturel permanent. Le rapporteur a estimé quil nétait pas souhaitable de se priver pour demain de linclusion des ICHN dans les contrats territoriaux dexploitation. M. Christian Jacob a déclaré craindre que, dans lavenir précisément, il ne devienne indispensable de souscrire un CTE pour pouvoir bénéficier des indemnités de compensation des handicaps. M. Jean-Claude Chazal a insisté sur le fait quil doit être clairement précisé que les ICHN doivent demeurer distinctes de la technique des CTE. Après une suspension de séance demandée par M. Joseph Parrenin, M. Jean-Claude Chazal a proposé un sous-amendement complétant le troisième alinéa de larticle 313-3 du code rural, précisant que le CTE concerne lensemble de lactivité de lexploitation agricole, à lexception des points régis par les dispositions découlant des organisations communes de marchés agricoles « et sans porter préjudice aux mesures de compensation de handicap naturel permanent, notamment celles relatives aux surcoûts des exploitations situées en zones de montagne ». La commission a adopté le sous-amendement de M. Jean-Claude Chazal, le rapporteur ayant émis un avis défavorable, puis lamendement de rédaction globale du rapporteur ainsi modifié (amendement n° 8). Trois amendements de M. Félix Leyzour proposant une rédaction globale de larticle 2, supprimant les références introduites par le Sénat aux ICHN et aux « petits espaces boisés présents et à venir des propriétés agricoles » ainsi quun amendement de M. Jean-Michel Marchand sont devenus sans objet. Article 3 (article L. 311-4 du code rural) Création du fonds de financement des contrats territoriaux dexploitation Le Sénat a adopté un amendement supprimant une disposition issue de la rédaction de lAssemblée nationale, précisant que le « fonds de financement des contrats territoriaux dexploitation a pour vocation de regrouper notamment les crédits destinés à la gestion territoriale de lespace agricole et forestier ainsi que ceux destinés aux contrats territoriaux dexploitation, à lexception des concours éventuels des régions et des départements ». Les sénateurs ne jugeant pas utile de préciser laffectation des dépenses du fonds et voulant avant tout exclure lobligation pour les collectivités territoriales de contribuer à ce nouveau fonds, ont préféré quaucune précision ne soit apportée dans le texte même de la loi. Le Gouvernement ne sest pas déclaré opposé à cet amendement de suppression, puisquen toute hypothèse, il ne remettait pas en cause le caractère de fonds dEtat de ce fonds de financement, excluant ainsi les crédits de lUnion européenne comme ceux des collectivités locales. La commission a adopté cet article sans modification. Article 4 (article L. 341-1 du code rural) Articulation des aides publiques avec les contrats territoriaux dexploitation Le Sénat a modifié très sensiblement les dispositions du I de larticle 4 du projet de loi, défendant une conception sensiblement différente de celle de lAssemblée nationale en première lecture. Cest ainsi que, sur la suggestion de sa commission des affaires économiques, le Sénat a prévu que les aides financières accordées par lEtat aux exploitants agricoles « peuvent être » modulées ou plafonnées... », alors que lAssemblée nationale prévoyait que ces aides « sont modulées et plafonnées... ». Les critères de modulation de plafonnement (ainsi rendus eux-mêmes non cumulatifs) ont été entendus, par ailleurs, de manière très souple, puisquils devaient pouvoir concerner les critères économiques de lexploitation ou les facteurs environnementaux ou le nombre dactifs ou des priorités en termes daménagement du territoire ou encore le handicap géographique. Le Sénat a considéré en effet que le cumul des critères pouvait aboutir à exclure de nombreux agriculteurs de toute aide possible. Le Sénat a entendu ensuite faire référence, dans les objectifs de laide financière de lEtat aux exploitants agricoles, à la notion « dentreprise agricole ». Ont ainsi été mentionnés comme buts de laide de lEtat : la modernisation, le regroupement, la reconversion partielle ou totale des entreprises en vue daméliorer leur viabilité ; la création et le développement dentreprises agricoles à responsabilité personnelle qui contribuent au développement local ; la reconnaissance de lexploitation agricole en tant quentreprise agricole. Le Sénat a enfin, au dernier alinéa du I, prévu que laide financière apportée par les contrats territoriaux dexploitation (CTE) doit avoir un caractère spécifique, quelle ne peut conditionner les aides financières octroyées aux agriculteurs selon les modalités définies dans le code rural. Un amendement identique avait été rejeté par lAssemblée nationale en première lecture. Le Gouvernement a émis un avis défavorable à ladoption de ces différents amendements. Il a indiqué que la modulation et le plafonnement des aides devaient être conjugués, afin dassurer une véritable redistribution des aides aux agriculteurs. Il sest opposé ensuite à ce quil soit fait systématiquement référence à la notion « dentreprise agricole » dans le projet de loi. Il sest opposé également à ce quil soit considéré que laide financière aux CTE avait un caractère spécifique, ce qui aurait abouti à affaiblir la technique des CTE. Au II de larticle 4, en revanche, le Sénat a adopté deux amendements utiles ayant fait lobjet dun avis favorable du Gouvernement. Le projet de loi prévoyant quun contrat territorial dexploitation « est résilié », lorsque, pendant la période dengagement du titulaire, « une part significative » de lexploitation est transmise à une autre personne, le Sénat a suggéré de supprimer le mot « significative » et de prévoir que le contrat « peut être résilié », ceci afin déviter de susciter des contentieux importants. Lors de la discussion du projet de loi en nouvelle lecture, la commission a procédé à lexamen en discussion commune de trois amendements présentés par le rapporteur, M. Félix Leyzour et M. Jean-Michel Marchand prévoyant pour les deux premiers identiques que « les aides sont modulées et plafonnées sur la base de critères économiques de lexploitation, de facteurs environnementaux, daménagement du territoire et du nombre dactifs », lamendement de M. Jean-Michel Marchand prévoyant simplement que « les aides sont modulées et plafonnées ». Le rapporteur, approuvé par M. Jean-Michel Marchand, a indiqué que la conjugaison de la modulation et du plafonnement permettrait de parvenir à une meilleure redistribution des aides aux exploitants agricoles et quune différenciation des aides était aujourdhui une nécessité. MM. François Sauvadet et Christian Jacob ont souligné les risques présentés par cette formulation. Le rapporteur a proposé une rectification de son amendement sagissant des critères de modulation et de plafonnement des aides, proposant dindiquer que « les aides sont modulées et plafonnées sur la base de critères économiques de lexploitation, du nombre dactifs, de facteurs environnementaux et daménagement du territoire ». La commission a adopté lamendement du rapporteur ainsi rectifié (amendement n° 9), les amendements de MM. Félix Leyzour et Jean-Michel Marchand devenant sans objet. Elle a ensuite adopté les amendements identiques du rapporteur et de M. Félix Leyzour visant à supprimer la référence faite par le Sénat dans larticle 4 à la notion « dentreprise agricole » (amendement n° 10). Elle a enfin adopté deux amendements identiques du rapporteur et de M. Félix Leyzour rétablissant le texte adopté par lAssemblée nationale en première lecture et supprimant la référence faite par le Sénat au fait que laide financière apportée aux contrats territoriaux dexploitation « a un caractère spécifique » (amendement n° 11). La commission a ensuite adopté larticle 4 ainsi modifié. Article 5 (article L. 313-1 du code rural) Reconnaissance dun pouvoir davis aux commissions départementales dorientation de lagriculture (CDOA). Le Sénat a maintenu le pouvoir reconnu dans le projet de loi aux commissions départementales dorientation de lagriculture (CDOA) de donner un avis sur les projets de contrats types susceptibles dêtre proposés aux exploitants. Il a également proposé de modifier larticle L. 313-1 du code rural, sagissant de la composition des CDOA instituées auprès des préfets. Celles-ci seraient ainsi composées de représentants des ministres intéressés, de la production, de la transformation et de la commercialisation agricoles, de lartisanat et du commerce indépendant de lalimentation ainsi que des consommateurs et des associations agréées pour la protection de lenvironnement. Les membres de la seconde chambre soucieux dassurer une égalité de traitement entre lactivité agricole et les activités comparables, ont surtout voulu ainsi permettre une représentation spécifique de lartisanat et du commerce indépendant de lalimentation. Ils ont entendu « calquer » les règles de composition des commissions départementales dorientation de lagriculture sur celles du Conseil supérieur dorientation (CSO) prévu au plan national. Le Gouvernement sétait déclaré défavorable à cette mesure, faisant valoir quelle avait un caractère réglementaire, mais sétait engagé à ouvrir les CDOA au monde artisanal dans le cadre dun décret prévoyant le renouvellement de ces commissions qui devrait intervenir avant lété 1999. Votre rapporteur veut attirer lattention de lAssemblée nationale, sagissant de la composition des CDOA, sur le fait que, trop souvent, les activités de production les plus significatives dune région agricole ne sont pas représentées dans ces instances. Il déplore ainsi, à titre dexemple, que les producteurs viticoles de la Côte-dOr qui contribuent pour 30 % au PIB départemental ne bénéficient pas dune représentation spécifique dans la commission dorientation de lagriculture de ce département. La commission a adopté cet article sans modification. ENTREPRISES AGRICOLES, FISCALITÉ ET PERSONNES Lintitulé de ce titre a été modifié par le Sénat à deux fins : substituer la notion dentreprise agricole à celle dexploitation ; tenir compte de ladoption de quatre articles additionnels avant larticle 6 ayant pour objet dintroduire dans le projet de loi des dispositions de nature fiscale. Sur le premier point, la commission avait déjà rejeté en première lecture la modification proposée. En effet, la notion dexploitation agricole est reprise par toutes les branches du droit rural alors que celle dentreprise, aux contours assez flous, nest pas reconnue. Au demeurant, le Sénat na pas jugé utile de la préciser ; bien au contraire, la Haute Assemblée a adopté un article additionnel, larticle 7 quater, en vue de définir... lexploitation agricole. Sagissant des dispositions fiscales, le rapporteur propose de supprimer les articles 6 A à 6 D votés par le Sénat, au double motif que lAssemblée nationale les avait rejetées en première lecture et que le volet fiscal sera examiné, dans sa globalité, dans le cadre du rapport prévu à larticle 65 du projet de loi. Pour ces raisons, la commission a adopté un amendement du rapporteur rétablissant lintitulé initial du titre II (amendement n° 12). Lentreprise agricole Comme dans lintitulé du titre II, le Sénat a substitué dans celui du chapitre Ier la notion dentreprise agricole à celle dexploitation. En cohérence avec la position retenue pour lintitulé du titre II, la commission a adopté un amendement du rapporteur rétablissant lintitulé initial du projet de loi pour ce chapitre (amendement n° 13). Article 6 A (nouveau) Charges déductibles du bénéfice imposable en cas de transmission à un jeune agriculteur Larticle 39 du code général des impôts détermine les charges déductibles pour la détermination du bénéfice imposable. Celles-ci comprennent notamment les frais généraux de toute nature (1°), les amortissements réellement effectués par lentreprise (2°) ainsi que les intérêts servis aux associés à raison des sommes quils laissent ou mettent à la disposition de la société, en sus de leur part du capital (3°). Le Sénat a adopté un article additionnel en vue détendre le champ de la déduction aux intérêts versés à lancien propriétaire de lexploitation agricole lorsque ce dernier a décidé de maintenir une part de son capital au sein de la société et que lexploitation a été transmise à un jeune agriculteur bénéficiant des aides à linstallation. Le Gouvernement sy est opposé au motif que des travaux sont en cours pour examiner lensemble des adaptations nécessaires dans les domaines fiscal et social, compte tenu de lévolution des aides à lagriculture mais aussi de la volonté clairement affichée dharmoniser la situation des acteurs économiques du monde rural. Larticle 65 du présent projet de loi prévoit, du reste, le dépôt dun rapport densemble sur ces questions. Ladoption de dispositions fiscales disparates et partielles paraît donc pour le moins prématurée, voire hasardeuse. M. François Patriat ayant indiqué quil proposerait à la commission de supprimer les articles additionnels de nature fiscale adoptés par le Sénat, M. Christian Jacob a relevé que la volonté de conciliation affichée par le rapporteur dans la discussion générale était contredite par son rejet systématique de toute avancée concrète dans le domaine fiscal. M. François Sauvadet est intervenu dans le même sens, sétonnant de la proposition du rapporteur de supprimer des dispositions fiscales favorisant les transmissions dexploitation, donc les installations. Suivant la proposition du rapporteur, la commission a adopté un amendement de suppression de cet article (amendement n° 14). Article 6 B (nouveau) Exonération des plus-values en cas de transmission à titre gratuit dexploitations agricoles Cet article additionnel voté par le Sénat contre lavis du Gouvernement, a pour objet dencourager la transmission des exploitations agricoles. Il distingue les transmissions : dans le cadre familial, pour lesquelles il est proposé dappliquer un abattement de 75 % sur la plus-value de cession, dans la limite de 3 millions de francs, hors cadre familial, pour lesquelles le taux de lexonération serait ramené à 50 % dans la même limite, à condition que la cession soit réalisée au profit dun jeune agriculteur poursuivant lexploitation pendant une durée minimale de dix ans. Sous couvert de favoriser linstallation en agriculture, ce type de dispositions tend, en fait, à avantager les sortants bien plus que les jeunes entrants. Dun coût non négligeable, cette mesure aboutirait à lexonération de la plupart des plus-values constatées à loccasion de la transmission à titre gratuit des exploitations agricoles en faire-valoir direct. Un dispositif identique avait été rejeté par lAssemblée nationale en première lecture. Pour les mêmes raisons que celles déjà évoquées lors de lexamen de larticle 6 A, la commission a, suivant la proposition du rapporteur, supprimé cet article (amendement n° 15). Article 6 C (nouveau) Régime fiscal des stocks et de la déduction pour investissement des exploitations soumises à limpôt sur les sociétés Cet article additionnel adopté par le Sénat, contre lavis du Gouvernement, vise à prendre en compte la transformation des exploitations individuelles en sociétés. Cest pourquoi, il propose de compléter larticle 72 B du code général des impôts relatif à la comptabilisation des stocks et larticle 72 D du même code fixant les règles applicables à la déduction pour investissement. En cohérence avec ses décisions précédentes, la commission a adopté un amendement du rapporteur visant à supprimer cet article (amendement n° 16). Article 6 D (nouveau) Exonération des plus-values réalisées en cas de transmission dexploitation à un jeune agriculteur Dans le même esprit que pour larticle 6 B, le Sénat a adopté, contre lavis du Gouvernement, cet article additionnel en vue daméliorer le système dexonération des plus-values réalisées dans le cadre dune activité agricole, dont leffet est actuellement limité à un seuil d1 million de francs de chiffre daffaires par larticle 151 septies du code général des impôts. Le texte propose de mettre en place une taxation progressive lorsque le chiffre daffaires se situe entre 1 million de francs et 2 millions de francs et dans le seul cas où la cession se fait au profit dun jeune agriculteur bénéficiant des aides à linstallation. Pour les raisons déjà évoquées, en particulier la nécessité dune réflexion densemble sur les dispositions fiscales applicables aux transmissions dexploitations agricoles, la commission a adopté un amendement du rapporteur supprimant cet article (amendement n° 17). Article 6 (article L. 311-1 du code rural) Définition des activités agricoles Cette fois en accord avec le Gouvernement, le Sénat a décidé de supprimer larticle 6 du projet de loi dorientation qui tentait de moderniser la définition des activités agricoles inscrite à larticle L. 311-1 du code rural. Celle-ci avait fait lobjet de longs débats, aussi bien en commission quen séance publique à lAssemblée nationale, tant il est vrai quil est délicat de trouver un compromis satisfaisant entre la volonté de favoriser la diversification des activités agricoles et celle de ne pas créer de distorsions de concurrence avec les autres acteurs économiques du monde rural. Compte tenu des réactions contradictoires suscitées par le texte voté par lAssemblée nationale en première lecture, le Sénat a estimé préférable den rester à la définition en vigueur, issue de la loi n° 88-1202 du 30 décembre 1988 relative à ladaptation de lexploitation agricole à son environnement économique et social, et de réexaminer la question « dans un climat beaucoup plus serein ». Cest dans le cadre du rapport prévu à larticle 65 du présent projet de loi que sera réalisée « une comparaison entre les charges sociales et fiscales des différentes professions en milieu rural » et à partir de cette évaluation que la définition des activités agricoles sera, le cas échéant, revue. La commission a examiné un amendement de M. Félix Leyzour tendant à rétablir cet article. M. Félix Leyzour ayant indiqué que la rédaction de lAssemblée nationale était le fruit dun compromis acceptable par tous les acteurs du monde rural, le rapporteur a fait part des difficultés quengendrerait une définition restrictive des activités agricoles pour les exploitants qui développent les activités dhébergement à la ferme et plus généralement lagrotourisme. M. Jean-Claude Chazal, mettant laccent sur la spécificité de certaines zones rurales souffrant de handicaps naturels, a estimé que les activités de diversification des exploitants ne devaient pas être remises en cause par une définition limitative. MM. Christian Jacob et François Sauvadet ont exprimé leur accord avec le rapporteur et souligné la nécessité de rechercher un équilibre entre les différents acteurs économiques du monde rural. La commission a rejeté lamendement de M. Félix Leyzour et maintenu, en conséquence, la suppression de larticle 6. Article 7 (article L. 311-2 du code rural) Registre de lagriculture Le Sénat a adopté à cet article un amendement visant à préciser que linscription au registre de lagriculture ne dispense pas, le cas échéant, de limmatriculation au répertoire des métiers. Cette précision est quelque peu superflue puisque larticle 19 de la loi n° 96-603 relative au développement et à la promotion du commerce et de lartisanat prévoit de manière expresse limmatriculation obligatoire des personnes physiques et des personnes morales « qui exercent à titre principal ou secondaire une activité indépendante de production, de transformation, de réparation ou de prestation de service relevant de lartisanat... ». En outre, lextension de la définition des activités agricoles nétant plus inscrite dans le projet de loi, elle perd encore de son intérêt. Cependant, cet ajout étant de nature à « rassurer » les artisans exerçant leur activité en zone rurale, la commission a adopté larticle 7 sans modification. Article 7 bis (article L. 311-5 du code rural) Définition de lexploitant agricole LAssemblée nationale avait adopté en première lecture un amendement introduisant dans le projet de loi dorientation une définition de lexploitant agricole combinant plusieurs critères cumulatifs dont la participation effective aux actes nécessaires à lexploitation. Le Sénat a accepté cet ajout en le complétant sur un point ; il a, en effet, jugé utile de préciser que lexploitant agricole ne devait pas être titulaire dun contrat de travail afin déviter que les salariés détenant quelques parts dans une société civile dexploitation agricole (SCEA) et exerçant des fonctions de direction puissent être considérés comme des exploitants. Les positions des deux assemblées sont donc assez proches sur cette disposition. Cependant, la définition de lexploitant figurant à larticle 7 bis renvoie expressément à la définition des activités agricoles inscrite à larticle 6 que le Sénat a décidé de supprimer. Cette question sera réexaminée après le dépôt dun rapport dévaluation. Dès lors, par cohérence avec la suppression de larticle 6, il semble opportun de renoncer également à inscrire dans la loi dorientation une définition précise de lexploitant agricole. En outre, le critère de la participation effective aux actes nécessaires à lexploitation apparaît, à lanalyse, trop restrictif, notamment pour lapplication des nouvelles règles relatives au contrôle des structures. Cest pourquoi la commission a adopté un amendement du rapporteur supprimant cet article (amendement n° 18). Elle a, par conséquent, considéré comme sans objet un amendement de M. Félix Leyzour proposant de revenir au texte voté par lAssemblée nationale en première lecture. Article 7 ter (nouveau) (article L. 311-6 du code rural) Définition de lexploitation agricole Le Sénat a adopté, contre lavis du Gouvernement, cet article additionnel qui détermine les éléments constitutifs de lexploitation agricole et précise que celle-ci forme un ensemble pouvant faire lobjet dune cession unique. Bien que sa rédaction soit moins précise, cette disposition sapparente à linstitution dun fonds agricole, à limage du fonds de commerce que lAssemblée nationale avait rejetée en première lecture. Ainsi que la souligné le ministre de lagriculture et de la pêche lors de lexamen de cet article par le Sénat, « cette proposition reviendrait à réunir les murs et le fonds... et, par suite, à rendre cessible, via cet ensemble, les références de production en particulier ». Le débat sur la gratuité ou la cessibilité des droits à produire ne peut être tranché au détour dun amendement au projet de loi dorientation agricole. Il faut, en effet, bien évaluer les conséquences dun tel dispositif. Aussi le rapport que le Gouvernement présentera avant le 1er avril 2000, en application de larticle 65 du présent projet de loi, devra-t-il « examiner les modifications à apporter aux règles relatives à la gestion des droits à produire ». En conséquence, suivant la proposition du rapporteur, la commission a supprimé cet article (amendement n° 19). Article 7 quater (nouveau) Travaux de déneigement Le Sénat, on la vu, a supprimé larticle 6 du projet de loi qui permettait de prendre en compte la diversification des activités et notamment de considérer comme agricoles « les travaux que lexploitant réalise avec le matériel nécessaire à son exploitation » à condition quils présentent un caractère accessoire ; à lévidence les travaux de déneigement ou de débroussaillage entraient dans le champ de la nouvelle définition des activités agricoles. Cependant, au terme dun long débat, la Haute assemblée a adopté cet article additionnel permettant expressément à un agriculteur dassurer « le déneigement des routes au moyen dune lame départementale ou communale montée sur son propre tracteur ». Cette initiative est bienvenue car elle préserve la faculté de faire appel aux exploitants agricoles dans des situations durgence, en particulier pour les communes rurales qui ne disposent pas des équipements adaptés mais doivent pourtant répondre à des exigences de sécurité. Un décret en Conseil dEtat devra préciser les conditions dapplication de cet article. Celui-ci devrait notamment prévoir une dérogation aux dispositions du code de la route en vertu desquelles le conducteur dun véhicule agricole doit être titulaire dun permis de conduire pour poids lourd lorsque lutilisation de ce véhicule nest pas destinée à lexploitation agricole. Cette clarification juridique est indispensable pour que le dispositif voté par le Sénat ne reste pas lettre morte. Il appartient donc au Gouvernement de lui donner plein effet. La commission a examiné un amendement de M. Félix Leyzour visant à supprimer cet article. M. Félix Leyzour a jugé cet ajout du Sénat inutile dans la mesure où larticle premier fixe comme objectif à la politique agricole la poursuite dactions dintérêt général au profit de tous les usagers de lespace rural. Le rapporteur a souligné que larticle voté par le Sénat avait une portée normative très limitée car les obstacles juridiques à la réalisation dopérations de déneigement par les exploitants agricoles résultaient en réalité de lapplication de dispositions réglementaires du code de la route quil faudrait modifier. M. François Sauvadet a indiqué que la situation actuelle posait problème, en raison notamment de lobligation de détenir un permis pour poids lourd lorsque lagriculteur utilise son tracteur à dautres fins que lexploitation agricole. Il a souligné la portée symbolique de larticle additionnel adopté par le Sénat qui, sil ne résout pas complètement les problèmes juridiques, incite le Gouvernement à faire évoluer les règles en vigueur. M. Paul Patriarche a indiqué que les directions départementales de léquipement (DDE) intervenaient pour dégager les grands axes de circulation mais ne répondaient pas aux besoins de déneigement des voies départementales et des chemins communaux. Après les interventions de MM. René Leroux, Pierre Ducout et François Brottes évoquant les moyens insuffisants des DDE pour intervenir en cas durgence, le rapporteur a proposé de maintenir larticle additionnel adopté par le Sénat. La commission a rejeté lamendement de M. Félix Leyzour et adopté larticle 7 quater sans modification. Après larticle 9 M. Nicolas Forissier a retiré un amendement tendant à soumettre lépandage des boues des stations dépuration à laccord préalable du bailleur, après que le rapporteur eut indiqué que la rédaction proposée sinsérait mal dans le code rural. Article 10 ter (article L. 411-57 du code rural) Reprise dune parcelle par le bailleur pour construire Cet article résulte dune initiative de lAssemblée nationale qui avait introduit dans le projet de loi une nouvelle rédaction de larticle L. 411-57 du code rural en vue détendre la possibilité pour le bailleur de reprendre une parcelle pour y construire une maison dhabitation et den préciser les conditions. Le Sénat a adopté cette disposition en y apportant quelques aménagements ; outre une précision rédactionnelle, il a : supprimé un alinéa offrant au bailleur la faculté de reprendre dans les mêmes conditions une maison dhabitation qui serait mise en vente, dont la formulation était un peu ambiguë, précisé que la construction de la maison devait intervenir dans un délai de deux ans à compter de lobtention du permis de construire afin déviter tout abus. Ces modifications améliorant le dispositif proposé, la commission a adopté larticle 10 ter sans modification. Article 10 quater (nouveau) (article L. 411-64 du code rural) Renouvellement du bail pour le preneur ayant des enfants à charge Cet article additionnel adopté par le Sénat, contre lavis du Gouvernement, a pour objet de créer une dérogation au droit commun des baux ruraux en instaurant un nouveau cas de renouvellement automatique du bail. Il convient de rappeler brièvement les règles en vigueur. En application de larticle L. 411-64 du code rural, le bailleur peut refuser ou limiter le renouvellement du bail au preneur ayant atteint lâge de la retraite. En dautres termes, si le preneur a 60 ans à lexpiration du bail, il perd le droit au renouvellement. Sil est proche de cet âge, le renouvellement peut être limité à lexpiration de la période triennale au cours de laquelle le preneur atteint lâge de la retraite ; par exemple, si le preneur a 58 ans à la fin du bail celui-ci sera renouvelé pour une période de trois ans. Le texte issu des travaux du Sénat tend à compléter ces règles pour régler un cas particulier : celui où le preneur ayant 60 ans se voit privé du droit au renouvellement du bail alors quil a un descendant candidat à la reprise de lexploitation mais nayant pas terminé sa formation. Si lintention est louable, la disposition adoptée apparaît beaucoup trop contraignante. En effet, selon la rédaction proposée, le preneur bénéficierait du renouvellement de son bail « pour deux périodes triennales », sans quil soit tenu compte ni de lâge du preneur, ni de la durée nécessaire pour que son enfant ait achevé ses études. Par ailleurs, si le descendant a atteint lâge de la majorité il peut déjà obtenir la cession du bail à son profit. Lavant-dernier alinéa de larticle L. 411-64 du code rural précise en effet que « le preneur évincé en raison de son âge peut céder son bail à son conjoint participant à lexploitation ou à lun de ses descendants ayant atteint lâge de la majorité... » et que « le bénéficiaire de la cession a droit au renouvellement de son bail ». Enfin, il paraît plus judicieux de régler ces cas dans le cadre de linstallation progressive que par une dérogation imprécise au statut du fermage. Après les interventions du rapporteur et de M. Christian Jacob, la commission a adopté un amendement du rapporteur supprimant cet article (amendement n° 20). Article 12 Assurance-récolte Tel quil avait été adopté par lAssemblée nationale, cet article prévoyait le dépôt dun rapport sur les conditions de mise en oeuvre dun mécanisme dassurance-récolte, dans un délai de six mois à compter de la pub |